TRANSFIGURATION de Michael O’Shea [Critique Ciné]

 

Transfiguration

 

Après une année 2016 consacrée à se forger une réputation à travers les festivals de la planète, le film de vampires pas comme les autres Transfiguration arrive très discrètement en salles en cette dernière semaine du mois de juillet 2017.

 

INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS

 

SYNOPSIS : Depuis le suicide de sa mère, le jeune Milo pense avoir contracté une maladie qui l’a transformé en vampire. Un secret qu’il n’a révélé à personne pas même avec son grand frère avec qui il vit dans une cité du Queens. Plutôt du genre solitaire, il est constamment la cible harcèlements de la part des caïds de la cité et ses camarades de lycée. Pour les oublier, il se réfugie dans le visionnage de films de vampires et de vidéos étranges sur internet. L’arrivée dans l’immeuble de la jeune Sophie va lui apporter pour la première fois un peu d’amour mais aussi la révélation du monstre qu’il est en train de devenir malgré lui.

 

Loin du grand guignol sanguinolent des films d’horreurs les plus atroces et les jump scare facile des productions commerciales, ces dernières années semblent voir apparaître une manière plus intellectuelle de faire des films d’horreur avec Morse, It Follows, It Comes At Night ou bien encore Grave. Transfiguration est le dernier en date de cette nouvelle vague à arriver en France. Il s’agit du premier film écrit et réalisé par Michael O’Shea qui a eu la chance pour ce premier essai de se voir sélectionner dans de prestigieux festival l’année dernière dont Cannes et Deauville. Preuve qu’il ne faut clairement pas s’attendre à un film d’horreur comme les autres.

 

Transfiguration

 

Transfiguration commence par des bruits de succion dans des toilettes publiques, rien d’érotique en fait puisqu’il s’agit de Milo en train  simplement d’étancher sa soif de sang sur un pauvre malheureux. Une première scène sanglante qui pourrait nous faire croire que nous sommes devant un vrai film de vampires. Et pourtant ce qui va suivre va plutôt nous perturber. Sur un rythme très lent filmé souvent caméra à l’épaule voir même en caméra furtive pour les scènes de rues, le réalisateur Michael O’Shea nous fait suivre le quotidien du jeune homme et ses fréquentations.

On découvre sa passion pour les vampires qui l’a poussé à faire des recherches détaillés sur ses congénères à travers des livres et des films les plus réalistes afin de comparer son sort et établir les règles du bon vampire à suivre assidûment. Il y a de quoi avoir peur au début des influences du réalisateur quand on voit la collection de films de Milo qui comprend les catastrophiques Dracula Untold et Blade. Pas ce qui se fait de mieux dans le genre mais heureusement il ne s’agit pas la des véritables influences du réalisateur. On découvre aussi qu’il est souvent victime de brimades auxquels ils n’a jamais osé répondre autrement que par la fuite faisant penser au héros de Moonlight dans la première partie.

 

Transfiguration

 

L’arrivée dans sa vie de la jeune Sophie qui emménage tout juste dans l’immeuble donne l’impression que le film s’est grandement inspiré de Morse où de son remake américain Let Me In. Il n’y a probablement pas de coïncidence puisque le film est évoqué par les héros comme un bon exemple de film de vampires réussi car réaliste. Rapidement se développe une jolie histoire d’amour toute en tendresse entre les deux jeunes. Plus grande et courageuse que lui, Sophie semble prendre un peu le rôle d’une protectrice alors que Milo, petit mais trappu, manque clairement de courage. Capable de se promener en plein jour et dépourvu de grandes canines pour percer le cou de ses victimes, on finira par avoir des doutes sur le fait qu’il est vraiment un vampire. Curieusement, au lieu de développer sa romance, le réalisateur passe son temps à trouver le moyen de séparer nos deux tourtereaux. Le réalisateur reste aussi très mystérieux sur le plan que Milo va mettre  en place vers la fin du film. C’est probablement volontaire pour mieux nous surprendre mais beaucoup de questions resteront du coup en suspend où à la libre interprétation de chaque spectateur.

Quand à l’horreur attendue elle se dégagera de quelques scènes à suspense portée par la musique faite de grondements et de bruits de chauve souris. Mais si le film est interdit aux moins de 16 ans, c’est uniquement pour une seule scène véritablement choquante de par le fait qu’elle dénote avec la sagesse du reste de film. Ce sera bien peu pour qualifier véritablement ce long métrage de véritable film d’horreur ou film fantastique, de quoi se demander comment il trouvera vraiment son public. Heureusement la prestation impeccable de ces deux acteurs principaux Eric Ruffin et Chloe Levine tous les deux encore très peu connus seront vraiment les point fort du film qui nous permettra de tenir jusqu’au bout malgré l’ennui.

 

Transfiguration

 

Quand Morse rencontre Moonlight, cela donne Transfiguration. Un long métrage qu’il serait plus juste de considérer comme un drame plutôt que comme un film d’horreur. A prendre son temps pour raconter son histoire, le réalisateur réussira au début à susciter notre curiosité mais finira aussi par réveiller notre ennui face à cette intrigue qui n’avance pas. Encore un film qui plaira plus à ceux qui aiment faire divaguer leur esprits en fixant l’écran qu’à ceux qui voulaient une vraie histoire de vampires horrifique. Pas vraiment raté grâce à ses deux interprètes principaux, Transfiguration reste cependant une déception par son histoire qui semble inaboutie.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The Transfiguration
  • RÉALISATEUR : Michael O’Shea
  • AVEC : Eric Ruffin, Chloe Levine, Aaron Moten & Charlotte Schweiger
  • SCÉNARISTE : Michael O’Shea
  • COMPOSITEUR : Margaret Chardiet
  • GENRE : Drame, Horreur
  • DURÉE : 1h37
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : ARP Sélection
  • SITE OFFICIELhttp://thetransfigurationfilm.com/
  • DATE DE SORTIE : 26 juillet 2017