PINOCCHIO de Robert Zemeckis [Critique S.V.O.D.]

PINOCCHIO de Robert Zemeckis [Critique S.V.O.D.]

Pinocchio - Copyright Walt Disney Company

Disney poursuit le massacre de ses chefs d’œuvres avec une adaptation live de Pinocchio confiée à Robert Zemeckis qui sort uniquement sur Disney+.

À la vue des précédentes adaptations live des grands classiques de l’animation de Disney toutes plus décevantes les unes que les autres, il est clair que nous n’attendions plus rien de ce véritable travail de sape de l’héritage du studio. Après une adaptation live de La Belle Et Le Clochard c’est encore directement sur Disney+ que sort directement l’adaptation live de Pinocchio comme un cadeau d’anniversaire empoisonné offert à ses abonnés pour le deuxième anniversaire de la plateforme célébré ce jeudi 8 septembre 2022. Autant le dire immédiatement ceux qui ne sont pas abonnés ne rateront rien du tout.

Il est étonnant de voir qu’à chaque fois que Guillermo Del Toro annonce plancher sur une nouvelle adaptation de célèbres histoires qui ont déjà donné naissance à un film d’animation Disney, la firme aux grandes oreilles semble s’empresser de venir lui couper l’herbe sous le pied. Apres avoir réussi à saborder son adaptation annoncée de La Belle Et La Bête, ils vont cette fois ci réellement s’affronter pour de bon avec leurs adaptations respectives de Pinocchio dans la guerre des plateformes qui opposent Disney+ et Netflix. Un duel de grands réalisateurs puisqu’ils ont placé cette fois ci à la tête de cette nouvelle adaptation live de Pinocchio le talentueux Robert Zemeckis spécialisé désormais dans les films mélangeant image de synthèse et véritables acteurs. Et si il y avait espoir qu’il arrive à redresser le niveau des précédentes adaptions live du studio, c’est à se demander au final quelle est sa part dans ce nouveau naufrage.

Pinocchio - Copyright Walt Disney Company

Cette adaptation live de Pinocchio démarre tout de suite bien mal avec le choix de Tom Hanks pour jouer Gepetto. S’il y avait de quoi se réjouir des retrouvailles entre l’acteur et le réalisateur après Seul Au Monde et Le Pôle Express, nous serons malheureusement bien vite déçu tant ce rôle ne lui convient pas du tout. Pas encore assez âgé pour jouer le vieil horloger, il donne ici l’impression d’être déguisé de manière peu convaincante en Gepetto du dessin animé. Même le Pinocchio de cette version copie quasi-conforme de celui du dessin animé ne parait pas du tout assez réaliste pour un film live. Comme si cela n’était déjà pas catastrophique, il a fallu que Disney flingue totalement le personnage de la Fée Bleue en confiant le rôle à Cynthia Erivo, une actrice noire au crane rasée que l’on croirait sorti directement de l’émission Drag Race de Rupaul dans ce costume.

Jusque là assez fidèle à l’histoire que nous connaissons le film commencera sérieusement à faire n’importe quoi dans la scène où Pinocchio se retrouve prisonnier du directeur de cirque Strombolli. Les scénaristes ont trouvé bon d’ajouter pour plus d’inclusion une autre actrice noire ancienne danseuse désormais handicapée qui travaille au cirque comme marionnettiste avec un pantin à son effigie qui lui permettra d’obtenir la confiance de Pinocchio. Mais la plus grande trahison est la scène du nez qui s’allonge présenté ici sans sermon contre le mensonge de La Fée Bleue. Au contraire, mentir lui sera bénéfique puisque cela lui permettra de s’échapper en attrapant la clé de sa cage avec son nez !

Pinocchio - Copyright Walt Disney Company

Le massacre se poursuivra dans la dernière partie avec la baleine Monstro qui ne respecte plus du tout la version du dessin animé pour basculer dans un grand n’importe quoi avec un Pinocchio qui fait du ski nautique tracté par une mouette et qui finira par presque se transformer en moteur de hors-bord pour les sortir d’affaire. Quand à la grande scène finale elle n’aura pas l’émotion de l’original et se montrera particulièrement frustrante dans sa conclusion.

Le doublage français  est une nouvelle fois catastrophique. Tom Hanks se voit privé de sa voix française habituelle et Pinocchio semble encore être doublé par une femme au lieu d’un enfant. Tous les personnages Jiminy Cricket, le chat et le poisson en image de synthèse se montreront bien moins mignons et attachants que dans le dessin animé des années 50 en cherchant à les rendre plus réalistes. De plus il n’est pas rare de constater que les acteurs ne semblent même pas savoir où poser le regard quand il s’adresse à un personnage incrusté en image de synthèse. Comme s’il fallait en ajouter plus à ce massacre il faudra aussi supporter de nouvelles chansons vraiment médiocres par rapport à celles d’origine.

Pinocchio - Copyright Walt Disney Company

L’avantage avec Disney+ c’est que vous pourrez facilement montrer à vos enfants l’original plutôt que cette horrible adaptation live de Pinocchio probablement la pire dans les nombreuses déjà sorties, rien ne va dans le nouveau film de Robert Zemeckis qui ne nous avait jamais autant déçu. Trop Woke et insupportable dans sa volonté d’inclusion à l’excès des actrices noires dans tous les rôles féminins dans une histoire se passant pourtant en Italie, ce long métrage ne restera qu’un pauvre téléfilm pour la plateforme et sera certainement très vite oublié tant il ne sert à rien.

MON AVIS :
0/5

A Lire Aussi

She Will de Charlotte Colbert

SHE WILL de Charlotte Colbert [Critique Ciné]

Porté par Dario Argento, le film d’horreur psychologique She Will sort très discrètement en France alors qu’il mérite bien que l’on s’y intéresse.

Fumer Fait Tousser

FUMER FAIT TOUSSER de Quentin Dupieux [Critique Ciné]

Avec Fumer Fait Tousser, le réalisateur Quentin Dupieux signe le premier film de super sentai français encore plus fou que ses précédents films.

Bones And All

BONES AND ALL de Luca Guadagnino [Critique Ciné]

Loin des amours de vacances de Call Me By Your Name, le réalisateur Luca Guadagnino retrouve Thimothée Chalamet dans le drame horrifique Bones And All.

Le Menu

LE MENU de Mark Mylod [Critique Ciné]

Anya Taylor-Joy joue les trouble-fêtes dans le thriller culinaire Le Menu

Inu-Oh

INU-OH de Masaaki Yuasa [Critique Ciné]

Le réalisateur Masaaki Yuasa nous replonge dans le japon féodal avec son nouveau chef d’œuvre Inu-Oh.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.