BETTER MAN de Michael Gracey [Critique Ciné]
Bien que n’intéressant plus grand monde en dehors de l’Angleterre, Robbie Williams a malgré tout le droit à un biopic faussement original avec Better Man.
Serions-nous déjà à cours d’idée pour des biopics musicaux pour consacrer un film à la carrière de Robbie Williams ? C’est bien parce que les affiches nous annoncent encore qu’il s’agit d’un film incroyable, voir même le film de l’année que les plus spectateurs les plus curieux seront poussés à aller découvrir par eux-mêmes ce que donne ce Better Man. Nous aurions cependant bien fait de nous méfier en voyant d’où vient en réalité cette pluie d’éloges sur les affiches car nous sommes bien loin du chef d’œuvre annoncé.
Mégastar au Royaume Uni devenu célèbre en tant que membre du boys band Take That avant de s’envoler pour une carrière solo à succès, cela fait cependant bien longtemps que Robbie Williams n’intéresse plus grand monde au delà de La Manche en dehors de ses fans les plus fidèles. Parmi eux, il y a certainement le réalisateur Michael Gracey qui, sept ans après le médiocre The Greatest Showman, a choisi de faire du chanteur le héros de son nouveau long métrage Better Man. Et pour cela il a mis le paquet puisque le budget colossal du film est estimé à 110 millions de dollars financés curieusement par des producteurs chinois.
À l’image du biopic musical Brick by Brick qui racontait la vie de Better Man en Lego, Better Man donne à Robbie Wiliams l’apparence d un singe en image de synthèse. Un bon moyen d’échapper à un long casting pour tenter de trouver un acteur ressemblant au chanteur même si cela n’aurait probablement pas été si difficile. Cette transformation aurait pu paraitre une bonne idée si le personnage ne semblait pas si souvent mal intégré aux décors et aurait été réalisé avec le même soin que dans les derniers Planète Des Singes.
Le vrai problème de Better Man, c’est que ce choix de représentation du chanteur n’aura aucune incidence sur le déroulé de l’histoire. Si Robbie Williams nous explique que c’est ainsi qu’il se perçoit, ce singe ne sera jamais vu comme tel par son entourage n’apportant du coup rien au récit. Cela contribuera à conforter l’impression que, comme la plupart des biopics musicaux, le film ne raconte pas la véritable vie de Robbie Williams mais une version bien enjolivée. Le chanteur étant crédité en tant que producteur exécutif, il a certainement eu son mot à dire sur le scénario pour l’édulcorer.
Comme dans le Rocket Man consacré à Elton John, le réalisateur Michael Gracey utilise les paroles des chansons de Robbie Williams pour illustrer les moments clés de la vie du chanteur sans se soucier de la chronologie. Alors que ses plus célèbres tubes devraient donner lieu aux meilleurs moments du film, ces passages musicaux paraitront souvent bien trop long aux spectateurs qui ne sont pas spécialement fans au point d’en regretter d’avoir été trop curieux de voir le film. À coté de ces numéros musicaux trop longs, le reste du film ne fera que survoler bien trop rapidement la carrière du chanteur s’arrêtant beaucoup trop sur sa love story avec la chanteuse Nicole Appleton du girls band All Saints dont nous avions carrément oublié l’existence.
Ce qui deviendra le plus ennuyeux dans Better Man sera cependant l’insistance porté au syndrome de l’imposteur dont est victime Robbie Williams comme fil conducteur de l’histoire. Abandonné par son père parti poursuivre une petite carrière d' »entertainer » sans grand succès, le chanteur ne se sentira jamais légitime dans sa carrière depuis ses premiers pas sur scène jusqu’au grand concert de Knebworth qu’il s’était pourtant fixé comme objectif ultime. Une manière d’excuser sa dépendance à l’alcool et aux drogues qui sont probablement plus les raisons de son actuelle traversée du désert après avoir fait les choux gras de la presse à scandales pendant des années.
N’exploitant même pas l’idée de singe chanteur, trop long dans ses passages musicaux et ne proposant rien d’autre qu’un apitoiement sur son syndrome de l’imposteur, Better Man se montre terriblement ennuyeux. Seuls les plus grands fans de Robbie Williams trouveront un intérêt à cette ode à sa pseudo gloire. Au contraire de tous les éloges, c’est clairement dans les pires films de l’année 2025 qu’il trouvera sa place.
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