TU NE MENTIRAS POINT de Tim Mielants [Critique Ciné]
Cillian Murphy a un sérieux cas de conscience dans le très réussi Tu Ne Mentiras Point.
Depuis que nous l’avons découvert dans 28 Jours Plus Tard, la carrière de Cillian Murphy mérite vraiment que l’on s’intéresse de près à l’ensemble de sa filmographie. Après le blockbuster Oppenheimer qui lui a permis de décrocher l’Oscar du Meilleur Acteur, il revient en toute discrétion dans Tu Ne Mentiras Point. Un drame belgo-américano-irlandais très touchant qui clôture en beauté les sorties ciné du mois d’avril.
Derrière ce titre issu d’un commandement de la Bible, Tu Ne Mentiras Point est en fait l’adaptation du livre Small Things Like These de Claire Keegan également autrice de The Quiet Girl. Un choix curieux de changer le titre si ce n’est pour bien faire comprendre qu’il y sera question de religion catholique. Il s’agit là du nouveau long métrage du réalisateur flamand Tim Mielants qui avait déjà dirigé Cilliam Murphy dans la troisième saison de la série Peaky Blinders et qui le retrouve ici pour un projet vraiment très différent.
Si vous le pouvez, il sera préférable de ne rien trop savoir sur l’intrigue de Tu Ne Mentiras Point avant de le découvrir pour renforcer la part dramatique de cette histoire. Cillian Murphy incarne ici Bill Furlong, le patron d’une charbonnerie d’un petit village d’Irlande en 1985. En père de cinq filles, il est très attentif à tout ce que font les enfants qu’il peut croiser. En voyant une jeune fille être placée de force dans le pensionnat local, il sera interpellé par ce qui peut bien passer derrière ces murs.
Faisant l’économie de mots et d’indications, Tu Ne Mentiras Point est le genre de drame où il faudra décrypter toute les images pour saisir l’intrigue. Déroulant lentement son histoire, le récit ne prendra même pas la peine de nous indiquer lorsqu’il part en flashback sur la jeunesse de Bill. Des scènes très importantes pour comprendre ce qui traverse son esprit. Très taiseux, il semble vouloir porter toute la misère du monde sur ses épaules. Ce qui devrait être normalement le rôle de la Mère Supérieure de ce couvent qui préfère éduquer ses ouailles dans une crainte du Seigneur au lieu de partager son amour.
Nous pouvions compter sur Cillian Murphy pour réussir à interpréter avec brio ce personnage. Il suffit de voir simplement une larme couler sur son visage pour ressentir toute la détresse de son personnage. Tu Ne Mentiras Point pourrait presque former un diptyque avec Oppenheimer puisque les deux hommes qu’il incarne dans ces films seront pris d’un cas de conscience. Plus en émotion et subtilité, nous aurons une petite préférence pour le film de Tim Mielants que pour celui de Christopher Nolan très formaté pour les Oscars. Arrivant sur le tard, Emily Watson incarne cette Mère Supérieure à qu’il sera confronté. Un rôle glaçant à mille lieux de celui qu’elle tenait la semaine précédente dans La Légende D’Ochi.
En cette période où le film Conclave et d’autres films sur le Vatican sont très prisés, Tu Ne Mentiras Point mérite aussi clairement d’être vu pour ce qu’il nous révèle sur les pratiques de certains catholiques. Le film est en fait une histoire inventée de toute pièce mais directement inspirée par ce qui a été découvert sur les pratiques du Couvent De La Madeleine. Une sombre affaire qui fait également écho à ce que nous avons récemment découvert en France à Betharram. De quoi se demander combien d’histoires comme celles-ci devront être déterrées pour que les choses changent ?
Dévoilant lentement son histoire, nous nous demanderons longtemps ce que nous réserve Tu Ne Mentiras Point. Reposant entièrement sur la prestation sans faille de Cillian Murphy, ce drame finira par se montrer extrêmement émouvant dans le cas de conscience qui se présentera à son personnage. Le film de Tim Mielants tombe aussi à point nommé pour rappeler les dérives de l’Eglise catholique au moment où tous les yeurs sont rivés vers le Vatican.
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