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RUNNING MAN d’Edgar Wright [Critique Ciné]

Running Man

En grand fan, Edgar Wright rend justice au roman Running Man  de Stephen King dans une adaptation plus fidèle et spectaculaire.

Six semaines à peine après la sortie de Marche Ou Crève,  nous voici déjà à nouveau devant une nouvelle adaptation d’un livre de Richard Brachman. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore c’est en fait le pseudonyme qu’utilise le maitre de l’horreur Stephen King lorsqu’il a en tête des histoires qui s’éloignent de ses récits les plus effrayants. Si nous pouvions croire que cela a été fait exprès c’est en réalité un pur hasard si après la marche à pied intense de Marche Ou Crève, c’est maintenant une course pour la vie qui nous attend ce mercredi 19 novembre 2025 dans cette nouvelle adaptation de Runing Man par Edgar Wright.

C’est quasiment au tout début de sa  carrière que Stephen King a écrit la premier mouture de Running Man au début des années 70. Mais sans doute pas encore assez connu, il aura fallu attendre 1982 pour que le roman soit enfin publié. Si nous ne savons pas à quelle point l’histoire  a pu évoluer durant ces dix années, Running Man n’en reste pas moins clairement en avance sur son époque pour imaginer la dérive des médias. Situant son histoire en 2025 dans le roman, il imaginait un jeu télévisé où les candidats issus des classes les plus pauvres doivent survivre pendant trente jours à une chasse à l’homme pour remporter un pactole d’un milliard de Dollars. De quoi y voir une sorte de version modernisée de la compétition de Marche ou Crève.

Déjà adapté dans un long métrage avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal cinq ans après sa sortie en libraire, cette nouvelle version de Running Man se veut plus fidèle au roman que cette précédente adaptation qui ne gardait en gros que l’idée de ce jeu télévisé. En grand fan de Stephen King, le réalisateur Edgar Wright a tenu à ce que son scénario respecte au maximum le roman. Cela ne l’empêche cependant pas d’avoir tout de même légèrement modifié cette histoire afin de moderniser la représentation du futur de la manière que nous pouvons l’imaginer de nos jours au risque de ressembler un peu trop à ce que nous avons déjà beaucoup vu ailleurs. Des drones, de la retouche d’image par intelligence artificielles qui n’étaient pas dans le roman.

Le futur de Running Man ressemble beaucoup à celui de Chien 51 mais le budget de ce blockbuster américain certainement bien plus conséquent lui permet une représentation bien plus convaincante que le film de Cédric Jimenez dans ses décors. Les deux longs métrages partagent en tout cas la même vision bien pessimiste d’un futur dystopique où là encore les plus pauvres sont relégués au rang de moins que rien, vivants dans les faubourgs de la ville.

Dans cet univers, Ben Richards est un homme révoltés par les injustices dont le fort tempérament l’empêche de garder bien longtemps un travail. Dans l’incapacité de payer le traitement pour soigner sa fille, il n’aura pas d’autre choix que d’aller participer aux jeux du Network. Réussissant haut la main toutes les épreuves de sélection, il va se retrouver choisi pour le Running Man . Le seul jeu auquel il ne voulait pas participer car les chances d’y survivre sont infimes. Pourtant face à la forte somme qui lui est proposé, il ne pourra qu’accepter d’y participer.

Sans perdre de temps, Edgar Wright rentrera très vite dans le vif du sujet pour près de deux heures d’action quasi non-stop où nous n’aurons pas le temps de nous ennuyer. Le réalisateur renoue ici avec la comédie d’action à la Die Hard. Beaucoup de fun et une violence non modérée qui fonctionne à merveille. Cependant si le film ne manque pas de scènes spectaculaires nous n’y retrouverons pas vraiment le style notable du réalisateur. Habitués aux plans séquences mémorables, il semble s’être assagi pour se focaliser sur le respect du roman de Stephen King. Cela ne l’empêchera pas d’avoir légèrement modifié la dernière partie du film au risque de décevoir les fans mais aussi certains spectateurs tant cette dernière partie paraît aseptisée par rapport au reste du film qui paraissait plus violent et sans compromis.

Là où la première adaptation reposait sur Arnold Schwarzenegger, Edgar Wright prend le risque de tenter d’imposer ici Glen Powell. Un acteur qui jouait dans Top Gun Maverick et le nouveau Twisters mais qui n’a encore vraiment marqué nos esprits. Il assure ici le job sans pour autant donner l’impression que personne d’autres aurait pu tenir le rôle. C’est certainement plus sur la présence à l’affiche de Josh Brolin que cette version de Running Man compte attirer les spectateurs. il incarne ici le fourbe dirigeant du Network. Même s’il ne prend pas vraiment part à l’histoire, Colman Domingo connu pour son rôle dans la série Fear The Walking Dead  tient le rôle du présentateur de l’émission Running Man. Un personnage intéressant qui aurait mérité d’être plus développé. Edgar Wright retrouve ici Michael Cera héros de Scott Pilgrim dont le temps de  présence à l’écran ne sera malheureusement pas vraiment plus long que ce que montre déjà la bande annonce.

Peut-être est-ce la faute à l’origine de Stephen King mais Running Man ne fait pas beaucoup de places aux actrices. Elles sont pourtant au moins trois à mériter d’apparaître sur l’affiche. La seule à y être est Jayme Lawson qui tient le petit rôle de la femme de Ben Richards. Il y a pourtant aussi Katy O’ Brian l’héroïne de Love Lies  Bleeding qui joue l’autre candidate du Running Man et Emilia Jones héroïne du film Coda, qui tient un rôle important dans la dernière partie du film.

Les nostalgiques de la saga Die Hard trouveront dans cette nouvelle adaptation de Running Man tout ce qu’ils avaient aimé dans les films de Bruce Willis. De l’action, du fun et une bonne dose de violence qui assurent le grand spectacle. Si le film compte pas mal de scènes survoltées, il y manque malgré tout le grain de folie des précédents longs métrages d’Edgar Wright. Tellement fan de Stephen King, le réalisateur semble avoir privilégié la fidélité à l’histoire aux délires visuels mais Running Man aura largement de quoi satisfaire tous les amateurs d’action.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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