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THE PHOENICIAN SCHEME de Wes Anderson [Critique Ciné]

The Phoenician Scheme

Après son escapade « Roald Dahlienne » sur Netflix, Wes Anderson revient au cinéma avec le délirant The Phoenician Scheme.

Il suffit généralement de voir une seule image pour reconnaitre immédiatement un film de Wes Anderson. Au point même que nous pourrions penser parfois que le réalisateur peine à se renouveler. C’est un peu le sentiment que donnait la  première bande annonce de son nouveau long métrage The Phoenician Scheme qui ne dévoilait pas grand chose de son histoire. Mais contrairement à ce que nous pouvions penser, cette nouvelle histoire aussi folle que les précédentes est bien encore une grande réussite du cinéaste.

Sélectionné au Festival de Cannes pour la quatrième fois avec The Phoenician Scheme, le film sort dans toute les salles de cinéma dans la foulée en espérant peut-être qu’il serait récompensé. Mais face un palmarès plus politique qu’artistique, c’est sans le moindre prix que Wes Anderson est reparti de La Croisette. Et pourtant, comment ne pas donner à chaque fois le prix de la mise en scène au cinéaste tant ce nouveau film déborde une nouvelle fois de folie créative.

The Phoenician Scheme

Les chanceux qui ont eu l’occasion de visiter l’exposition consacrée à Wes Anderson à la Cinemathéque Française à Paris auront sans doute encore en tête les petits carnets que le cinéaste rempli de ses storyboards avec une étonnante écriture en patte de mouche qui donne tous les détails de chaque scène. Nul doute qu’il a du encore en noircir quelques uns pour imaginer la composition de chaque plan de The Phoenician Scheme entre la disposition des acteurs, leurs costumes et la richesse des décors et accessoires tous inventés de toutes pièces. Chaque image de ce long métrage ressemble presque à une case de bande dessiné et prêtera souvent à rire sans même que les acteurs aient besoin d’ouvrir le bouche. 

Si The Phoenician Scheme peut décontenancer une partie du public c’est par son scénario pour le moins absurde qui pourrait donner l’impression de ne pas raconter grand chose. Le film suit Anatole « Zsa-zsa » Korda, un riche entrepreneur constamment cible de tentatives d’assassinat qui va reprendre contact avec sa fille Liesl prête à entrer dans les ordres pour en faire son unique héritière au détriment de ses neuf fils. Ensemble, ils vont s’embarquer dans le plan du businessman pour financer son dernier projet pharamineux. C’est le fameux Phoenician Scheme dont les éléments sont conservés précieusement dans des boites à chaussures.

The Phoenician Scheme

Faisant souvent plus penser à une pièce de théâtre burlesque qu’a du cinéma, chaque scène repose sur le même humour absurde que son pitch de départ. The Phoenician Scheme repose beaucoup sur de nombreux gags visuels mais aussi sur de longues tirades toujours dit avec un phrasé atone caractéristique des films de Wes Anderson. Pour mener à bien ce « Phoenician Scheme« , l’entrepreneur et sa fille vont vivre de nombreuses péripéties à travers diverses régions du globe où ils rencontreront à chaque fois des personnages haut en couleurs et enchaîner les situations délirantes digne de The Grand Budapest Hotel.

Entre habitués et quelques nouvelles têtes, The Phoenician Scheme doit encore une fois beaucoup à son casting qui se prête au jeu de l’univers décalé de Wes Anderson. Le riche homme d’affaire est interprété par Benicio Del Toro que nous n’avions pas vu dans un rôle aussi délirant depuis sa prestation dans Las Vegas Parano. Sa fille est jouée par Mia Threapleton, une actrice encore assez peu connue qui fait souvent penser ici à Scarlett Johansson. La vraie Scarlett est d’ailleurs une nouvelle fois présente dans un tout petit rôle. Il faut aussi mentionner le trop rare Michael Cera excellent dans son rôle pas si secondaire que nous pourrions le croire. Il y a aussi Bryan Cranston et Tom Hanks qui forment un duo inédit qui mériterait bien son spin off rien qu’à eux. La liste est trop longue pour avoir un mot pour chacun mais cette grande troupe est un vrai régal.

The Phoenician Scheme

N’allez pas trop chercher de sens à l’histoire de The Phoenician Scheme. Elle n’est que le fil conducteur servant à enchainer des scènes à l’humour absurde totalement réjouissantes et souvent très drôles. Rien pour la beauté des décors et l’enchainement de situation farfelues, les fans de Wes Anderson ne pourront clairement pas être déçu par ce grand délire.

MON AVIS :
Noté 5 sur 5

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