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PRESENCE de Steven Soderbergh [Critique Ciné]

Presence

Steven Soderbergh revient avec la pire des fausses bonnes idées pour son pseudo film d’horreur Presence.

Parfois nous pouvons penser avoir une idée incroyable qui  s’avère au final ne pas être aussi brillante que nous pouvions le croire. C’est ce qui vient d’arriver au réalisateur Steven Soderbergh et au scénariste David Koepp avec Presence. Eux qui pensaient avoir trouvé le moyen de révolutionner le film de fantômes, nous sortent au final un long métrage totalement insipide faussement vendu comme un film d’horreur. Préparez vous a être fortement déçu !

Comme une sorte de mélange entre le drame A Ghost Story et le récent Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie mais avec cette fois avec une camera mobile, Steven Soderbergh s’est imaginé qu’il suffisait de plans séquences plus ou moins longs filmés avec une mini camera sur steadycam en portant des chaussons pour réinventer le genre. Censé représenter cette Presence qui donne son nom au film, c’est ainsi que l’histoire commence par une longue introduction sans  aucune coupure où après avoir tourné en rond dans toutes les pièces d’une maison moderne complétement vide, ce fantôme va voir arriver une famille heureuse d’être les premiers sur le marché pour l’acquérir.

Presence

C’est constamment du point de vue de ce fantôme que nous découvrirons ces nouveaux arrivants. Un couple très mal assorti formé d’une femme portant clairement la culotte et un mari chauve et bedonnant en dépression. Ils ont cependant réussi à faire deux très beaux enfants. Alors que le fantôme semble se rapprocher de l’adolescente Chloe, la mère de famille a elle clairement une préférence pour son fils champion de natation pour qui ils ont spécialement déménagé. En papa gâteau, le mari se sentira plus proche de Chloe pour équilibrer les choses. La jeune fille est aussi pas au mieux de sa forme suite à la perte soudaine de sa meilleure amie présumée morte d’une overdose.

Nous attendrons patiemment que Presence bascule très lentement dans l’horreur promise. Steven Soderbergh semble pourtant préférer développer l’aspect drame familial de cette histoire pour nous aider à cerner les personnages. Il n’évitera cependant pas l’incontournable visite d’une medium venue enquêter sur ce fameux fantôme comme dans Poltergeist ou Conjuring. Celle-ci nous donnera cependant bien trop d’informations qui viendront gâcher la surprise de la séquence finale. L’histoire semble aussi développer des sous-intrigues qui ne seront pas menées à bout pour être remplacées par une soudaine histoire de tueur en série qui n’était pas ce que nous attendions.

Presence

Rapidement lassant ce procédé de réalisation à camera unique empêche Presence de respecter les codes nécessaires à un bon film d’horreur qui se respecte. Il n’y a quasiment aucune musique pour soutenir le suspense et créer l’angoisse. Ce n’est pas la scène de livres en suspend porté par le fantôme qui pourra provoquer l’effroi chez les spectateurs tant elle donne l’impression de voir les ficelles en nylon digne d’un film de Georges Méliès alors qu’il s’agit probablement en fait d’un mauvais trucage numérique. Ce style de cadrage est aussi particulièrement frustrant dans le fait qu’ il crée trop souvent une distance avec l’action à ne quasiment jamais faire de gros plans et sans aucun champ contre champ pour apprécier la prestation des acteurs et voir clairement leurs expressions.

C’est à se demander pourquoi Steven Soderbergh est allé chercher Lucy Liu pour la tête d’affiche de Presence tant au final elle se montrera très secondaire dans l’intrigue. Le film est plutôt porté par la débutante mais très convaincante Callinia Lang qui pourra se servir de cette première expérience avec le réalisateur comme une carte de visite pour la suite de sa carrière. C’est probablement pour apporter la touche drame familial à Presence que Chris Sullivan, connu pour son rôle dans la série larmoyante This Is Us, a été choisi pour jouer le père très mal assorti à Lucy Liu et pas franchement convaincant dans son rôle trop guimauve.

Presence

Véritable fausse bonne idée, Presence n’a rien du film d’horreur annoncé. Une bête histoire de maison hantée qui lorgne plus sur le drame familial qu’a vraiment chercher à nous faire frissonner. Le film de Steven Soderbergh n’a pour seule originalité que son procédé de réalisation qui ne tardera cependant pas à montrer ses limites. Tout juste bon pour les plateformes de S.V.O.D., n’allez pas perdre votre argent à le voir au cinéma.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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