CinémaCritique Ciné

NOSFERATU de Robert Eggers [Critique Ciné]

Nosferatu de Robert Eggers [Critique Ciné]

Pour son centième anniversaire, le classique de l’horreur Nosferatu fait l’objet d’un remake peu inspiré par Robert Eggers.

Réalisateur découvert par l’original The Witch, voir Robert Eggers s’emparer de l’histoire de Nosferatu avait l’air d’être une magnifique idée sur le papier. Le cinéaste encensé pour ses très belles images semblait en effet être le candidat parfait pour nous offrir un remake de ce classique de l’horreur réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau en 1922 qui célébrait il y a deux ans son centième anniversaire. Malheureusement au lieu de le voir faire enfin son grand retour au top, ce nouveau Nosferatu s’inscrit dans la lignée des déceptions que fût ses films suivants The Lighthouse et The Northman.

Pour ceux qui ne connaitrait pas encore, Nosferatu raconte l’histoire de Thomas Hutter. Un jeune clerc de notaire franchement marié à la belle Ellen qui  est contraint de voyager jusqu’en Transylvanie à la demande du Comte Orlok pour lui faire signer l’acte de propriété d’une vieille demeure. Un moyen pour cet inquiétant seigneur de se rapprocher d’Ellen qu’il convoite depuis de nombreuses années et sur laquelle il exerce déjà son emprise.

Nosferatu de Robert Eggers [Critique Ciné]

Si cette histoire vous semble être un plagiat total du roman Dracula de Bram Stoker, ce n’est absolument pas un hasard. Le premier film Nosferatu de 1922 est en effet une adaptation de cette œuvre bien célèbre qui ne s’était contenté que de changer les noms et quelques détails de l’intrigue faute d’avoir pu en obtenir les droits officiels. Alors qu’un premier remake en 1979 par Werner Herzog avait rebaptisé les personnages de leur vrai nom. La nouvelle version de Robert Eggers se veut au contraire la plus fidèle à l’original en reprenant l’histoire et les personnages du film muet de Friedrich Wilhelm Murnau à qui il donne cette fois-ci la parole.

Nous aurions aimé au final que le cinéaste se montre un peu plus original pour cette nouvelle version de Nosferatu car nous connaissons déjà tous par cœur l’histoire de Dracula tant elle a déjà été de si nombreuses fois adaptée au cinéma. Appartenant à Universal, le studio ne semble pas vouloir lâcher l’affaire avec son catalogue de célèbres montres mais tente curieusement de déguiser ses dernières sorties Le Dernier Voyage Du Demeter, Renfield et Nosferatu sans faire apparaitre le nom du célèbre vampire dans le titre. De peur peut être que les spectateurs s’en soient lassé.

Nosferatu de Robert Eggers [Critique Ciné]

À vrai dire plus qu’au film de Murnau, c’est avant tout au très réussi Dracula de Francis Ford Coppola que nous fera penser ce nouveau Nosferatu. La première rencontre entre Thomas et Nosferatu semble quasiment un copier/coller de la version de 1992. Et si ce nouveau Nosferatu est esthétiquement réussi, il ressemble beaucoup trop à ce que le réalisateur nous a habitué dans ses précédents longs métrages sans y apporter rien de plus. Avec les effets numériques qu’il peut désormais se permettre par rapport aux précédentes versions, il aurait pu nous offrir un film plus spectaculaire ou au moins mieux soigné son ambiance pour le rendre vraiment angoissant.

Alors que cette histoire nous est déjà bien trop familière, Roger Eggers prendra tout de même énormément de temps à dérouler son récit de manière pour le moins soporifique. D’une durée de deux heures et 12 minutes, rares seront les scènes fantastiques pour nous tenir en haleine. Alors qu’il aurait eu tout le temps pour tout expliquer, le scénarion compte de nombreuses zones d’ombres voir même des incohérences. Alors que le roman de Bram Stoker se passe entre Londres et les Carpathes, nous ne saurons pas trop dans quelle ville se passe cette version. Nous aimerions bien comprendre pourquoi Thomas Hutter semble pouvoir se rendre chez le Comte Orlok directement à cheval sans avoir à prendre le train mais pourtant lorsque le vampire déménagera, il sera lui obligé de prendre le bateau pour se rendre dans sa nouvelle demeure ?

Nosferatu de Robert Eggers [Critique Ciné]

Le gros problème de ce nouveau Nosferatu repose en fait sur le personnage du vampire en lui même. Dévoilé lentement l’apparition du visage complet de Nosferatu aura de quoi nous sortir totalement du film tant il ressemble affreusement à Jim Carrey en Dr Robotnik dans la saga Sonic dans une sorte de version zombifiée. Impossible pour le coup de voir en lui quelque chose de vraiment terrifiant même si sa grosse moustache s’inspire en fait du portrait de Vlad Tepes inspiration de Bram Stoker pour le personnage de Dracula. Pour le moins ridicule, ce Nosferatu fait vraiment pale figure face à sa mythique incarnation de 1922 que toit le monde connait sans même avoir vu le film de Murnau.

Une bonne partie du casting de Nosferatu laisse aussi à désirer. Pourquoi donner le premier rôle masculin à Nicolas Hoult alors qu’il était déjà le héros de Reinfeld l’année dernière ? Après avoir incarné le clown du remake de Ça,  Bill Skarsgård est méconnaissable en Nosferatu et sa prestation ne repose que sur son maquillage. Nous nous étonnerons  aussi de voir Aaron Taylor-Johnson ranger pour une fois ses muscles pour incarner l’ami proche du couple Hutter. De ce casting, nous garderons Lily Rose Depp  convaincante dans ses nombreuses scènes de convulsion mais qui n’aura pas grand chose à défendre à coté. Il y aussi Emma Corrin dont nous serons étonné de la ressemblance avec Jodie Foster et le fidèle William Dafoe auquel le rôle de ce faux Van Helsing va très bien même si le personnage est ici moins important que sans l’œuvre de Bram Stoker.

Nosferatu

Avec Robert Eggers à la la réalisation,  Nosferatu aurait pu trouvé sa place dans les meilleurs film de l’année mais ce n’est au final qu’une amère déception. Le réalisateur se contente malheureusement de répéter sans imagination une histoire connue de tous et ne surprend  même plus dans son esthétique trop similaires à ses précédents films. Au final nous sommes devant un remake bien inutile qui ne deviendra sans nul doute jamais un classique.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

A Lire Aussi

Primetime

PRIMETIME de Lance Openheimer [Critique Ciné]

Robert Pattinson incarne un autre type de justicier dans l’excellent Primetime sorti trop discrétement ce mercredi.

Her Private Hell

HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]

Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.

Resident Evil de Zach Cregger

RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]

Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.

Sham de Takashi Miike

SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]

Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.

Pressure

PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]

Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.