CLOUD de Kiyoshi Kurosawa [Critique Ciné]
Après Chime, Kiyoshi Kurosawa repasse au long métrage avec le surprenant thriller Cloud.
Habituellement prolifique, les sorties des films de Kiyoshi Kurosawa s’étaient fait plutôt rares ces dernières années. Quatre ans après Les Amants Sacrifiés, c’est finalement une triple dose de films que nous allons pouvoir découvrir cette année. Cela commençait dès la semaine dernière avec le court métrage horrifique Chime en guise d’excellente mise en bouche et cela continue maintenant avec Cloud. Un excellent thriller déjà passé en compétition à la Mostra De Venise et au Festival de Sitges également candidat pour représenter le Japon à la dernière cérémonie des Oscars et qui vient de sorti ce 4 juin 2025.
Cinéaste révélé par ses films d’horreur dont il est devenu maître mais capable depuis d’aborder de nombreux genres de la science fiction au drame, nous ne savons jamais trop à quoi s’attendre avec chaque film de Kiyoshi Kurosawa. Mais lui faisant une confiance aveugle, c’est sans prendre la peine de se renseigner au préalable qu’il faut se précipiter en salles. Surtout quand le réalisateur vient lui même présenter son film comme il l’a fait pour celui-ci. Alors pour ne pas gâcher votre surprise, il sera préférable de ne pas aller plus loin dans cette critique avant d’avoir vu Cloud.
Cloud est cette fois ci une histoire entre drame et thriller sur un roublard qui arrive toujours à embobiner les gens pour acheter à petit prix des articles qu’il revend avec d’important profit sur Internet. Tel un chasseur guettant sa proie, il s’installe à distance de son ordinateur et attend patiemment de voir les gens se faire piéger par ses offres alléchantes. Comme une sorte d’addiction, chaque grosse vente lui permet de financer la suivante, lui faisant empocher à chaque fois des millions de Yen. Mais ces petites combines vont finir par lui faire s’attirer les foudres de clients mécontents et de vendeurs se sentant floués qui vont s’unir pour le retrouver.
Même si Kiyoshi Kurosawa dit ne pas y avoir pensé, la seconde partie de Cloud rappellera immanquablement le Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. Celle-ci se déroule en effet quasiment intégralement en huis clos dans un entrepôt ou Ryosuke devra faire face à toute cette bande de mécontents. Une deuxième partie en forme de jeu du chat et de la souris qui se trainera malheureusement un peu trop en longueur car il ne s’y passera pas grand chose avant un final surprenant.
Le scénario de Cloud part clairement d’une bonne idée mais il semble bien que Kiyoshi Kurosaxa a fini par manquer un peu d’inspiration pour la mener à bien. Comme bien souvent, il laissera une nouvelle fois le spectateur se faire sa propre interprétation sur le message qu’il voulait faire passer et sur une scène finale qui tournera presque au fantastique de manière assez énigmatique. Un drôle de film pour illustrer la célèbre expression « l’argent ne fait pas le bonheur », même si ce proverbe n’a peut être pas d’équivalent au Japon, ou bien une façon de prévenir qu’il faut vraiment se méfier des bonnes affaires du Web. Nul doute que plus d’un spectateur pourra s’identifier à ces consommateurs souhaitant se venger d’un vendeur frauduleux.
Doté d’un petit budget, Cloud s’offre tout de même dans le rôle principal de Ryosuke l’acteur Masaki Suda bien connu pour son rôle de Kamen Rider et déjà en tête d’affiche de La Famille Asada. Un rôle loin de celui du célèbre justicier à qu’il arrive tout de même à donner un coté attachant. Sa troublante petite amie est jouée par Kotone Furukawa que nous avions déjà pu voir dans Contes Du Hasard Et Autres Fantaisies. Il sera épaulé par Daiken Okudaira que nous avons pu voir dans The Parades et devra faire face à Amane Okayama vu dans In Love And Deepwater qui se montrera très inquiétant.
Très intrigant dans sa première partie, Cloud est une sorte de mélange de drame et thriller pouvant illustrer l’expression « L’Argent Ne Fait Pas Le Bonheur ». Mais là où Shime se montrait un peu trop court, Kiyoshi Kurosawa aurait pu un couper dans ce nouveau long métrage pour rendre un peu plus intense sa deuxième partie. Porté par d’excellents acteurs, c’est malgré cela encore une très belle réussite pour le cinéaste dont nous attendons déjà avec impatience le prochain film prévu pour juillet.
A Lire Aussi
HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]
Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.
RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]
Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.
SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]
Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.
PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]
Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.
THE DOG STARS de Ridley Scott [Critique Ciné]
Ridley Scott n’apporte rien de neuf au genre du Survival Post-Apocalyptique avec The Dog Stars.




