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THE BRUTALIST de Brady Corbet [Critique Ciné]

The Brutalist

Figurant parmi les favoris pour la prochaine cérémonie des Oscars, The Brutalist devrait ravir les plus cinéphiles des spectateurs.

Adolescent, Brady Corbet était promis à une brillante carrière d’acteur remarqué dans de nombreux longs métrages de Mysterious Skin de Gregg Araki à Melancholia de Lars Von Trier en passant par Funny Games U.S. de Michael Haneke. Mais depuis une dizaine d’année, il a préféré passer derrière la caméra en tant que réalisateur et scénariste plutôt que de retomber dans l’anonymat connus par de nombreux jeunes acteurs. Bien que ses deux premiers longs métrages étaient portés par des castings remarquables et qu’ils s’étaient illustré à la Mostra de Venise, Ils n’ont, allez savoir pourquoi, pas eu la chance de sortir au cinéma en France. Le cinéaste se voit enfin ouvrir le chemin des salles obscures avec son troisième film The Brutalitst. Déjà récompensé à la Mostra de Venise et aux Golden Globes, il pourrait être le grand vainqueur des Oscars avec pas moins de dix nominations. De quoi inciter tous cinéphiles à le découvrir.

Même si  nous pourrions croire qu’il s’agit de l’adaptation d’un épais roman ou un biopic sur un personnage existant, The Brutalist est en fait une histoire originale imaginé par Brady Corbet. Celle de László Tóth, un migrant roumain débarquant à New York en 1947 après avoir réussi à survivre à l’horreur des camps de concentration. Il ne recherche pas réellement le rêve américain mais juste un moyen de continuer à vivre en rejoignant son cousin qui tient un commerce de meubles à New York. Ils se verront confier la construction d’une belle bibliothèque pour un riche entrepreneur de Philadelphie. Une surprise faite par son fils qui tombera au mauvais moment et qui coutera sa place à László. Mais en découvrant plus tard qu’il est en fait un célèbre architecte en Roumanie, l’entrepreneur partira à sa recherche afin de lui confier un ambitieux projet.

The Brutalist

Si le titre The Brutalist vous a fait croire à un film d’action, le brutalisme est en fait le style d’architecture adopté par László Tóth. Le long métrage reposera sur la construction de cet ambitieux complexe. Un monumental bloc de béton brut surmonté de deux piliers pour lequel l’architecte se battra pour qu’il conserve sa vision. Car derrière ces murs, le bâtiment réserve des merveilles de trouvailles pour en faire plus ce qu’il parait à l’extérieur. D’une durée de 3h30, The Brutalist sera coupé par un entracte avant que László Tóth ne retrouve enfin son épouse Erzsébet et sa nièce Zsófia prisonnières d’un autre camp et coincé longtemps en Roumanie pour cause de maladie. Au début, cette seconde partie du film donne l’impression de vouloir se focaliser sur ces deux femmes mais gardera finalement bien László comme personnage principal.

The Brutalist est clairement le projet le plus ambitieux de Brady Corbet. Tourné sur pellicule dans l’antique format VistaVision, il a clairement conçu son film comme une sorte de classique immédiat du cinéma inspiré par Citizen Kane, Gatsby Le Magnifique ou Autant En Emporte Le Vent comme le rappelle son entracte de quinze minutes à l’ancienne. Si à l’époque ces entractes étaient principalement nécessaires pour changer la pellicule, avec les projections numériques elles ne servent plus aujourd’hui qu’à soulager sa vessie ou refaire le plein de popcorn. Ceux qui resteront dans leur fauteuil pourront pendant ce temps contempler la photo de mariage de László  et Erzsébet en regardant le chrono défiler. Censé nous aider à digérer ce que nous avons vu dans la première partie, cette entracte aura plutôt tendance à nous sortir du film et nous demandera de vite nous y replonger quand il reprendra.

The Brutalist

Visuellement le film est vraiment superbe avec une splendide photographie et de très beaux plans d’architecture qui raviront les amateurs. L’histoire de The Brutalist se montrera suffisamment intrigante pour ne pas voir les 3h30 passer. Elle laisse cependant le temps aux spectateurs de s’imaginer ce qui pourrait se passer et pourra du coup décevoir de ne pas prendre forcément la tournure attendue. La bande originale participera au mystère du film. Très réussie dans son ambiance particulière, elle n’aura qu’une fausse note dans le choix incompréhensible d’une chanson absolument horrible pour son générique de fin qui ne colle pas du tout à l’ambiance du long métrage.

La réussite de The Brutalist repose aussi grandement sur ses acteurs. Adrien Brody trouve ici un nouveau rôle à Oscar même s’il fera un peu écho à son rôle dans Le Pianiste. Nous passerons  cependant notre temps à se demander s’il était vraiment nécessaire de retoucher son accent roumain avec l’intelligence artificielle. Lui aussi très bon comme à son habitude, Guy Pearce trouve aussi un rôle proche d’anciennes performances pour lequel il s’est fait une tête d’époque entre Clark Gable et Walt Disney. N’arrivant que dans la deuxième partie du film Felicity Jones impressionne dans le rôle d’Erzsébet, une femme forte terriblement en avance sur son temps.

The Brutalist

Dans la forme The Brutalist est absolument irréprochable et mérite bien une pluie de récompense pour sa réalisation, sa direction photo, sa musique et ses acteurs. Il n y a que le scenario qui peut décevoir en posant de nombreux sujets sur le tapis avant de s’achever sans véritable conclusion. Nous attendrons encore de Brady Cornet qu’il s’améliore en tant que scénariste pour son prochain film avant de peut-être véritablement crier au chef d’œuvre.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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