UN OURS DANS LE JURA de Franck Dubosc [Critique Ciné]
Franck Dubosc nous surprend avec sa troisième réalisation Un Ours Dans Le Jura très loin de ce à quoi il nous avait habitué.
A jouer les play-boy looser à outrance, Franck Dubosc s’est enfermé dans un personnage que nous avons beaucoup trop vu pour le supporter encore. S’il a parfois prouvé qu’il valait mieux que cela, il arrive cependant à réellement nous étonner avec Un Ours Dans Le Jura, son troisième long métrage en tant que réalisateur et scénariste. Un mélange entre la comédie noire et le polar qui mérite vraiment que nous oublions l’image que nous pouvons avoir du comédien .
Si Frank Dubosc s’en défend lui-même, Un Ours Dans Le Jura semble pourtant bien porter en lui l’influence des Frères Coen entre Fargo et No Country For The Old Men. Nous y suivrons Michel, patron d’une sapinière en difficulté financière, qui en cherchant à éviter un ours sur la route va percuter la voiture d’un couple les tuant sur le coup. Plutôt que de se dénoncer, il va préférer cacher les corps et la voiture avant de découvrir dans le coffre de la voiture un sac de sport contenant plusieurs millions d’Euros.
Avec Un Ours Dans Le Jura, Franck Dubosc ne cherche pas la blague à tout prix. C’est plutôt sur un ton tragi-comique que nous suivrons le couple d’apprentis criminels joués par le réalisateur et Laure Calamy. Tentant tant bien que mal de camoufler leur méfait, il multiplieront les surprenantes déconvenues qui prêteront souvent à rire tant leurs choix seront rarement les plus judicieux. Parents d’un enfant un peu particulier, celui-ci sera étrangement souvent laissé en touche plutôt qu’être pleinement intégré à l’intrigue.
En parallèle, nous suivrons également Benoit Poelvoorde et Joséphine De Meaux en gendarmes locaux forcement très amusants malgré leur semblant sérieux. Loin d’être très futés, ils mèneront l’enquête sans trop rien comprendre à cette bien curieuse affaire où se mêle un ours qui n’a rien à faire dans le Jura, des migrants et des gangsters et où les cadavres vont rapidement s’empiler.
Un Ours Dans Le Jura permet aussi de retrouver Kim Higelin, la révélation du film Le Consentement. Elle tient ici le rôle bien plus léger de la fille de Benoît Poelvoorde qui va se retrouver bien malgré elle mêlée à l’enquête tout en permettant d’étoffer le personnage du gendarme en rentrant dans sa vie privée. En plus d‘Emmanuelle Devos en tenancière de club échangiste, d’autres seconds rôles très plaisants viendront aussi apporter leur petite touche humoristique au film.
Très réussie dans sa première partie, l’intrigue d’Un Ours Dans Le Jura finira cependant par se montrer plus difficilement crédible dans son accumulation de méchants trop caricaturaux. Cela nuira à la conclusion de cette histoire au final pas aussi imaginative que nous pouvions l’espérer. Le film de Franck Dubosc reste cependant assez bien ficelé et vaudra bien mieux que de les derniers films où il tenait le rôle principal et qu’il avoue n’être pas du genre qu’il regarde lui-même.
Comme quoi nous sommes jamais mieux servi que par nous même, Un Ours Dans Le Jura offre pour une fois un bon rôle à Franck Dubosc. l’acteur et réalisateur montre aussi qu’il est capable lorsqu’il est bien accompagné d’écrire des histoires plus originales qu’à son habitude. Sans égaler les films des Frères Coen, son troisième film s’en rapproche suffisamment pour nous faire passer un très bon moment.
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