LE PETIT SPIROU de Nicolas Bary [Critique Ciné]

 

Le Petit Spirou

 

Avant de découvrir Les Aventures De Spirou et Fantasio au cinéma l’année prochaine, le réalisateur Nicolas Bary adapte de son coté Le Petit Spirou dans un long métrage réservé principalement aux jeunes enfants.

 

 

SYNOPSIS : C’est bientôt la fin de l’année scolaire, la dernière que Spirou passera avec ses copains car à la prochaine rentrée, il va intégrer l’école des Grooms. Mais à vrai dire le jeune garçon n’est pas vraiment certains de vouloir poursuivre la tradition familiale et rêve plutôt de devenir un aventurier.

 

Il aura fallu du temps au cinéma français pour découvrir que la bande dessinée française était un véritable trésor pour attirer les spectateurs en salles. Même si Astérix & Obélix : Mission Cleopâtre avait déjà battu des records en 2002 avec plus de quatorze millions d’entrées, les producteurs n’avaient pas encore compris le potentiel du genre. Il semblerait que le déclic a plutôt été le succès des films Marvel mais aussi des Profs 1 et 2. Désormais ce sont 70 projets d’adaptation de bande dessinées franco-belge qui sont attendues dans les prochaines années. Après Seuls qui n’a pas rencontré le succès escompté, le Valerian Et La Cité Des 1000 Planètes de Luc Besson est déjà l’un des films français de quoi réellement confirmer cet engouement.

 

Le Petit Spirou

 

Dans la lignée du Petit Nicolas et L’Éleve Ducobu, le réalisateur Nicolas Bary a choisi d’adapter Le Petit Spirou, un projet assez délicat car la bande dessinée de Tome & Janry n’est pas une simple histoire pour enfant mais semble plutôt destiné aux fans du grand Spirou par ces fréquentes allusions sexy. Il ne faudra que quelques minutes pour voir que le réalisateur n’a absolument pas chercher à reproduire le coté cartoonesque des mésaventures du Petit Spirou ni même la double lecture permanente qui a fait le succès de la bande dessinée.

Dès les premières minutes c’est la déception car les images du film n’ont aucun charme et sont à peine digne d’un téléfilm. Le réalisateur Nicolas Bary nous avait pourtant habitué à mieux avec ses précédents films Les Enfants De Timpelbach et Au Bonheur Des Ogres. De plus on à la fâcheuse impression de se retrouver devant une véritable page de publicité tant les placements produits sont flagrants. On ne comptera pas les plans sur les briques de jus de fruit où les positions bizarres de Spirou pour bien faire voir sa montre. Mais surtout Nicolas Bary et son scénariste Laurent Tuner ont oublié l’essentiel qui fait le succès de la bande dessinée à savoir les gags. Les occasions de rire se feront assez rare pour les spectateurs de de plus de dix ans tant les gags reposent sur un humour trop simpliste sans aucun second degrés.

 

Le Petit Spirou

 

Mais ce qui déçoit le plus c’est le choix de Sacha Pinault pour incarner Le Petit Spirou car il ne ressemble absolument pas à l’image de ce qu’on se faisait du personnage. Physiquement il était certain que personne ne peut lui ressembler mais c’est surtout au niveau du caractère que cela ne colle pas. Curieusement le casting de ses petits camarades semble être plus réussi que celui du rôle principal. Tout du moins physiquement car en terme d’interprétation ces jeunes comédiens en herbe ont encore beaucoup de travail à faire. Il est curieux de voir à plusieurs reprises des scènes où ils savonnent totalement sur leurs répliques sans que le réalisateur n’est pris la peine de refaire la scène.

Heureusement le casting d’adulte relève un peu le niveau même si ils ne sont pas utilisé à leur plein potentiel. Pierre Richard joue le Grand Papy avec toute la tendresse qu’on lui connait mais paraît très limité dans ses options de jeu. François Damiens trouve un nouveau rôle de dégueulasse en jouant le prof de sports mais il ne peut pas aller assez dans le trash. Même Philippe Katerine se contient dans le rôle du prêtre. Ses références permanentes à de vieux groupes de hard rock sont surprenantes car elles ne parleront qu’aux connaisseurs et certainement pas aux enfants. Le rôle de la mère de Spirou totalement dénoué d’intérêt a été confié à la pauvr Natacha Regnier qui ne pourra rien faire pour l’arranger. Armelle joue une voyante aux scènes qui tourne au running gag ennuyeux et la pauvre Gwendolyn Gourvenec en institutrice n’est là que pour assurer que le minimum sexy du film. Ce sont les producteurs du film Spirou et Fantasio prévu pour l’année prochaine qui vont surtout faire la gueule car beaucoup de spectateurs risquent de penser que leur film est la suite de Le Petit Spirou alors que ce n’est absolument pas le cas et vu le ratage, ils pourraient bien être dissuadés de vouloir remettre ça.

 

Le Petit Spirou

 

De la même manière qu’on verrait mal une adaptation avec de vrais acteurs de la bande dessiné Titeuf, celle du Petit Spirou semblait tout aussi casse gueule. La déception sera certainement de taille pour les fans les plus âgés de la BD de Tome & Janry qui ne retrouveront ni l’esthétique cartoonesque ni le ton particulier dans le film de Nicolas Bary. Nous sommes ici dans un film au scénario anémique dont les gags ne feront rire que les très jeunes enfants. Avec un casting d’adultes aussi réussi il y avait certainement matière à un bien meilleur film mais que faire de ce choix d’enfants tous aussi mauvais les uns que les autres ? Seul les plus jeunes passeront un bon moment devant Le Petit Spirou mais pourquoi ne pas l’avoir sorti pendant les vacances scolaires ?

 

MON AVIS : 1/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Nicolas Bary
  • AVEC : Sacha Pinault, Pierre Richard, Natacha Régnier, François Damien, Gwendolyn Gourvenec, Philippe Katerine & Armelle
  • SCÉNARISTES : Nicolas Bary et Laurent Turner d’après l’oeuvre de Philippe Tome & Jean-Richard Geurts
  • COMPOSITEUR : Rolfe Kent
  • GENRE : Comédie
  • DURÉE : 1h26
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : La Belle Company / Apollo Films
  • SITE OFFICIEL : http://www.bandgee.com/le-petit-spirou
  • DATE DE SORTIE : 27 septembre 2017