ANIMAL TOTEM de Benoît Delépine [Critique Ciné]
Benoît Delépine ne déçoit pas avec son premier film en solo Animal Totem tout aussi réussi que les précédents.
Habitué à voir sortir un nouveau long métrage de Gustave Kervern et Benoît Delépine à peu près tous les deux ans, nous nous étonnions de ne pas avoir de nouvelles du duo. C’est en solo que Benoit Delépine fait finalement son retour trois ans après leur dernier film En Même Temps avec Animal Totem. Un nouveau long métrage qui pourrait bien passer totalement inaperçu tant la promotion est étonnamment discrète et sa distribution très limitée. Et pourtant même tout seul, Benoit Delépine ne décevra clairement pas les fans avec cette nouvelle histoire.
C’est une bien mystérieuse intrigue que Benoît Delépine nous a imaginé ce coup ci. Celle de Darius, un tunisien en costume de banquier arrivé à l’aéroport de Beauvais menotté à sa précieuse mallette à roulettes qui va partir à pied depuis l’aéroport vers une destination encore inconnue en se fiant uniquement à sa montre boussole. Peu importe le terrain, il va tracer sa route en ligne droite bien déterminé à arriver à temps à son rendez vous. Le mieux est de ne rien raconter de plus et vous laisser découvrir par vous même sa destination.
Animal Totem se démarque des films réalisés en duo avec Gustave Kervern par une image grand large occupant tout l’écran de cinéma mais avec des bandes noires en haut et en bas. Autre innovation, la caméra de Benoît Delépine passe régulièrement en vue subjective pour nous glisser dans la peau des animaux et insectes qui seront témoins du périple de notre mystérieux voyageur. Une manière habile de souligner le message écologique de ce nouveau long métrage.
En terme de scénario, Animal Totem s’inscrit bien dans la lignée des précédents longs métrages du duo Kervern/Delépine. Tous leurs films sont presque des road-movies ou des histoires où les personnages doivent à un moment voyager et ce nouveau film ne déroge pas à la règle. Benoît Delépine n’a pas changé de combat et cette nouvelle histoire continue de militer contre le capitalisme à outrance et pour la défense de notre planète. Sans trop en dire, il est ici question avant tout d’un combat contre les pesticides et leurs conséquences sur notre santé. Le temps d’une scène, il glissera à nouveau un message féministe comme dans son précédent film En Même Temps.
Décrit en accroche sur l’affiche comme un mélange entre James Bond et Jacques Tati par le journal Charente Libre. Il n’y a en réalité pas grand rapport avec le célèbre Agent 007 en ce personnage si ce n’est le costume. Nous reconnaitrons en revanche bien un coté absurde au film proche de l’univers de Jacques Tati mais surtout bien Grolandais. comme dans chacun des longs métrages du duo, ce voyage donnera l’occasion de rencontre avec des personnages un brin marginaux, source de nombreux gags mais aussi parfois d’une touche plus poétique et touchante.
Cet intriguant voyageur Darius est interprété par Samir Guesmi, un acteur à la longue filmographie mais qui n’avait cependant encore jamais tourné dans un film de Kervern et Delépine alors que cet univers lui convient parfaitement. Il lui suffit d’un rien pour réussir à nous faire rire dans ces situations souvent absurdes. Dans la galerie de personnages secondaires, Pierre Lottin nous fera aussi beaucoup rire en agent de sécurité macho tout comme Harpo Guit en agent ASVP bas de plafond. Solène Rigot incarne avec charme et drôlerie la nouvelle jeune femme marginale que l’on trouve dans la majorité des films du duo.
Allez savoir pourquoi Animal Totem ne bénéficie pas de la promo et de la distribution qu’il mérite tant le premier film réalisé en solo par Benoît Delépine est tout aussi réussi que les précédents films tourné avec Gustave Kervern. Se démarquant par sa réalisation plus originale que d’habitude tout en conservant tout ce que nous aimons dans les films du duo, il serait vraiment dommage de passer à coté de cette nouvelle histoire aussi intrigante que drôle et aux messages anticapitaliste et écolo très importants.
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