L’ÉLUE de Osgood Perkins [Critique Ciné]
Après Longlegs et The Monkey, le réalisateur Osgood Perkins sort déjà son sixième film L’Élue.
Avec son titre français, L’Élue, qui semble avoir déjà été utilisé des centaines de fois, il faut passer rapidement au dessus pour s’arrêter sur le nom du réalisateur de ce nouveau film d’épouvante. Il s’agit du prolifique Osgood Perkins talentueux réalisateur de l’excellent Longlegs, maintenant sur Netflix, et du bien sympathique The Monkey sorti au cinéma il a moins de dix mois. Malgré la réussite de ces deux longs métrages, c’est en toute discrétion que ce troisième film sort ce mercredi 10 décembre 2025 dans les salles françaises. Il serait pourtant vraiment dommage de passer à coté de cette véritable réussite bien plus angoissante que Five Night At Freddy’s 2.
De son vrai titre Keeper, L’Élue raconte l’histoire de Liz, une artiste peintre qui a battu tous ses records personnels en restant en couple avec son denier petit ami Malcom. Alors que bien des films d’horreur commencent comme cela, elle a accepté d’aller passer le week-end dans la demeure familiale isolée dans les bois. Ce qui s’annonçait comme un séjour romantique va rapidement prendre une inquiétante tournure.

Débutant par une succession de plans de différentes femmes, les premiers images de L’Élue semblent avoir été entièrement générées par l’intelligence artificielle. Le doute planera cependant car le réalisateur Osgood Perkins démontrera par la suite qu’il n’a clairement pas besoin de cela pour signer de superbes plans à la composition originale. Il faut vraiment que les acteur aient toute confiance en lui pour se laisser filmer en gros plan sous des angles parfois assez particuliers qui donnent au final de magnifiques images et contribuent au mystère de cette histoire.
Si nous nous attendions à ce que ce week-end vire au cauchemar, il faut reconnaitre qu’Osgood Perkins arrive à maintenir pendant longtemps un suspense oppressant. À l’aide de scènes entre rêves, visions dérangeantes et phénomènes surnaturels, le réalisateur fera planer le doute sur ce qui nous attend. Malcom, le petit ami idéal aura aussi des gestes qui montrent qu’il se retient pour ne pas trop s’attacher à Liz, ce qui sera guère rassurant pour note héroïne. Bien sur il est impossible d’en dire plus pour ne pas gâcher le mystère de L’Élue.

Le titre original Keeper est une expression en anglais pour dire que quelqu’un mérite d’être conservé. Elle marche ici dans les deux sens car Liz tout comme Malcolm semblent avoir trouvé en l’autre la personne idéale pour partager sa vie. Intraduisible correctement en français, le titre choisi chez nous L’Élue fait très film d’horreur cliché alors que la traduction plus correcte L’Élue de mon Cœur aurait sans doute fait croire à une comédie romantique. Ce titre est pourtant d’importance dans le cœur de l’intrigue mais il faut bien reconnaitre que l’étirement du suspense nous laissera un peu le temps d’imaginer un dénouement un peu plus original que celui imaginé par le scénariste Nick Lepard un peu trop conventionnel. Le même problème qui plombait déjà The Monkey dont la conclusion n’était déjà pas le point fort.
Après avoir joué la mère des deux principaux protagonistes de The Monkey, Tatiana Maslany est cette fois au centre de l’histoire de L’Élue. Une prestation très réussie qui passera malheureusement trop inaperçue pour lui donner une chance aux Oscars. Encore assez peu connu, Rossif Sutherland joue l’inquiétant petit ami Malcon qui est cependant bien plus sympathique que son insupportable cousin Darren parfaitement incarné par Birkett Turton. Si sa copine Top Model a des faux airs de Maika Monroe, héroïne de Longlegs, c’est en fait l’actrice Eden Weiss qui incarne ce mystérieux personnage.

Particulièrement intrigant par son rythme lent et l’originalité de sa réalisation, L’Élue subjugue par la beauté de ses images et ses plans recherchés. Une réussite qui doit aussi beaucoup à Tatiana Maslany filmée sous tous les angles les plus improbables. Doué pour nous offrir de somptueuses images, il reste encore à Osgood Perkins de trouver une histoire à la hauteur car comme celle de The Monkey, la fin de L’Élue ne sera malheureusement pas à la hauteur de nos attentes. Mais que cela ne vous empêche pas d’aller découvrir ce film d’épouvante qui sort vraiment de l’ordinaire dans sa réalisation.
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