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« HURLEVENT » de  Emerald Fennell [Critique Ciné]

Margot Robbie joue à Barbie princesse dans une nouvelle adaptation des Hauts De Hurlevent destiné à la génération  Tiktok.

Avions-nous encore besoin d’une nouvelle adaptation cinématographique du classique de la littérature Les Hauts De Hurlevent ? Déjà porté à l’écran seize fois dans des longs métrages venus du monde entier, il y a déjà de quoi faire. Et pourtant cela ne suffisait pas à la réalisatrice Emerald Fennell, précurseuse du mouvement #MeToo avec son premier long métrage Promising Young Woman, qui entraîne Margot Robbie et Jacob Elordi dans une relecture très personnelle à faire retourner Emily Brontë dans sa tombe.

Portant bien le titre original de « Wuthering Heigths » mais raccourci en français en simplement « Hurlevents« , les guillemets ne sont pas là pour rien car la réalisatrice Emerald Fennell a décidé de vraiment faire n’importe quoi du roman. Ne choisissez surtout pas de voir cette version si vous souhaitez ne pas lire le roman pour votre cours de français car ce sera la bulle assurée ! Cette nouvelle version se focalise uniquement sur la première partie du roman mais supprime de nombreux personnages pourtant importants dans l’intrigue pour se focaliser sur le triangle amoureux, rendant quasiment impossible la possibilité de faire une suite. Ce qui ne sera pas plus mal à la vue de ce qu’elle fait de cette première partie.

« Hurlevent » démarre plutôt bien avec son travail sur l’image et les décors qui donnent une allure un peu fantastique à cette histoire. La première partie raconte les jeunes années de Catherine Earnshaw et d’Heathcliffe, jgarçon recueilli par la famille qui va devenir son frère de substitution. Interprété par la débutante Charlotte Mellington et Owen Cooper révélation de la série Adolescence accompagné par l’autre débutante Vy Nguyen dans le rôle de la dame de compagnie Nelly, nous serions bien restés avec ces trois acteurs tout le long du film. Malheureusement l’histoire avance dans le temps faisant normalement passer les personnages d’une dizaine d’année à dix huit ans.

C’est là que vient le gros problème du film. Le choix de Margot Robbie âgée en vérité de trente cinq ans pour jouer une jeune fille de 18 ans et n’avoir rien fait pour la faire paraître plus jeune. De même pour Jacob Elordi qui a 29 ans alors qu’Heathcliffe devrait en avoir 19 et Shazad Latif âgé de 37 ans pour jouer Edgar Linton. Quand au choix de prendre Hong Chau révélation du film Downsizing âgée de 46 ans c’est vraiment donner un sacré coup de pelle à l’ensemble de la distribution. Surtout qu’à l’époque du roman atteindre cet âge signifiait qu’on était presque déjà en fin de vie.

A voir évoluer Margot Robbie dans les décors et les costumes inspirés des maisons de poupées, le film fini par donner l’impression de se retrouver devant un nouveau film Barbie, l’irrévérence et la drôlerie de Greta Gerwig en moins, lorsque Catherine va s’installer chez Edgar. Au lieu de paraître toujours original, cela fera en fait « too much » et artificiel comme si nous étions devant une pièce de théâtre dans une production à gros budget De quoi nous sortir de l’histoire, la rendant vraiment ridicule. Le caractère des personnages est réduit aussi à peau de chagrin. Catherine n’est qu’une pleurnicheuse, Heathcliffe est loin d’être le personnage charismatique et un peu effrayant du roman quand à Edgar, il est totalement fade et transparent.

« Hurlevent » est d »autant plus ridicule qu’avec le changement de casting, le film prendra aussi une tournure de film érotique pour mamans. Dans une volonté toujours féministe, la réalisatrice Emerald Fennell inverse les conventions d’antant en transformant Jacob Elordi, nouvelle coqueluche du public féminin même en créature de Frankenstein pour Guillermo Del Toro, en véritable homme objet. Il est souvent filmé à moitié nu avec sa peau toujours dégoulinante de sueur tandis que Margot Robbie restera en permanence habillée. Elle est bien loin l’époque où nous la découvrions en full frontal sous la caméra de Martin Scorsese dans Le Loup De Wall Street. Passage obligé à l’époque pour devenir célèbre pour une actrice. Mais nous la préférerons toujours plus en Harley Quinn que dans ce « Hurlement » qui est bien difficile à prendre au sérieux.

Nous  pouvions nous attendre à mieux de la part de la réalisatrice de Promising Young Woman que nous sortir une adaptation  des Hauts De Hurlevent entre Barbie et Les Chroniques de Bridgerton. « Hurlevent » transforme une passion intense et dramatique en un un porno pour mamans qui réjouira peut être les fans de La Femme De Ménage mais qui risque fort de mécontenter les inconditionnels du roman d’Emilie Brontë.

MON AVIS :
Noté 1 sur 5

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