HERE, LES PLUS BELLES ANNEES DE NOTRE VIE de Robert Zemeckis [Critique Ciné]
Avec Here, Robert Zemeckis retrouve l’équipe de Forest Gump pour une nouvelle expérimentation qui ne manquera pas de vous toucher.
Tout le long de sa carrière, Robert Zemeckis n’a pas cessé de nous étonner et de marquer l’histoire du cinéma avec de nombreux films cultes. Revenu de sa grande période de films tout en image de synthèse, il mélange maintenant son expérience dans les CGI sur des films en prises de vue réelles. Après le sympathique Bienvenue À Marwen et une version live de Pinocchio qui ne méritait pas mieux que sa sortie directement sur Disney+, il revient sur grand écran avec Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie. Une nouvelle expérimentation du réalisateur qui fait visiblement peur aux exploitant vu sa faible diffusion alors qu’il ne manquera pas d’émouvoir tous les amateurs de belles histoires que le cinéaste a l’habitude de nous raconter.
Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie est à l’origine un roman graphique de Richard McGuire paru en 2015 en France sous le titre Ici qui avait reçu en 2016 le Fauve D’Or du meilleur album au Festival de bande dessinée d’Angoulême.. Déjà adapté plusieurs fois en court métrage, en pièce de théâtre et en version animée pour casque de réalité virtuelle, Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie repose sur le principe d’une caméra fixe plantée au même endroit depuis l’ère des dinosaures qui sera témoin de l’évolution de notre planète jusqu’en l’an 22 175.
Les spectateurs qui feront aveuglement confiance à Robert Zemeckis sans se renseigner auparavant seront sans nul doute très interloqué par ce Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie. Hors de question en effet pour le cinéaste de trahir le concept imaginé par le dessinateur qui fait toute la particularité de son œuvre. Débutant lui aussi à l’ère des dinosaures, cette caméra finira au milieu de la pièce principale d’une maison construite à l’ère coloniale dont nous suivrons les différents habitants à travers les âges en se focalisant principalement sur les années 1940 à 2023 dans un plan totalement fixe sans la moindre rotation ni zoom. Sur cette image viendra régulièrement se superposer des cases de BD ouvrant des fenêtres sur ce qui se passait au même moment à une autre époque. Un procédé qui donne parfois des images un peu curieuses donnant l’impression que le long métrage a été conçu pour être projeté en 3D pour plus d’immersion.
L’autre particularité de Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie, est que le film réunit une grande partie de l’équipe de Forrest Gump. Pour le trentième anniversaire de ce film culte, Robert Zemeckis renoue en effet avec le scénariste Eric Roth, le directeur photo Don Burgess et le compositeur Alan Silvestri. Mais surtout, il filme les retrouvailles à l’écran entre son acteur fétiche Tom Hanks et Robin Wright rajeunis une bonne partie du film grâce au procédé numérique du « De-Aging » et l’aide de l’intelligence artificielle. Ils sont au centre de cette histoire autour desquels graviteront de nombreux personnages que nous verrons évoluer au fil du temps durant près de soixante ans.
Tom Hanks joue le fils d’un couple joué par Paul Bettany, vétéran de la seconde guerre mondiale devenu commercial, et Kelly Reilly en mère au foyer. Ils achèteront cette maison pour accueillir leur premier enfant. Celui ci grandira et finira par faire connaissance de son épouse. Faute de moyens, ils resteront vivre dans la maison où il deviendront parents à leur tour. Mais avant eux, cette maison a d’abord appartenu à un pionnier de l’aviation et son épouse, à un mari inventeur d’un fauteuil inclinable tels ceux qui équipent aujourd’hui les nouvelles salles de cinéma et sa belle épouse. Elle deviendra après eux la propriété d’une famille d’afro-américains inquiets des violences policières à l’ère du mouvement #BlackLivesMatter et l’arrivée du Covid. Sans suivre d’ordre chronologique, le film fera des aller-retours dans le temps pour nous raconter leurs histoires incluant aussi parfois des images d’une famille de natifs américain et de la famille de Benjamin Franklin, seul personnage historique du film.
Here, Les Plus Belles Années De Notre Vie ressemble à une sorte de film expérimental que nous verrions bien projeté au Musée de l’Homme. Il faudra en effet un certain temps avant de réellement y voir un film traditionnel racontant une vraie histoire. Ces différentes vies illustrent en fait une réflexion sur la vie, la maladie, la mort, le mariage, la succession. Autant de thèmes universels qui feront forcement écho avec la vie de chaque spectateur réveillant des souvenirs heureux ou plus douloureux. Alors que nous nous y attendions pas vraiment, nous finirons par être vraiment cueillis par cette émouvante histoire. On se dit cependant que dans toute l’histoire de l’humanité, il y avait encore bien des choses à raconter qui ne sont pas évoqués dans le film.
Avec Here, Les Plus Belles Années De Nos Vies, Robert Zemeckis nous étonne encore en signant un mélodrame audacieux dans sa réalisation. Alliant son talent pour les belles histoires émouvantes à ses expérimentations dans l’image de synthèse, il nous offre un film très particulier qui surprendra plus d’un spectateur avant de réussir à les toucher en plein cœur.
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