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MUFASA : LE ROI LION de Barry Jenkins [Critique Ciné]

Mufasa : Le Roi Lion

Préquelle du  remake du Roi Lion en image de synthèse sorti il y a cinq ans, Mufasa : Le Roi Lion revient sur les origines du célèbre père de Simba.

Curieuse idée de la part de Disney de vouloir faire une adaptation live du Roi Lion sans le moindre véritable animal à l’écran. Il aurait été clairement plus juste de parler alors de remake en image de synthèse. N’arrivant pas à la cheville du film d’animation culte des années 90, cette nouvelle adaptation était déjà sorti de nos esprits. Et pourtant, à l’occasion des trente ans de la sortie du seul et unique véritable Roi Lion, Disney qui semble désormais uniquement se reposer sur les lauriers de ses franchises à succès au lieu de chercher à innover n’a rien trouvé de mieux que de réaliser une préquelle au film de Jon Favreau. Confié cette fois ci à Barry Jenkins, cette préquelle qui souffre des mêmes défauts que le premier se montrera bien dispensable tant il écorne une fois de plus le grand classique en animation traditionnelle.

Quitte à absolument vouloir poursuivre dans cette voie, préférer faire une préquelle n’est pas une si mauvaise idée à la base car cela évite au moins la comparaison directe avec le  véritable Roi Lion 2 sorti directement en vidéo en 1998. D’autant plus que Mufasa est un personnage très apprécié dont la mort soudaine a traumatisé maintenant plus d’une génération. Encore aurait il fallu que les scénaristes revoient le grand classique de 1994 avant d’imaginer ses origines car cette nouvelle histoire risque de mettre en colère plus d’un fan par les trop nombreuses libertés prises.

Mufasa : Le Roi Lion

Dans le dessin anime de 1994, Scar était présenté comme le frère cadet de Mufasa vivant en paria parce qu’il n’a pas pu accéder au trône par le simple fait du droit d’ainesse. Mais curieusement dans ce nouveau film, il nous est présenté comme un lionceau prénommé Taka vivant dans autre tribu que Mufasa. C’est en sauvant notre jeune héros de la noyade qu’il deviendront frères de cœur grandissant ensemble dans sa tribu. Traité en paria par le père de son nouvel ami, Mufasa sera élevé par la mère de Taka et ne souciera de retrouver ses véritables parents qu’une fois devenu grand. Eux-mêmes ne semblent d’ailleurs pas plus l’avoir cherché durant toutes ces années.

Il faut bien avouer que Mufasa : Le Roi Lion est une véritable prouesse technologique qui donne très envie de découvrir comment il a été conçu. Visiblement entièrement constitué d’images numériques photo-réalistes, le long métrage est hallucinant dans la gestion des textures. Le plus dingue est de  voir nos héros plein de neige dans les poils avec un rendu exceptionnel. Seul problème, comme dans le premier film, voir des animaux super réalistes en train de parler est toujours un peu bizarre. Il leur manque les attitudes « cartoonesques » du classique animé pour rendre cela plus crédible. Autre soucis, il sera souvent difficile de reconnaitre qui est qui dans ces personnages à l’apparence très similaires. Au point que la compagne de Mufasa ressemble trait pour trait à sa propre mère, ce qui dans la vraie vie serait assez malaisant

Mufasa : Le Roi Lion

Techniquement très réussi, nous ne pourrons pas en dire autant du scénario de Mufasa : Le Roi Lion. Durant tout le film nous n’attendrons qu’une seule chose, c’est de découvrir comment Mufasa et Taka ont fini par s’embrouiller et pourquoi celui ci a été rebaptisé Scar. Malheureusement cette révélation sera particulièrement décevante car c’est uniquement une rivalité amoureuse qui mettra le feu au poudre entre eux. De quoi mettre à mal l’importance de la femme, comme si elle n’était pas libre de choisir elle même celui qu’elle aime. Le long métrage donne aussi l’impression que tout lion adulte se proclame roi de son propre coin de savane. C’est à se demander du coup  quel est la légitimité de Mufasa en tant que véritable Roi Lion d’on ne sait quelle région au final.

Autre déception, les chansons de ce nouveau film composée par  le surcoté  Lin-Manuel Miranda déjà à l’origine des chansons de La Fantastique Famille Madrigal sont loin d’égaler celles d’Elton John et Bernie Taupin pour Le Roi Lion. Elles donnent bien souvent  l’impression de n’être que des dialogues chantés sans refrains ou mélodies marquantes pour en faire de nouveaux classiques. Ajouté au récit alors qu’ils n’y ont pas leurs places, Timon et Pumba seront vraiment pénibles à venir constamment casser le quatrième mur avec leurs remarques sur le succès de la franchise qui ne servent à rien dans le récit.

Dernier problème de taille, Disney semble avoir tenu à ce que chaque animal ait un accent africain prononcé. Un choix déjà problématique accentué par le fait qu’ils ont choisi John Kani un acteur noir connu pour son rôle du Roi T’chaka dans Black Panther pour prêter sa voix au singe Rafiki. Cela revient quasiment au même que traiter les noirs de singes. Vraiment maladroit de la part de Disney qui se veut habituellement inclusif mais personne ne semble vouloir s’en offusquer. Délaissant le wokisme qui a couté cher aux actionnaires ces derniers temps, Mufasa : Le Roi Lion semble pour le coup être le premier film raciste et mysogine inspiré par le retour de Donald Trump.

Mufasa : Le Roi Lion

Bien que très réussi visuellement, Mufasa : Le Roi Lion n’est qu’une nouvelle Origin Story qui vient encore démystifier un grand méchant du cinéma en faisant de Scar un simple amoureux éconduit. Ce n’est qu’une des trop nombreuses libertés prises par cette séquelle par rapport au grand film d’animation qui restera plus que jamais le seul et unique film de la saga à conserver.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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