MÉMOIRES D’UN ESCARGOT de Adam Elliot [Critique Ciné]
Il vaudra mieux avoir le moral pour aller découvrir le magnifique Mémoires d’Un Escargot mais vous ne le regretterez pas !
Nous le savons bien, réaliser un film en stop motion (animation image par image) est un long procédé. Mais il aura tout de même fallu patienter près de quinze ans pour enfin pouvoir découvrir le nouveau film d’Adam Elliot, le réalisateur de l’excellent Mary And Max. Vainqueur du Cristal du meilleur film à la dernière édition du Festival d’Animation d’Annecy, ce nouveau long métrage n’a en revanche pas eu la chance de remporté le Golden Globe en ce début d’année. Il l’aurait pourtant pleinement mérité comme vous pourrez le constater à partir de ce mercredi 15 janvier 2024 à l’occasion de sa sortie en cinéma.
Pour ceux qui ne sont pas familier du travail du réalisateur sud-africain Adam Elliot, il est important de préciser que bien qu’il s’agisse d’un film d’animation, Mémoires D’Un Escargot n’est clairement pas destiné aux jeunes enfants. Comme Mary And Max, il ne sera pas non plus vraiment conseillé aux dépressifs tant son scénario ne respire clairement pas la joie. Si le film prêtera parfois à lâcher un éclat de rire, il sera bien souvent rapidement réprimé face à la dureté de cette histoire.
Mémoires D’Un Escargot donnera le ton immédiatement dès la première scène où Grace va perdre sa meilleure amie la vieille Pinky. Mais ce qui frappera surtout immédiatement c’est la beauté des images de ce long métrage. Un design un peu torturé qui fera un peu penser à l’univers de Tim Burton. Loin d’être devenue obsolète l’animation image par image semble au contraire faire sans cesse des progrès pour nous émerveiller malgré l’aspect dramatique du film.
Passé cette première scène, Grace, passionné d’escargots depuis son enfance se mettra à retracer le cours de sa vie à son escargot préféré. Née prématurée avec un bec de lièvre, Grace et son frère jumeau perdront malheureusement leur mère à la naissance. Le premier d’une triste série de décès qui émailleront la vie de Grace qui se verra aussi séparé de son frère à un jeune âge sans jamais pouvoir le revoir. Cette vie qui ne lui a jamais fait de cadeau finira par la pousser à s’isoler et s’enfermer dans son obsession pour les escargots.
C’est vraiment par le soin apporter à l’esthétique du film et ses petites touches d’humour fréquentes que nous réussirons à ne pas régulièrement fondre en larme devant l’histoire de Grace. Tout ce qu’elle a pu vivre pourra réveiller chez les spectateurs des souvenirs douloureux. Mais pour ne pas vous dissuader d’aller voir cette triste histoire, il est bon de préciser sans rien spoiler que c’est fort heureusement sur une note positive que s’achèvera le film pour ne pas nous laisser en dépression en sortant de la projection.
Absolument magnifique et techniquement irréprochable, Mémoires D’Un Escargot n’a pas volé sa récompense ultime au Festival d’Annecy. Son scénario qui aura tendance à mettre un peu trop le cafard empêche cependant le film d’Adam Elliot de recevoir la note maximale. S’il faudra peut être prévoir les mouchoirs, il serait quand même dommage de passer à coté de cette grande réussite.
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