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ELIO de Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina [Critique Ciné]

ELIO de Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina

Très loin de ses grands classiques, Pixar se perd dans la galaxie avec son dernier film Elio.

Pourtant bien moins réussi que le premier, Vice Versa 2 est devenu le plus gros succès pour un film d’animation alors que le film prouve que Pixar n’a plus la moindre once d’imagination. Leur nouveau film Elio le prouve clairement. C’est uniquement la curiosité de constater l’ampleur du naufrage qui nous pousse à aller voir ce nouveau film d’animation déjà bien parti pour être cette fois-ci un échec commercial.

Comment Pixar peut-il faire un film aussi moche ? C’est la question qui se posait immédiatement en visionnant pour la première fois la bande annonce d’Elio. Comme si Disney ne retenait pas les leçons des erreurs du passé que fut les échecs de Milo Sur Mars, Avalonia  L’Etrange Voyage et Buzz Lightyear, quel idée a pu leur prendre de vouloir récidiver ainsi avec une nouvelle histoire spatiale aux personnages si peu attrayants ? La faute à Harley Jessup, créateur de personnages vétéran de Pixar qui a certes travaillé sur Ratatouille mais qui était aussi responsable des affreux dinosaures du Voyage d’Arlo. Fort heureusement pour nous, Elio est son dernier film avant son départ en retraite.

ELIO de Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina

Comme d’autres films Pixar, Elio semble avoir été un projet bancal que le studio a cherché à réparer en vain. Imaginé par Adrian Molina, coréalisateur de Coco, il aurait curieusement abandonner subitement le projet pour se focaliser sur un Coco 2 qui laisse déjà envisager le pire. C’est la réalisatrice Domee Shi qui a alors été appelé à la rescousse pour terminer le film. À la vue du résultat, nous pouvons clairement constater qu’elle est arrivé bien trop tard sur le projet pour y apporter sa touche personnelle. Là où son excellent Alerte Rouge innovait dans sa remarquable réalisation inspiré des anime asiatiques, Elio ne fait preuve d’aucune innovation.

Histoire de faire tout de suite pleurer dans les chaumières, Elio est  un jeune garçon qui vient de perdre ses parents dans des circonstances qui nous seront à peine expliquées. Désormais à la charge de sa tante qui va devoir oublier ses ambitions de devenir astronaute, le jeune garçon qui se sent seul au monde n’a pour seul objectif dans la vie que d’être enlevé par des extraterrestres. Un rêve qui finira par devenir réalité lorsqu’ils vont capter son appel. Invité à rejoindre le Communiverse, il devra servir d’ambassadeur pour éviter que celui-ci soit détruit par Lord Grigon dont l’admission lui a été refusée.

ELIO de Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina

Connaissant l’ancien savoir faire du studio Pixar, Elio aurait logiquement dû nous en mettre plein la vue après plus de trente ans d’expérience depuis Toy Story. Et pourtant la firme à la lampe semble aujourd’hui s’être endormi sur ses lauriers en continuant à utiliser le même moteur graphique interne  pour un résultat qui ne fait aujourd’hui clairement pas le poids face aux Spider-Man de Sony Animation ou même au Robot Sauvage de Dreamworks. En dehors de quelques scènes nocturnes et pluvieuses où les effets lumineux sont très réussis, les occasions de s’émerveiller devant l’univers d’Elio se feront rares.

D’une laideur incroyable, les extra-terrestres font vraiment peine à voir. Le pire sera  Glordon, le fils du grand méchant Lord Grigon qui n’est qu’une espèce d’atroce chenille dégoutante. Allez savoir pourquoi celle-ci est dépourvue d’yeux alors que son visage laissait pourtant largement la place d’en mettre. Essentiels pour faire passer les émotions il sera impossible de s’attacher à cet affreux personne. Le pire est que Disney avait déjà fait la même erreur avec l’étrange amibe sans yeux d’Avalonia L’Etrange Voyage. Il est assez consternant de voir qu’après avoir piétiner son grand classique Lilo Et  Stitch avec un remake live sans intérêt, Disney trouve légitime de sortir seulement  un mois plus tard une nouvelle histoire d’amitié entre un enfant humain et une créature extraterrestre bien moins inspirée. Mais là où Stitch orne encore de nombreux produits dérivés de toutes sortes, nous voyons mal qui pourrait rêver d’un T-Shirt ou d’une peluche de Glordon.

Question scénario, il faudra vraiment avoir moins de dix ans pour se laisser prendre par cette histoire. Faisant un étrange parallèle entre l’éternelle question de « sommes-nous seuls dans l’univers ? » et les problèmes de solitude que ressent presque chaque être humain, cette histoire de gamin orphelin et harcelé n’a rien de très joyeuse pour un film d’animation destiné aux plus jeunes. Et ce n’est pas cette pseudo-menace d’un méchant ressemblant un peu trop à l’Empereur Zurg de Toy Story qui aura de quoi rendre Elio plus trépidant. Quel dommage de voir que les nouveaux scénaristes de Pixar semblent avoir aujourd’hui complétement oublié la recette imparable de John Lasseter pour nous faire rire avec des personnages secondaires aussi hilarants qu’attachants.

ELIO de Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina

 Il est vraiment triste voir un studio tel que Pixar péricliter ainsi de films en films. Alors que les vétérans du studio ont été écartés ou sont simplement relégués au rang de producteurs exécutifs, il semblerait que la nouvelle vague a bien du mal à assurer proprement la relève. Alors qu’Elio sera sans doute aussi vite oublié qu’En Avant et Elémentaire, tâchons de garder l’espoir de voir encore Pixar nous surprendre à l’avenir.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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