AUCUN AUTRE CHOIX de Park Chan-Wook [Critique Ciné]
Le réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook adapte à son tour Le Couperet pour son retour au cinéma avec Aucun Autre Choix.
Jamais décevant, le réalisateur Park Chan-Wook aime à se faire désirer. Après la réussite de son précédent long métrage Decision To Leave récompensé en 2022 du Prix De La Mise En Scène au Festival de Cannes., il s’était à nouveau laissé séduire par le petit écran en réalisant la série américaine Le Sympathisant avec Robert Downey Jr. pour la plateforme HBO Max. Le voici maintenant de retour au cinéma avec Aucun Autre Choix entre le drame social, le thriller et la comédie noire. Autant de genres que le réalisateur d’Old Boy maîtrise à la perfection comme il le prouve à nouveau ce mercredi 11 février 2026 avec la sortie de ce nouveau long métrage déjà bien parti pour figurer en bonne place dans le classement des meilleurs films de l’ année.
Aucun Autre Choix est une nouvelle adaptation du roman américain Le Couperet de Donald E. Westlake que Costa Gavras avait déjà porté sur grand écran il y a vingt ans. Cette nouvelle version a cependant été totalement « Park Chan-Wookisée » en la transposant en Corée Du Sud de nos jours. Dès les premières notes de musique et par la beauté des premiers plans appuyés par une magnifique direction photo, nous reconnaitrons immédiatement la patte du cinéaste aux mises en scène toujours aussi léchées. Tout le long du film, il nous régalera de ces compositions d’images lourdes de sens et ouverte à l’interprétation de chacun qui seront sans nul doute étudiées longtemps dans les écoles de cinéma.

Aucun Autre Choix débute par une scène de repas de famille bien trop belle pour que cela puisse durer. Un portrait de famille idéale d’un couple encore amoureux comme au premier jour, parents de deux enfants, maître de deux chiens et propriétaire d’une très belle maison. Ils avaient tout pour être heureux jusqu’à ce que leurs vies soient chamboulées lorsque Yoo Man-soo va perdre son emploi de cadre dans une usine de papier rachetée par des américains. En galère pour retrouver un emploi, cela poussera la famille à devoir réduire drastiquement son train de vie.
Afin de retrouver un travail, Yoo Man-soo va être prêt à assassiner l’homme dont il convoite le poste. Mais réalisant qu’il ne sera pas forcement le meilleur candidat pour le remplacer, il va lui falloir songer à un moyen de se débarrasser de toute concurrence. Prétextant partir à des entretiens d’embauche, Yoo Man-soo prendra tout son temps pour trouver le moment idéal pour frapper ses cibles. Il ne se rendra même pas compte qu’ils sont en fait exactement comme lui. « Aucun Autre Choix« , c’est ce qu’il devra se répéter sans cesse pour se motiver à passer à l’acte mais cela ne sera jamais aussi simple que prévu.
Même si le roman Le Couperet a presque trente ans maintenant, on se rend compte que rien n’a vraiment changé dans l’impitoyable monde du travail où chaque personne reste un simple pion facilement éjectable et remplaçable. Pour réussir, il ne faut jamais hésiter à marcher sur les autres. Si le livre parlait de fusion d’entreprises, Park Chan-Wook ajoute au récit les problèmes d’automatisation des usines et de délocalisation. Il le modernise aussi en ajoutant l’intelligence artificielle qui va détruire encore plus d’emploi. Comment effectivement ne pas se révolter contre tout cela ?
En transposant l’histoire en Corée Du Sud, Park Chan-Wook peut en plus y ajouté le sens de l’honneur très important dans la culture asiatique. Cela ajoute plus d’enjeux pour maintenir l’équilibre familial. La mère comme le fils ainé joueront aussi des rôles importants dans l’histoire. Ils ajoutent au récit des rebondissements supplémentaires quand nous pensions arriver à la fin du film pou repartir de plus belle. Nous frémirons pour eux mais nous auront aussi l’occasion de franchement rire devant certaines de ces pirouettes scénaristiques pleine d’un humour bien noir.
Le nouveau film de Park Chan-Wook porte bien son nom car vous n’aurez en effet Aucun Autre Choix que d’aller le voir sous peine de passer à coté de l’un des meilleurs films de l’année. Un nouveau chef d’œuvre de noirceur pour le réalisateur d’Old Boy et Mademoiselle à la mise en scène toujours aussi impeccable dans une adaptation totalement réinventée du roman Le Couperet aussi drôle que violente magnifiquement interprétée par une troupe d’acteurs impeccable rappelant la famille de Parasite.
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