CinémaCritique Ciné

OPPENHEIMER de Christopher Nolan [Critique Ciné]

Oppenheimer

Christopher Nolan atomisera t-il le Box Office avec son biopic d’Oppenheimer ?

En sortant après la réouverture des salles après le confinement, Tenet le précèdent long métrage du réalisateur Christopher Nolan était très attendu des exploitants de salles pour faire revenir en masse les spectateurs. Mais inutilement trop complexe à suivre, son ersatz de James Bond n’avait pas réussi à attirer les foules. Près de trois ans plus tard, les exploitants pas rancuniers comptent toujours sur lui pour remplir les salles avec son nouveau film Oppenheimer qui semble pourtant plus taillé pour les Oscars que pour atomiser le box office.

En choisissant de retracer une partie de la vie de J. Robert Oppenheimer, surnommé « le père de la bombe atomique », Christopher Nolan s’est trouvé un nouveau sujet complexe à explorer dans la lignée de ses Interstellar et Tenet  et qui en plus va de pair avec son Dunkerque en abordant une autre partie de la Seconde Guerre Mondiale. le réalisateur et scénariste ne se doutait cependant certainement pas que ce biopic deviendrait tristement d’actualité à sa sortie alors que le conflit entre la Russie et l’Ukraine fait à nouveau planer la crainte d’une guerre nucléaire.

Initiée par les découvertes d’Albert Einstein sur la théorie de la relativité, ce biopic permet de remettre en tête le nom de ce J. Robert Oppenheimer dont certains spectateurs ont peut être oublié où n’en auront éventuellement jamais entendu parler à qui nous devons ce qui doit bien être la pire invention de l’histoire de l’humanité : la bombe atomique. Sans en faire un film à charge, Christopher Nolan a choisi de retracer une partie de la carrière du scientifique depuis les débuts de ses travaux sur le Projet Manhattan jusqu’aux conséquences de ses recherches.

Oppenheimer ne serait cependant pas un vrai film de Christopher Nolan si le cinéaste n’avait pas cherché une nouvelle fois à complexifier sa narration en faisant des sauts constant dans la chronologie des faits. C’est en effet lors d’une audition qui s’est déroulé bien après les faits et le procès qui a suivi que le scientifique va nous raconter l’avancée de ses travaux. Cette course contre la montre avec l’ennemi pour être les premiers à créer la bombe atomique nous est présentée à la manière d’un thriller voir d’un film d’espionnage en jouant la carte du suspense même si nous savons déjà tous l’issue de cette histoire.

il faut bien avouer que nous nous laisserons prendre au jeu de l’avancée de ce Projet Manhattan. Cependant là encore entre les débats techniques entre scientifiques et un constant « name dropping » qui nécessite une très bonne mémoire des têtes et des fonctions de chacun des protagonistes, Oppenheimer sera encore une fois assez difficile à suivre par moment. Un second visionnage ne sera certainement pas de trop pour mieux tout saisir dans cette intrigue à tiroirs. D’une durée de trois heures, le réalisateur aurait certainement pu tailler un peu dans les nombreux tunnels de dialogues pour accélérer le rythme et éviter les passages ennuyeux. 

Le moment le plus fort du film sera lorsque le scientifique prendra conscience des conséquences de ces longues années de recherche lorsque la bombe sera finalement lâchée sur Hiroshima et Nagasaki. En ayant simplement suivi les ordres, Oppenheimer passe en effet alors malgré lui d’un gentil passionné à un véritable criminel de guerre dont la création a changé à jamais le cours de l’histoire et pourrait encore bien nous conduire à notre perte aujourd’hui. Nous aurons forcement moins d’empathie pour cet homme  mais alors que nous pensions que le film s’arrêterait là, un dernier acte tentera de le disculper en partie dans un jeu de manipulation et de retournement de situation digne  d’un thriller politique. 

Si le spectateur moyen à la recherche d’un simple divertissement pour manger son popcorn ne trouvera probablement pas son compte devant Oppenheimer, les fans inconditionnels du réalisateur devrait être aux anges tant le film porte indéniablement la patte de Christopher Nolan sur chaque image. Il y a cependant de quoi se demander l’intérêt d’avoir tourné en Imax des scènes de dialogues dans des bureaux ou des laboratoires. Il n’y a que les introspections dans la tête du scientifique et la scène du test de la bombe pour nous offrir de belles images. Ayant repris le flambeau, le compositeur Ludwig Göransson marche clairement sur les traces d’Hans Zimmer en copiant son style mais en fera peut être trop en collant parfois de la musique dans des scènes de dialogues où elle n’apporte rien.

Christopher Nolan n’est pas allé chercher bien loin pour trouver l’acteur capable d’incarner Oppenheimer puisqu’il a choisi l’un de ses acteurs fétiches Cillian Murphy présent dans la majorité de ses films mais qui n’en avait jamais été la tête d’affiche. Un excellent choix qui vaudra certainement à l’acteur une nomination aux Oscars. Nouvelle recrue, Robert Downey Jr ne sera pas facile à reconnaitre au début dans le rôle du vieux Lewis Strauss, personnage retors qui sied parfaitement au comédien. Les femmes tarderont à apparaître dans l’histoire et en voyant Florence Pugh se dénuder dès sa deuxième apparition donne un peu l’impression qu’elles sont là pour réveiller le spectateur. Emily Blunt n’aura en revanche pas besoin de se déshabiller pour jouer l’épouse du scientifique. De grands noms viendront compléter le casting mettant leur égo de côté pour se mettre au service du réalisateur dans des rôles parfois très secondaires. Il sera du coup amusant de les découvrir un par un souvent avec des looks étonnants.

Un Hommage à Dr Folamour ?

Connaissant le travail de Christopher Nolan, nous savions à l’avance qu’Oppenheimer serait à nouveau film complexe à suivre. Mais bien moins intrigant ou captivant qu’à l’habitude, ce nouveau film un peu trop sage  n’aura que pour intérêt que de remettre en avant le père de la bombe atomique que tout le monde ne connaissait pas. Très bavard, le long métrage ne vaut que pour les prestations de ses acteurs qui auront certainement leur place dans la course aux Oscars. Quand au long métrage lui même, il ne rentrera pas dans le top des meilleurs films de Christopher Nolan même si nous y retrouvons clairement sa patte.

MON AVIS :
3/5

A Lire Aussi

Abigail

ABIGAIL de Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett

Difficile de savoir si Abigail est un remake de La Fille De Dracula ou de Maman J’Ai Raté L’Avion. Quand

Furiosa : Une Saga Mad Max

FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX de George Miller [Critique Ciné]

George Miller étend l’univers de Mad Max : Fury Road dans l’ambitieux prequel Furiosa : Une Saga Mad Max tout

Les Intrus

LES INTRUS de Renny Harlin [Critique Ciné]

Même si nous ne l’attendions pas, la saga The Stangers repart pour une nouvelle trilogie aux allures de mauvais remake sous le titre Les Intrus.

When Evil Lurks de Demián Rugna |Critique Ciné]

WHEN EVIL LURKS de Demián Rugna [Critique Ciné]

Récompensé au Festival Fantastique de Gérardmer, When Evil Lurks innove dans le film de possession.

Le Deuxième Acte de Quentin Dupieux [Critique Ciné]

LE DEUXIEME ACTE de Quentin Dupieux [Critique Ciné]

Quentin Dupieux est déjà de retour avec Le Deuxième Acte choisi  à juste titre comme film d’ouverture du Festival De Cannes 2024.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.