WICKED de Jon M. Chu [Critique Ciné]
Trop long, trop mièvre et si peu original, Wicked est ce qu’il se fait de pire en adaptation de comédie musicale.
Hollywood devrait pourtant maintenant bien le savoir après avoir essuyé tant d’échecs, les comédies musicales ne font jamais de carton en salles ! Cela a encore été prouvé par l’immense bide de Joker Folie à Deux plombé par ses chansons malgré la qualité du reste du film. Alors pourquoi persister ? Espérant peut-être en faire un film idéal des vacances de Noël, c’est au tour de Wicked de tenter sa chance dans les salles obscures ce mercredi 4 décembre 2024 avec un film en deux parties dont nous ne verrons la suite que dans un an. Mais pas sur que nous en ayons vraiment encore envie en sortant de cette première partie.
Pièce à succès à Broadway et dans le West End Londonien, récompensé de multiples fois, nous ne pouvons pas dire que Wicked soit pourtant vraiment très populaire en France. À l’exception peut-être du titre « Defying Gravity« , aucune chanson de cette comédie musicale n’a jamais été aussi connue que les airs de Cats ou des Misérables. C’est dire si le film semble bien être condamné à l’avance. Et si comme d’habitude la bande annonce semble vouloir encore cacher qu’il s’agit de l’adaptation d’une comédie musicale, les allergiques au genre qui se sont encore fait avoir auront rapidement envie de fuir la salle en entendant les premières chansons.
Ceux qui n’ont jamais entendu parler de Wicked ne savent peut-être pas qu’ il s’agit d’une sorte de suite directe du Magicien d’Oz. Une histoire non pas imaginée par l’auteur d’origine L. Frank Baum mais par Gregory Maguire qui s’est permis de prendre de larges libertés avec l’histoire d’origine. Librement adapté de ce livre, la comédie musicale s’était déjà permise quelques changements supplémentaires mais en transformant cette pièce en deux films c’est encore plus de liberté que les scénaristes se sont permis de prendre sans se soucier des incohérences avec l’histoire d’origine
Wicked commence juste à la mort de la Vilaine Sorcière de l’Ouest alors même que Dorothy et ses compagnons ne sont encore sur le chemin du retour pour retrouver le Magicien d’Oz . Nous les verrons seulement de loin et en images de synthèse bâclées sur la Yellow Brick Road sans qu’ils ne reviennent dans cette histoire. Le film se focalise sur la bonne fée Glinda venue au village des Munchkins célébrer la bonne nouvelle. Cependant Glinda ne fût pas toujours l’ennemie de cette vilaine sorcière et le film va alors remonter le temps pour raconter leur rencontre et la transformation d’Elphaba.
Vous l’aurez compris, Wicked est encore une de ces « origin story » qui veut démystifier un grand méchant du cinéma. Alors que dans Le Magicien d’Oz rien n’était dit sur les origines de cette Vilaine Sorcière De L’Ouest sans nom, Wicked lui donne le prénom d’Elphaba et l’imagine comme le fruit d’un adultère entre sa mère et un mystérieux sorcier qui serait née verte à cause d’un élixir bu par sa mère durant sa grossesse. Moquée toute sa vie par ses camarades elle va se retrouver malgré elle obligée d’accompagner sa sœur à l’école de magie. En dévoilant ses pouvoirs par un nouveau accès de colère incontrôlé, elle deviendra finalement élève de cette école.
C’est là que se déroulera la majorité du film à raconter comment elle a fini par devenir amie avec Glinda alors appelée Galinda, une princesse rose bonbon aux allures de poupée Barbie exaspérante. Cette première partie bien trop longue ne manquera pas de faire penser à un mélange entre la saga Harry Potter et la série Mercredi de Tim Burton. Entre cours de magie et rivalité entre élèves, Très mal écrite et très peu inspirée dans ces personnages caricaturaux, Wicked imagine que les habitants du pays d’Oz vivaient autrefois en harmonie avec des animaux dotés de paroles mais que ceux-ci aujourd’hui mal vus sont désormais en voie de disparition et obligé de se cacher.
Par une facilité scénaristique, Glinda et Elphaba finiront par devenir amies après avoir été longtemps en conflit. Elles finiront même par partir ensemble rencontrer Le Magicien d’Oz mais rien ne se passera alors comme prévu. Alors que nous nous attendions à un véritable drame ayant causé la bascule d’Elphaba en Vilaine Sorcière, rien ne justifiera au final cette bascule. Wicked donne même l’impression de faire de Dorothy, le bras armé du Magicien d’Oz pour se débarrasser non pas de méchantes sorcières mais juste de femmes qui valent mieux que lui. Du grand n’importe quoi qui laisse à se demander ce que nous réserve d’encore de plus ridicule le deuxième acte même si ce premier film ne nous donne vraiment pas envie de se coltiner encore 2h40 de mièvrerie stupide.
Tenu à l’origine par Idina Menzel, la nouvelle Elphaba est incarnée par Cynthia Erivo qui a tenu à bien garder ses traits de femme noire pour souligner encore plus le racisme dont son personnage est victime alors que le film pullule d’acteurs noirs qui sont eux parfaitement intégrés dans ce monde au casting inclusif très United Colors of Benetton et Gay-Friendly. Le seul vrai problème est qu’ils ont tous largement passé l’âge de jouer les étudiants. Glinda est incarné par Ariana Grande l’ ex-égérie Disney qui a ici des airs de Fée Clochette et nous étonne par sa voix de diva dans l’interprétation des chansons. Le fait de voir Jeff Goldblum et Michelle Yeoh venir cachetonner sans aucune conviction dans le film prouve bien qu’il s’agit d’un navet. Confié à Jon M. Chu réalisateur connu pour Sexy Dance, tout parait cliché dans ce Wicked aux chorégraphies déjà vu mille fois et aux chansons qui s’étirent en longueur sans provoquer la moindre émotion.

Si vous voulez dégouter quelqu’un à jamais des comédies musicales, Wicked est sans nul doute le film à lui montrer. Pire que le film Cats qui avait encore ses chansons pour le sauver, cette adaptation de Wicked ne rendra certainement pas le spectacle plus célèbre en France tant le réalisateur Jon M. Chu nous donne plutôt envie de le chasser ce film de nos mémoires à jamais.
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