JUSTE UNE ILLUSION de Éric Toledano et Olivier Nakache [Critique Ciné]
Éric Toledano et Olivier Nakache renouent avec l’excellence dans leur nouveau film Juste Une Illusion, tout simplement magique.
Avec les films du duo de réalisateur Éric Toledano et Olivier Nakache nous sommes généralement rarement déçu. Imaginant à chaque fois des comédies sociales très différentes les unes des autres, chacun de leur long métrage est à quelques exceptions près bien souvent une très bonne surprise. Un peu moins de trois ans après le décevant Une Année Difficile écrit en temps de Covid, ils nous replongent avec beaucoup plus de réussite dans les années 80 avec leur nouveau film Juste Une Illusion qui délaisse leur habituelle case du mois d’octobre pour s’inscrire dès ce 15 avril 2026 sans nul doute parmi les meilleurs films français de l’année 2026.
Avec un titre comme Juste Une Illusion, nous pouvions penser qu’Éric Toledano et Olivier Nakache ont voulu faire un film de magie mais il n’en est absolument rien. S’inscrivant dans la nostalgie des années 80 très en vogue ces derniers temps, les réalisateurs nous ont imaginé une chronique familiale ayant pour personnage principal Vincent, un jeune adolescent de 13 ans sur le point de faire sa bar mitzvah, bien souvent martyrisé par son grand frère et dont les parents pris chacun par leur propre soucis sont loin d’être des modèles d’éducation parentale.
Contrairement au lourdingue Police Flash 80 sorti sans grand succès il y a quelques semaines qui en faisait des tonnes pour se donner l’air d’un film des années 80. Dans Juste Une Illusion, l’époque n’est qu’un cadre historique reconstitué de façon vraiment impressionnante pour agir come une sorte de madeleine de Proust. Si le film fera vibrer la fibre nostalgique des spectateurs qui ont vécu cette époque, il pourra aussi toucher un public qui ne connait cette période que par les archives car il aborde des sujets universels et quasiment intemporels. Il est ici question de premier amour, de chômage, d’éducation, d’éveil sexuel, de racisme et de religion traités toujours avec l’humour et l’émotion qui caractérisent tous les films des réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache.
Le titre Juste Une Illusion reflète certainement ce que veulent laisser penser d’eux chaque personnage du film qui avec de petits mensonges blancs inoffensifs donne une image plus parfaite d’eux-mêmes. Une famille unie qui ne fait pas de vague, un jeune héros qui veut paraitre plus cool qu’il ne l’est vraiment pour séduire une camarade de classe, un père au chômage qui fait semblant de partir au travail… Mais avant tout, Juste Une Illusion semble être une véritable déclaration d’amour à la famille. Un long métrage bien souvent très drôle mais où l’on se surprendra parfois à avoir la larme monter aux yeux devant cette simple histoire si touchante.
Alors que leur plus gros succès Intouchables célèbre cette année ses quinze ans, nous ressentons dans Juste Une Illusion comme l’envie des réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache de reproduire un peu la même recette avec une histoire cependant totalement différente. Le titre du film ne vient pas de la chanson du groupe de rock Téléphone mais de la chanson « Just An illusion » du groupe de funk Imagination qui donnera lieu à une nouvelle très belle scène de danse libératrice. Quelques morceaux de la bande originale semblent aussi vouloir faire écho à celle d’Intouchables.
La formidable famille au cœur de Juste Une Illusion se compose dans le rôle des parents de Camille Cottin que nous n’avions pas vu aussi drôle depuis bien longtemps et de Louis Garrel lui aussi étonnament très drôle. Ils forment un couple très crédible et souvent touchant. Mais le véritable héros du film est le jeune Simon Boublil, fils de Philippe Torreton aperçu jusque là uniquement dans un petit rôle dans Ducobu Passe Au Vert et que nous reverrons sans doute très vite tant il arrive à porter le film en étant présent dans quasiment chaque scène. Son grand frère est interprété par Alexis Rosenstiehl qui entre ce rôle dans Juste Une Illusion et celui qu’il tient dans le tout récent Ceux Qui Comptent a tout pour être la révélation masculine des prochains César. Il retrouve ici le fraichement Césarisé Pierre Lottin quasiment aussi important dans ce film dans le rôle du gardien de la résidence où vit cette famille qui nous épatera encore et nous fera beaucoup rire. Il y a aussi la jeune Jeanne Lamartine qui nous rappellera avec émotion nos premiers amours d’enfance dans le rôle du crush de Vincent.
Portant très bien son nom, c’est un film magique que nous sortent de leur chapeau le duo Éric Toledano et Olivier Nakache avec Juste Une Illusion. Un véritable tour de passe passe qui avec un scénario très bien écrit et empli de nostalgie imagine une histoire très simple mais particulièrement touchante qui semble être une déclaration d’amour à la famille. Un nouveau classique des années 80 qui va maintenant faire de l’ombre au cultissime La Boum et qui a tout pour obtenir le même succès qu’Intouchables et Le Sens De La Fête.
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