GAMERA – LES ANNEES SHOWA 1ère PARTIE [Critique Ultra HD]
Les trois premiers films de Gamera sortent pour la première fois en France dans un superbe coffret Ultra HD chez l’éditeur Roboto Films
Tandis qu’en France, les enfants nés dans les années 70 étaient biberonnés par Casimir le monstre gentil, les enfants japonais étaient eux tous fans de la monstrueuse tortue géante Gamera depuis les années 60 ! Faisant des émules jusque par chez nous, l’éditeur Roboto Films avait rencontré un franc succès en rééditant en Blu-Ray les films Gamera de l’Ère Heisei. Une réussite qui les a encouragé à remonter dans le temps pour proposer cette fois ci les trois premiers films de l’Ère Showa : Gamera (1965), Gamera Contre Barugon (1967) et Gamera Contre Gyaos (1968). Ils viennent de sortir ce vendredi 12 décembre 2025 dans un nouveau luxueux coffret Blu-Ray mais aussi cette fois ci dans un tout aussi luxueux coffret Ultra HD pour profiter de la magnifique restauration opéré sur ces trois films. Chaque film y est présenté dans un digipack individuel accompagné d’un livret de 60 pages, de dix cartes postales et d’un poster. Le cadeau de Noël idéal pour tous les fans de Kaijū Eiga.
Tout le monde connait Godzilla, le plus célèbre des Kaijū, nom des montres géants japonais, apparu en 1954 en réponse au King Kong américain. Mais à l’image de la guerre de super héros que se mènent Marvel et DC Comics dont il ne faut pas mélanger les personnages, Gamera ne fait pas parti de la famille de Godzilla. C’est en réalité peut être bien son plus grand concurrent qu’il n’a affronté qu’au Box Office mais jamais à proprement dans un long métrage. Née elle aussi à la suite des radiations d’une bombe atomique, la tortue géante ne sort pas de chez la Toho mais de la société de production Daiei. Apparu pour la première fois en 1965, Gamera a été imaginé par le réalisateur Noriaki Yuasa et les scénaristes Nisan Takahashi et Yonejirō Saitō. Ses aventures se sont depuis prolongés à travers douze films et même une série animée Gamera : Régénération sur Netflix.
Le premier Gamera est le dernier des Kaijū Eiga a avoir été tourné en noir et blanc. Il commence au Pole Nord en pleine guerre froide où à la suite d’un affrontement entre des avions américains et ceux d’une nation non déterminée, une bombe nucléaire chargée dans un avion abattu va réveiller Gamera émergeant des mers sous la banquise. Monstre énergivore, il a sillonné le monde en volant tel une navette spatiale avant de s’établir au Japon où une équipe de scientifiques va tout tenter pour éliminer cette menace qui ravage les villes et s’attaque à toute source d’énergie pour se nourrir. Semant la destruction partout où il passe, il sauvera cependant un enfant qui était persuadé que Gamera était l’évolution de la petite tortue que sa grande soeur lui a demandé de se débarasser mais pour les adultes, il reste un monstre trop dangereux pour rester sur Terre.
Dans le second film Gamera Contre Barugon, la monstrueuse tortue dont le monde pensait s’être débarrassé va réussir à revenir sur Terre. Mais en même temps, une bande de gangsters va se rendre sur une petite île du Pacifique pour retrouver une précieuse opale laissée là vingt ans plus tôt par leur boss qui vient tout juste de sortir de prison. Il se trouve que ce n’est en réalité pas une pierre précieuse mais l’œuf d’une espèce de lézard qui au cours du voyage retour vers le Japon va être exposé à un puisant laser médical qui va le transformer en créature géante. Capable de projeter un fluide glacial et de tirer un puissant arc en ciel destructeur avec son épine dorsale, il deviendra le principal danger de notre planète mais Gamera qui compte bien rester maître de son territoire va se lancer dans une guerre contre ce Barugon, devenant malgré lui le défenseur de notre planète.
Le troisième film Gamera Contre Gyaos s’inspire lui des films de vampires. Mais comme Gamera n’aurait certainement fait qu’une bouchée de Dracula, le réalisateur Noriaki Yuasa préfère lui faire affronter Gyaos, une sorte de Ptérodactyle géant assoiffé de sang qui s’est réveillé d’un long sommeil à la suite de l’éruption d’un volcan. Gamera qui était venu se nourrir de la lave du volcan va se retrouver face à Gyaos prêt à dévorer un enfant. La tortue géante se transformera à nouveau en sauveur dans le plus périlleux de ses combats. Gyaos est en effet capable de tirer de puissant rayons lasers qui coupent tout ce qu’il touche. Là encore les scientifiques tenteront tout ce qu’ils peuvent pour éliminer cette menace mais c’est encore Gamera qui sera leur meilleur chance de l’emporter.
Si la saga Gamera a eu le temps de largement s’améliorer en soixante ans, c’est avec beaucoup d’indulgence qu’il faut regarder ces trois premiers films. Il faut vraiment être particulièrement fan pour pouvoir se prêter au jeu de ces monstres géants qui sont parfois des sortes de simples figurines assez grossières ou au mieux des personnes portant un déguisement loin d’être capable d’effrayer le moindre adulte. Les affrontements entre ces monstres donneront souvent l’air de se trainer en longueur tant les acteurs sont engourdis dans leur gros costumes où lorsque ce sont les figurines qui s’échangent les coups. C’est bien là que l’on se dit que Gamera est avant tout destiné aux enfants car seuls les plus jeunes pourront peut être croire en ces séquences. Et pourtant, l’équipe de production n’hésitera pas à faire couler le sang et même couper des membres de ces monstres risquant de traumatiser certains enfants et même quelques adultes un peu trop sensibles.
Tout est loin d’être cependant raté dans la réalisation de ces trois longs métrages. Dans le premier nous apprécierons les séquences de vol de Gamera qui semblent avoir été réalisé en dessin animé dans une incrustation très réussi dans l’image. Il y aussi vraiment des passages mêlant acteurs live et scène de destruction par les monstres qui sont déjà impressionnantes par rapport à l’époque et au budget des films. Passant à la couleur et doté de budgets plus conséquents les deux autres films prennent presque des allures de blockbusters pour l’époque dans leurs scènes de destruction massive. Souffrant toujours des mêmes problèmes dans les combats rapprochés, le deuxième film Gamera contre Barugon a cependant mis le paquet en utilisant souvent de vrais avions au lieu de maquettes, là où le troisième Gamera contre Gyaos réutilisera les modèles réduits même pour une simple scène de voiture de police arrivant au pied du volcan.
Il faudra vraiment du talent aux acteurs pour se prêter au jeu de ses trois longs métrages. C’est d’ailleurs peut être pour cela que ce ne sont jamais les mêmes personnages qui reviennent dans chacun des épisodes dont le seul héros récurent est Gamera. Il faut dire que les scénarios ne volent pas haut et suivent tous un peu la même trame d’une succession d’expérimentations pour stopper les monstres qui se soldent quasiment à chaque fois par des échecs cuisants. Chaque histoire compte aussi son lot d’invraisemblances. La plus grosse sera lorsque que dans le deuxième film nous apprendrons au bout d’un certain temps que le point faible de Barugon est l’eau qui l’immobilise dès qu’il est trempé mais il a pourtant réussi à s’échapper d’un bateau en nageant au début du film. De la distribution des films, nous retiendrons surtout les enfants héros du 1er et du 3ème film qui sont bien amusants et les différentes actrices qui apportent du charme avec leur look rétro très différent des japonaises d’aujourd’hui.
A regarder avec beaucoup de recul et d’indulgence, ces trois premières aventures de Gamera auront plus de chance de plaire aux enfants et aux fans de modélisme qu’aux spectateurs à la recherche de frissons et de combat dantesques. A ne surtout pas prendre au sérieux, ces trois films au rythme soutenu se suivent avec plaisir comme de véritables curiosités lorsqu’on les découvre seulement maintenant. De quoi se faire une belle après midi de projection en famille durant les vacances de fin d’année.
LES BLU-RAY ULTRA HD : Documenté dans les bonus avec l’interview sur les trois disques du directeur photo d’origine et du responsable de la restauration, vous vous rendrez rapidement compte de l’incroyable travail réalisé sur les trois films pour pouvoir ainsi les proposer en ultra définition. Un master créé en scannant les pellicules d’origines dont l’étalonnage a été entièrement revu pour respecter aux mieux les volontés du réalisateur et dont tous les défauts de l’image ont pu être corrigés pour un travail vraiment impressionnant. Si nous pouvions penser qu’une version Ultra HD ferait trop apparaître les défauts de conception ce n’est absolument pas le cas et il serait vraiment dommage de se priver de ce très beau coffret si vous êtes fans. Chacun des films bénéficie en bonus d’une présentation par Fabien Mauro apportant des informations très intéressantes sur la production de chacun des films.
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