9 MOIS FERME de Albert Dupontel [Critique Ciné]

 

Déjà cinq ans de passé depuis Le Vilain, le précédent film d’Albert Dupontel en tant que réalisateur, scénariste et interprète. Cinq années bien occupées qui ont permis à l’acteur d’aborder plusieurs genres en tournant dans pas moins de quatre films très différents les uns des autres. Des expériences qui ont visiblement fait le plus grand bien au réalisateur.

 

 

 

SYNOPSIS : Ariane Felder s’est toujours consacré à son travail de juge d’instruction. Les hommes, elle n’en veut pas et préfère largement vivre seule. Pourtant un jour elle va se découvrir enceinte de cinq mois. En remontant la piste elle découvre que le père est un dangereux cambrioleur soupçonné de manger les yeux de ses victimes.

 

A lire le synopsis, 9 Mois Ferme pourrait facilement être pris pour un drame. Albert Dupontel l’a imaginé ainsi, un drame rigolo inspiré par le documentaire 10ème Chambre, Instants d’Audience de Raymond Depardon qui montrait le quotidien d’une chambre d’instance avec ses juges, ses avocats et ses prévenus. Albert Dupontel imagine une histoire qui aurait pu très bien s’y dérouler mais qui avec les antécédents du réalisateur ne pouvait que finalement tourner à la comédie déjantée.

Sous les conseils de Terry Gilliam qui lui disait qu’un mauvais film en anglais sera toujours plus vu qu’un très bon film en français, Albert Dupontel avait prévu à la base de tourner son film en anglais avec Emma Thompson et Ewan McGregor. Diverses difficultés dans le projet l’on cependant très vite refroidi et c’est finalement en France que voit le jour 9 Mois Ferme. Est cette aventure anglo-saxone qui donne au nouveau film d’Albert Dupontel une tonalité un brin plus sérieuse et en tout cas moins cartoonesque que d’habitude ? Ou bien est ce plutôt ses rôles plus dramatique chez Blier ou Becker ?

N’allez  cependant pas croire qu’on ne rit pas dans 9 Mois Ferme, le réalisateur et scénariste a en fait trouver ici exactement l’équilibre parfait entre rire et émotion. Si la présence de Sandrine Kiberlain pourrait faire peur au premier abord, sachez qu’en fait  l’actrice est excellente dans le rôle de cette juge d’instruction névrosée. La comédienne qui semble de plus en plus s’orienter vers la comédie nous sort le grand show et ses crises d’hystérie sont vraiment à mourir de rire. En plus de réaliser le film, Albert Dupontel incarne aussi le dangereux cambrioleur, sorte de cousin germain de Bernie. Du grand Dupontel bien déjanté qui redonne au film son aspect cartoon.

Le long métrage est aussi porté par des seconds rôles vraiment très drôles et permet de faire la lumière sur des acteurs un peu moins connus. C’est le cas notamment de Nicolas Marié, fidèle acteur des films de Dupontel qui nous sort le grand show en avocat bègue commis d’office. Une prestation mémorable qui donne envie de voir l’acteur plus souvent dans des rôles comiques. Autre fidèle le pauvre Philippe Uchan en prend plein la tronche pour rien et fait autant pitié que rire. Quasiment tous les amis de Dupontel ont répondu présent pour ce cinquième long métrage et certaines prestations mérite franchement que la surprise soit gardée.

Avec 9 Mois Ferme, Albert Dupontel signe ici certainement son meilleur film. Un peu moins délirant que ses autres longs métrages il pourra peut être toucher un plus large public qui l’aura découvert dans ses rôles dramatiques. En plus d’un scénario brillant, la mise en scène est elle aussi vraiment très réussie avec de nombreuses trouvailles originales dans un film français. Ne passez surtout pas à coté de cette réussite !

 

MON AVIS : 5/5

 

FICHE TECHNIQUE :