THE WORLD OF LOVE de Yoon Ga-Eun [Critique Ciné]
Qualifié de chef d’œuvre par Bong Joon-Ho, The World Of Love mérite pleinement d’être découvert.
Forcément quand un film coréen sort au cinéma en France, il n’y a pas de questions à se poser avant de se précipiter pour aller le voir. Surtout lorsque celui-ci est qualifié de chef d’œuvre par Bong Joon-Ho, réalisateur de Parasite et Memory Of Murder et qu’il est distribué par The Jokers souvent habitués à sortir des longs métrage hors normes. Récompensé en plus dans de nombreux festivals internationaux, que vous faut-il de plus pour vous convaincre de courir vous aussi découvrir The World Of Love, sorti ce mercredi 6 mai 2026 en salles.
Aller voir The World Of Love sans rien savoir de son histoire laissera le spectateur dans le flou pendant la première demi heure du film. C’est certainement la volonté de la réalisatrice Yoon Ga-Eun dont il s’agit ici du troisième film autour de l’enfance mais le premier a enfin sortir au cinéma en France. Même si cette critique évite les spoilers, il ne vaut mieux pas aller plus loin dans sa lecture avant de voir le film si vous voulez garder toute la surprise.
Une fois encore, le titre international The World Of Love est un peu curieux car le film porte le titre original Coréen « Segyeui Ju-in » (세계의 주인) qui se traduit littéralement par « maitre du monde ». Le choix de ce titre international « The World Of Love » s’explique par le fait qu’il suit l’histoire de Lee Ju-In. Une jeune lycéenne qui comme toutes ses camarades cherche encore le grand amour et se pose plein de questions sur les premières fois. Mais si le film s’appelle « Maitre Du Monde » en Corée Du Sud, c’est parce qu’elle s’est imaginée son propre monde sur lequel elle a tout le contrôle. Débordante d’énergie et véritable trublion de la classe, elle ne peut s’empêcher de se faire remarquer au point de parfois devenir fatigante pour son entourage. Mais derrière ce comportement exubérant, elle cache en réalité un traumatisme dont elle semble vouloir se convaincre elle-même qu’il est maintenant oublié. Une pétition va cependant venir bouleverser ce petit monde qu’elle s’est bâti.
The World Of Love montre la Corée Du Sud de manière plus réaliste que la majorité des dramas qui envahissent le globe. Le film commence en effet par une scène de roulage de pelle entre Lee Ju-In et son petit ami comme cela est rarement montré dans ce genre de séries où les relations sont bien souvent plus chastes. Lee Ju-In est à un âge où les jeunes adolescent ont envie de connaître leur première fois mais si elle a tenté plusieurs fois de trouver un petit ami, toutes ses relations sont à son grand désespoir de courte durée. Si la jeune fille se pose des questions sur les raisons de cet échec à trouver l’amour, cela finira par s’expliquer très clairement. N’allez pas croire en tout cas que The World Of Love est un film romantique.
Les relations familiales sont aussi une part importante de l’histoire de The World Of Love. Lee-Ju In et son frère sont élevés par leur mère seule tandis que leur père est aux abonnés absents. Malgré les difficultés et les engueulades, ils arriveront tout de même parfois à passer des bons moments en famille. Parfois drôle avec la passion du petit frère pour la magie mais surtout émouvant par les révélations qui seront faites.
L’héroïne de The World Of Love est incarnée par la jeune Seo Su-Bin qui fait ici des débuts très remarqués qui lui ont déjà valu plusieurs récompenses. Vous reconnaitrez peut être sa mère qui est incarnée par Jang Hye-Jin qui jouait déjà la mère de famille dans le Parasite de Bong Joon-Ho. Elle a pour camarade de classe Lee Sang-Hee vue récemment dans If Wishes Could Kill. Son jeune frère est joué par Lee Jae-Hee qui joue aussi cette année dans le drama Absolute Value Of Romance.
Sans parler de chef d’œuvre contrairement à ce que peut en dire Bong Joon-Ho, The World Of Love est un très bon film traitant d’un sujet grave. Mais à prendre son temps pour dévoiler vraiment son histoire, le film ne se montrera pas aussi émouvant qu’il aurait pu l’être sauf peut être pour ceux qui auront de quoi se reconnaitre dans ce drame. Formidablement interprété, le nouveau long métrage de Yoon Ga-Eun mérite en tout cas pleinement d’être découvert par tous les fans de fictions coréennes.
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