KREATOR / CARCASS / EXODUS / NAILS – UK AND EUROPE TOUR 2026 – LE ZENITH – PARIS – 24 MARS 2026 [Chronique Concert]
Kreator nous a offert une soirée d’exception ce mardi 24 mars 2026 au Zénith de Paris avec Nails, Exodus et Carcass pour défendre leur nouvel album Krushers Of The World.
Un an et quatre mois après leur dernière venue à Paris, Kreator est de retour au Zénith de Paris ce mardi 24 mars 2026. Déjà très bien accompagnés en novembre 2024 pour une tournée où ils partageaient la tête d’affiche avec Anthrax pour une sorte de Clash Of The Titans à l’ancienne avec Testament en première partie. Venant promouvoir ce coup ci leur seizième album « Krushers Of The World’ sorti le 16 janvier dernier, il leur fallait une affiche à la hauteur de la dernière fois pour ne pas décevoir leur fans. Un challenge relevé haut la main puisque ce sont les mythiques Carcass et Exodus ainsi que les plus jeunes Nails qui assuraient cette fois la première partie de ce concert exceptionnel. Et pourtant c’est dans une configuration de petit Zénith avec des tribunes bâchées et une fosse réduite de moitié que tout ce beau monde se produisaient ce soir pour la troisième étape de cette tournée européenne sans avoir même réussi à remplir totalement la salle. Mais comme on dit toujours, les absents ont toujours tort.
C’est certain qu’il fallait avoir pris sa journée ou être soit au chômage soit à la retraite pour pouvoir être à l’heure pour l’ouverture des portes à 17h30 un mardi. Même les balances n’étaient pas finies lorsque les premiers spectateurs ont pu entrer dans Le Zénith. Jeté en pâture à 18h20 dans une salle encore loin d’être remplie, le groupe de punk hardcore californien Nails passait pour les jeunots de l’affiche malgré déjà seize ans de carrière comparé aux groupes qui leur succéderont. Ils étaient un peu une sorte d’amuse-bouche pour cette soirée d’exception avec leur court set très efficace de 30 minutes. Trio composé d’un chanteur et d’un bassiste qui se partagent le chant et d’un batteur à la frappe de choc, leur musique dépasse les frontières classiques du Punk Hardcore avec un son saturé rappelant Entombed ou Machine Head dans des passages plus Death avec des blasts impressionnants et des parties qui ralentissent tout en restant extrêmement lourdes. Après quelques réglages, nous finirons rapidement par parfaitement bien distinguer les trois instruments et apprécier le talent des musiciens. Ils auront un peu de mal à avoir le Circle Pit réclammé un peu trop tôt dans une soirée qui fait que commencer mais le public finira par être vraiment conquis par ce premier groupe.
C’est à 19h10 que les choses sérieuses commençait vraiment avec l’arrivée sur scène des thrashers californiens d’Exodus après le titre « We Will Rock You » de Queen en introduction. Il y a de quoi s’étonner de voir le groupe être si bas sur l’affiche alors qu’ils font parti des pionniers du Thrash Metal avec Metallica, Megadeth, Slayer, Anthrax et Testament. Fondé en 1979, il ne faut pas oublier que le groupe comptait dans ses premiers membres le guitariste Kirk Hammett avant qu’il ne rejoigne Metallica. De la formation d’origine, il ne reste plus aujourd’hui que le batteur Tom Hunting toujours aussi en forme. Exodus a en revanche encore perdu son chanteur emblématique Steve « Zetro » Souza au début de l’année 2025 mais ils l’ont remplacé par Rob Dukes qui avait déjà assuré l’intérim entre 2005 et 2014. Se démarquant par une voix plus punk et grave, son style s’adapte pourtant sans soucis aux classiques du groupe. Exodus ne venait pas les mains vides ce soir à Paris puisqu’ils viennent tout juste de sortir ce vendredi 23 mars 2026 leur treizième album « Goliath« . C’est avec un très beau décor de scène reproduisant la pochette de ce disque que le groupe se produisait ce soir.
Ne disposant que de 45 minutes, Exodus ont joué deux titres de ce nouvel album accompagnés de six classiques dont les célèbres Bonded By Blood, A Lesson Of Violence et bien sur « Toxic Waltz » pour lequel ils ont fait languir le public avec de faux départs amusants incluant l’intro de « Raining Blood » par Gary Holt, visiblement encore nostalgique de son passage dans Slayer comme le prouvait son blouson et son T-Shirt. Il faut dire que le guitariste a vraiment le même style de jeu et de solos que le regretté Jeff Hanneman qu’il était chargé de remplacer partageant le même gout pour les longs sons aigus. L’autre guitariste Lee Atlus semble lui porter un peu plus sur la mélodie dans ses solos et les deux hommes forment un duo imparables. Ils sont bien accompagné par le bassiste Jack Gibson dont le jeu au doigt et le son rappelle Frank Bello d’Anthrax. Leur set ne manquera pas de bonne humeur avec un Tom Hunting qui fera reproduire au public les vocalises typique de Freddie Mercury en concert, il grattera aussi les cordes de Gary Holt le temps que celui ci puisse boire un coup. Un invité mystère viendra aussi s’incruster pour jouer le solo de « Toxic Waltz« . Comme un avant gout de leur future tournée en tête d’affiche, ce court set de huit chansons nous a clairement donné envie de les revoir plus longuement.
À 20h15, c’est au tour de Carcass de monter sur la scène du Zénith après un grand ménage de la scène pour installer leur propre décor tout aussi réussi que celui d’Exodus. Le groupe de Death Metal originaire de Liverpool est le seul à avoir amené des écrans dans des cabinets d’amplis qui projettent des diaporamas rappelant les pochettes du groupe. Leur dernier album « Torn Arteries » étant sorti en 2019, c’est en mode Best Of que vient se produire Carcass enchaînant les classiques piochés dans toute leur discographie depuis leurs débuts jusqu’aux derniers albums pour une pure leçon d’un Death Metal technique comme eux seuls ont le secret . A moins d’avoir suivi de près l’évolution de son look, nous n’aurions certainement pas reconnu le chanteur et bassiste Jeff Walker qui a totalement délaissé son look de Metalleux pour un look de daron, cheveux gros tout court, chemise blanche et blue jean. Fort heureusement cette nouvelle apparence physique n’a pas de répercussion sur son talent. Le guitariste Bill Steer n’a lui en revanche absolument pas changé. De ce set magistral, nous ne regretterons que sa trop courte durée de 45 minutes et un son de basse difficilement perceptible au milieu des guitares des prodigieux Bill Steer et James ‘Nip’ Blackford et du batteur non moins talentueux Daniel Wilding. Eux aussi auront une visite surprise venue d’arrière scène pour jouer de la cowbell le temps de quelques minutes sur l’un des morceaux. Chacun de ces titres sera interprété avec une telle perfection que nous ne pouvons en rester là ! Il n’y a plus qu’à espérer que Carcass se décide enfin à sortir un nouvel album et partir à leur tour dans une tournée en tête d’affiche.
Après le départ de Carcass, un rideau blanc viendra masquer les préparatifs pour l’arrivée de Kreator. Plusieurs structures gonfables et une grosse tête de leur mascotte surmontant la batterie forment un impressionnant décor de scène reproduisant en volume la pochette du nouvel album Krusher Of The World. Avant de disparaître, ce rideau blanc servira d’écran pour une animation par intelligence artificielle de différentes œuvres d’arts ayant émaillé les siècles illustrant des guerres et des révoltes comme « La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix (1830) et se terminant avec des images des manifestation contre la police d’immigration américaine et une image de guillotine où les ombres des musiciens apparaitront pour lancer le début d’un concert d’1h45 de Thrash Metal à la teutonne sans aucune interruption. C’est qu’il en faut du courage pour se montrer à la hauteur après trois premières parties remarquables qui ont déjà assuré le show pendant deux heures tout cumulé.
Comme ce fut déjà le cas la dernière fois, il ne fallait pas s’attendre à voir Kreator interpréter leur grands classiques du siècle dernier ce soir. Comme si l’arrivée du guitariste finlandais Sami Yli-Sirniö de Waltari evait été une sorte de renaissance pour le groupe, leur setlist se composait en grande majorité de chansons tirés des albums sortis entre 2001 et 2026 de « Violent Revolution » à « Krushers Of The World« . Si c’est le chanteur guitariste Mille Petrozza qui compose toujours les chansons, Sami Yli-Sirniö semble aujourd’hui devenu complétement indispensable sur scène. Tandis que le chanteur assure des parties de guitares rythmiques complexes et de très rares solo, c’est lui qui assure toutes les harmonies et les solos les plus complexes qui font tout le sel des morceaux. Appuyé depuis 2019 par le frenchie Frédéric Leclercq à la basse, le son de celui-ci était cependant un peu trop noyé au milieu des deux guitares pour être parfaitement perceptible. Sur « Loyal To The Grave » Mille Petrozza laissera de coté sa guitare pour interpréter la chanson en portant une très belle paire d’ailes noires. Ce sera Fréderic Leclercq qui passera alors à la guitare et nous gratifiera même d’un superbe solo. Curieusement c’est sur cette chanson plus mélodique que nous entendrons le plus la basse sans voir personne en jouer. Perché cette fois-ci sur une haute estrade et caché en bonne partie par le décor de scène, nous entendrons bien l’incroyable batteur Ventor mais nous aurons un peu de mal à le voir jouer.
Si le Zénith n’est pas plein ce soir, c’est peut être parce que les fans savaient qu’il n’y aurait pas grand chose de nouveau à voir ce soir par rapport à la dernière fois. Ébloui par les décors, le light show et la pyro lors de leur précédent passage au Zénith, nous serons un peu déçu du manque de surprise de cette nouvelle tournée qui reprend de nombreux éléments de décors et même les moines à tête de démons avec leur torche en main qui viennent se planter pare moment en devant de scène sans pour autant servir à quelque chose. Malgré cette légère impression de déjà-vu, le show reste malgré tout monumental et en mettra toujours autant plein la vue à ceux qui n’étaient pas là en novembre 2024.
Sur les seize titres interprétés ce soir, quatre seront issu du nouvel album « Krushers Of The World » et huit chansons auront déjà été joué en novembre. Il faudra attendre 1h20 de show pour qu’enfin Mille Petrozza nous accorde une remontée dans le temps jusqu’en 1984 pour nous interpréter le titre « Endless Pain » de leur premier album. Le second classique joué ce soir sera « Terrible Certainty » qui sert encore une fois de grand final du concert. Inutile d’espérer un rappel car aprés avoir pris le temps de saluer le public, les roadies commenceront immédiatement le démontage du décor dès le départ du groupe de scène. Pour plus de classiques, il faudra peut être attendre la tournée des 50 ans du groupe en 2032.
Quelle superbe soirée avons nous encore passé ce soir grâce à Kreator qui a réuni une sublime affiche pour leur retour à Paris. Après la découverte de Nails et les prestations magistrales d’Exodus et Carcass que nous n’avons pas l’habitude de voir sur de si grosses scènes, le superbe show de Kreator couronnait ce moment qui restera longtemps dans la mémoire des fans présents ce soir. Il faudrait juste que le groupe se décide à se replonger dans ses classiques la prochaine fois pour faire notre bonheur complet.
SETLIST EXODUS :
01. 3111
02. Bonded by Blood
03. Deathamphetamine
04.Blacklist
05.Promise You This
06.A Lesson in Violence
07.The Toxic Waltz (Raining Blood intro)
08. Strike of the Beast
SETLIST CARCASS :
01. Unfit for Human Consumption
02. Buried Dreams
03. Incarnated Solvent Abuse
04. No Love Lost
05. Carnal Forge
06. Dance of Ixtab (Psychopomp & Circumstance March No. 1 in B)
07. Genital Grinder
08. Exhume to Consume
09. Corporal Jigsore Quandary
10.Heartwork
SETLIST KREATOR:
01. Seven Serpents
02. Hail to the Hordes
03. Enemy of God
04. Satanic Anarchy
05. Hate Über Alles
06. People of the Lie
07. Betrayer
08. Krushers of the World
09. Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite)
10. Satan Is Real
11. Loyal to the Grave
12. Phantom Antichrist
13. Endless Pain
14. 666 – World Divided
15.Violent Revolution
16.Pleasure to Kill
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