COME AS YOU ARE de Desiree Akhavan [Critique Ciné]

 

Come As You Are

 

Grand Prix Du Jury au Festival De Sundance, le long métrage Come As You Are avec Chloe Grace Moretz et Sasha Lane arrive maintenant au cinéma en France.

 

 

SYNOPSIS : En Pennsylvanie en 1993, Cameron vit en cachette une histoire d’amour avec la belle Coley. Mais le soir du bal de promo, les deux jeunes femmes sont découvertes en plein acte. Il n’en fallait pas plus pour que la très catholique Ruth qui avait recueilli Cameron à la mort de ses parents, décide de l’envoyer à God’s Promise, un centre qui promet de guérir les jeunes de leur homosexualité. Mais Cameron ne se pense pas lesbienne, elle veut juste être libre d’aimer qui bon lui semble.

 

Comment expliquer cette vague de film traitant de l’homosexualité chez les ados ? Effet de mode hollywoodien ou véritable besoin d’enfin ouvrir les yeux face aux difficultés d’assumer son orientation sexuelle en acceptant désormais toutes les possibilités ? Après Call Me By Your Name et Love, Simon, voici maintenant Come As You Are qui illustre cette fois ci cette difficulté de s’assumer d’un point de vue féminin. Vainqueur du Prix Du Jury au dernier Festival de Sundance, le nouveau film de Desiree Akhavan peut parfois être dur à regarder mais se montre essentiel en plusieurs points.

 

Come As You Are

 

« Come As You Are« , c’est le titre d’une des plus célèbres chanson de Nirvana ou le nouveau slogan d’une célèbre chaîne de Fast-Food mais ce n’est pas le titre original du nouveau film de Desiree Akhavan qui s’appelle en version originale The Miseducation of Cameron Post comme le roman écrit par Emily Danforth dont il est la libre adapation. Il ne faudra donc pas s’étonner de ne pas entendre la chanson dans le film même si l’époque où il se déroule en était l’occasion. Si le livre racontait douze ans de la vie de son héroïne, la réalisatrice a choisi de raccourcir cette histoire pour se concentrer principalement sur son séjour au centre de God’s Promise. Tenu par un révérend lui même « guérit » de son homosexualité et par sa sœur psychiatre qui l’a aidé, ce centre fait froid dans le dos car malgré l’apparente gentillesse de ses dirigeants, penser encore que l’homosexualité est une maladie que l’on peut soigner relève d’une parfaite ignorance. Et si le film se déroule en 1993, on trouve malheureusement encore 25 ans plus tard des gens pour le croire.

Il y a de quoi être franchement révolté devant l’histoire de Cameron et de tous ses pauvres adolescents placés là comme si Dieu pouvait réellement les aider. Si avoir la foi peut parfois pour certains se montrer utile pour surmonter d’importants doutes personnels, croire qu’une puissance divine dont on a jamais eu la certitude de son existence peut résoudre tous les problèmes peut se montrer à force vraiment dangereux. Le révérend de God’s Promise semble être dans ce genre d’aveuglement béât qui relève plus d’une mauvaise lecture de la Bible et d’un certain intégrisme religieux plus que de la volonté de bien faire. Dans la scène probablement la plus émouvante du film, on sentira poindre enfin une faille dans ses croyances.

 

Come As You Are

 

Même si elle sera persuadée au début d’avoir commis une faute, Cameron réalisera auprès des autres pensionnaires qu’elle n’a rien fait de mal. Come As You Are n’est heureusement pas qu’une histoire dramatique et réserve quelques passages plus légers avec tous ses personnages. C’est avec l’envie de faire un véritable teenage movie à la John Hughes que la réalisatrice Desiree Akhavan a voulu faire ce film. Quelques scènes amusantes nous permettront ainsi de mieux nous attacher aux différents personnages et plus particulièrement à Erin avec qui elle partage sa chambre et surtout à Jane et Adam, les deux marginaux du groupe dont elle va vouloir tout de suite se rapprocher. Quelques scènes de cauchemar nous permettent aussi de voir la vie d’avant de Cameron et principalement sa relation avec Coley avec quelques scènes d’amour qui ne laissent pas insensibles.

C’est au moment où Chloe Grace Moretz avait voulu faire un break dans sa carrière après avoir enchaîné les blockbusters qu’elle a reçu le rôle de Chelsea, très éloignée de tout ce qu’elle a pu faire auparavant même si on ne pourra s’empêcher de faire le parallèle avec le remake de Carrie dont elle était l’héroïne et qui dénonçait aussi les abus dans les croyances religieuses. Bien qu’attachante, l’actrice a encore du progrès a faire dans l’émotion. C’est peut être la faute de la direction d’acteurs car si le film nous étouffe par l’obscurantisme des anti-homosexuels, il n’arrivera pas à faire couler les larmes même dans ses scènes les plus dures. Le film aurait mérité d’être un peu plus long pour laisser à Sasha Lane et Forest Goodluck ainsi qu’au reste de la distribution un peu plus d’espace pour exister.

 

Come As You Are

 

Come As You Are est un film vraiment dur à encaisser mais qui mérite pourtant vraiment d’être vu pour faire évoluer les mentalités. Aujourd’hui, il n’est plus possible de pouvoir encore imaginer l’homosexualité comme une maladie. A travers des scènes drôles et d’autres plus émouvantes, le film nous prouve que ces ados n’ont rien de pêcheurs mais veulent juste être libres d’aimer qui ils veulent. On aurait aimé cependant que le sujet soit plus creusé en donnant plus d’espace aux seconds rôles pour le rendre encore plus émouvant. Si Come As You Are n’est pas aussi réussi que ce qu’on aurait aimé, le film aura au moins le mérite de peut être faire changer quelques mentalités et d’aider certains jeunes à s’assumer.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The Miseducation Of Cameron Post
  • RÉALISATRICE : Desiree Akhavan
  • AVEC : Chloe Grace Moretz, Sasha Lane, Forrest Goodluck, Quinn Shepard & John Gallagher Jr.
  • SCÉNARISTES : Desiree Akhavan et Cecilia Frugiuele d’après le roman de Emily M. Danforth
  • COMPOSITEUR : Julian Wass
  • GENRE : Drame
  • DURÉE : 1h31
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Condor Distribution
  • DATE DE SORTIE : 18 juillet 2018