CinémaCritique Ciné

MARTY SUPREME de Josh Safdie [Critique Ciné]

Marty Supreme

Le buzz autour de Marty Supreme n’est il pas fait pour cacher la réelle qualité du nouveau film de Timothée Chalamet ?

Après des débuts de carrières plutôt discrets, Timothée Chalamet a vu sa popularité exploser grâce au très surcoté Call Me By Your Name. Depuis, il a pu se frotter à différents types de rôles pour des publics variés que ce soit en Paul Atréide dans Dune, en jeune Willy Wonka avant la chocolaterie ou dernièrement en Bob Dylan dans Un Parfait Inconnu. Cela lui vaut désormais d’être devenu la coqueluche d’un public féminin prêt à le voir dans n’importe quel rôle au point de pouvoir incarner cette année un joueur de Ping Pong dans Marty Supreme. le nouveau film de  Josh Safdie, coréalisateur de Good Time et Uncut Gems.

En racontant les déboires d’un joueur de tennis de table, Marty Supreme n’a au premier abord rien pour attirer les foules à coup sur en dehors des fans inconditionnels de l’acteur et des cinéphiles pointus admiratifs du réalisateur. Bien conscient de cela, Timothée Chalamet en tant que producteur du film a su faire monter le buzz autour de celui-ci bien avant sa sortie avec une campagne marketing virale qui l’a transformé en véritable phénomène culturel que tout individu se voulant tendance se doit d’avoir vu. Résultat, Marty Supreme est devenu le plus gros succès du distributeur et producteur A24 aux États Unis avec des scores qu’ils n’osaient sans doute pas imaginer.

Marty Supreme

Si beaucoup iront du coup voir Marty Supreme sans se poser de questions, il est tout de même bon de parler pour ceux que cela intéresse de sa valeur artistique.  Si vous n’avez rien à faire du buzz et que vous espériez avant tout découvrir un nouveau  film de sport retraçant  l’ascension d’un jeune ping-pongiste sur une trame convenue formatée spécialement pour les Oscars vous risquez d’être surpris. Le gros de l’histoire de Marty Supreme semble en fait se dérouler sur à peine deux ou trois jours et ne soucie en fait très de peu de ping-pong. La chronologie des événement est bien le principal défaut de Marty Supreme. Elle est tellement floue qu’elle ne cessera de nous faire s’interroger sur son déroulé.

Se déroulant à New York dans les années 50, le film commence alors que Marty s’éclipse dans la réserve du magasin de chaussures de son oncle avec son amie d’enfance pourtant mariée pour s’envoyer en l’air. Le générique du film nous permettra de découvrir avec humour que ce petit « quickie » aura suffit à mettre la jeune femme enceinte. Passé celui-ci, nous retrouverons Marty parti pour une grande tournée de démonstration de ping-pong qui semble lui faire faire le tour de la planète et lui faire affronter des adversaires très singuliers comme un otarie. Mais arrivé au championnat de Londres, il finira par péter les plombs après avoir perdu  face au champion japonais. Ce qui lui vaudra une forte amende et une exclusion du circuit.

Marty Supreme

Revenu à New York, huit mois plus tard sans un sous en poche, il se retrouvera obligé d’user de milles et une combines pour gagner de l’argent. Les scènes s’enchaînent très vite sans prendre le temps de vraiment développer les personnages au point que nous n’arriverons pas à comprendre vraiment qui est ce Marty Mauser ni qui sont tous ces personnes plus ou moins proches dont il ne cesse de profiter. Un personnage assez détestable qui a l’air de rien avoir à faire de son amie quasi-prête à accoucher de leur enfant et qui préfère aller séduire bien trop facilement une actrice has-been dans le seul but de profiter de son argent. Tout ce qui compte pour lui, c’est de pouvoir poursuivre sa carrière sportive qui ne semble pourtant pas si brillante que cela.

Même si c’est cette fois-ci en solo, le réalisateur Josh Safdie semble un peu se répéter de films en films. Marty Supreme pourrait en effet former une sorte de trilogie avec Good Time et Uncut Gems car les trois films ont pour point commun d’être tous trois des courses contre la montre d’anti-héros en grosse galère financière. Marty Supreme est parfois amusant mais il reste un film sombre et même parfois assez violent. Mais alors que nous imaginions déjà le pire pour ce personnage, la fin du film ne colle vraiment pas à ce à quoi Josh Safdie nous a habitué comme si elle avait été modifiée pour ne pas choquer les non initiés.

Déjà récompensé d’un Golden Globe et de nombreux prix pour cette performance, Timothée Chalamet  se démène effectivement pour donner vie à ce personnage. Si le but était de rendre de Marty totalement détestable, c’est effectivement une grande réussite. Encore peu connue l’actrice Odessa A’zion bénéficiera sans doute de son excellente prestation en petite amie délaissée pour trouver d’autres grands rôles.  Par contre, n’allez pas voir le film pour Gwyneth Paltrow dont le rôle d’actrice sur le retour ne sert vraiment à rien dans l’intrigue. De nombreux seconds rôles vaudront bien mieux qu’elle.

Marty Supreme

Comme nous pouvions le craindre, ce Marty Supreme cache ses nombreux défauts par un buzz qui risque au final de décevoir beaucoup des premiers spectateurs qui se précipiteront pour voir ce phénomène viral. Ni un véritable film de sports ni un drame noir à la hauteur d’Uncut Gems, le nouveau film de Timothée Chalamet finira par être vite oublié avec son personnage assez ignoble et son scénario confus. Il restera seulement en tête quelques scènes fortes et parfaitement mise en scène mais pas de quoi en faire le film de l’année.

MON AVIS :
Noté 3 sur 5

A Lire Aussi

Primetime

PRIMETIME de Lance Openheimer [Critique Ciné]

Robert Pattinson incarne un autre type de justicier dans l’excellent Primetime sorti trop discrétement ce mercredi.

Her Private Hell

HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]

Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.

Resident Evil de Zach Cregger

RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]

Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.

Sham de Takashi Miike

SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]

Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.

Pressure

PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]

Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.