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SCARLET ET L’ÉTERNITÉ de Mamoru Hosoda [Critique Ciné]

Scarlet et L'Eternité

Mamoru Hosoda s’inspire de Shakespeare pour son nouveau film Scarlet Et L’Éternité.

Mais à quoi devons nous  ce soudain revival d’Hamlet ?  datant de 1603, l’œuvre de William Shakespeare inspire à nouveau les cinéastes du monde entier avec  trois nouveaux longs métrages en ce début d’année.  Un film avec Riz Ahmed encore sans date de sortie en France, puis Hamnet de Chloe Zao, un des favoris des Oscars et maintenant Scarlet Et L’Eternité, le nouveau film d’animation japonais du maître  Mamoru Hosoda. Présenté en avant première à la Mostra De Venise et au Toronto International Film Festival, il sort enfin ce mercredi 11 mars 2026 en France, quatre ans après son précédent film, le très réussi Belle.

Apres s’être inspiré la fois précédente du conte La Belle Et La Bête, pour son nouveau film Scarlet Et L’Eternité, le réalisateur Mamoru Hosoda semble presque reprendre la même sublime héroïne aux longs cheveux roses pour la plonger cette fois ci dans une œuvre aux inspiration Shakespearienne. La Scarlet  du titre est une jeune princesse du Royaume du Danemark qui va voir son père le roi être trahi par son propre frère. Afin de s’emparer du royaume ainsi que de son épouse la Reine il va accuser à tort le roi de trahison avec de fausses preuves et l’exécuter sur la place publique devant les yeux de la jeune fille. Après avoir muri sa revanche pendant une dizaine d’année, elle va finalement échouer à tuer son oncle.

Scarlet se réveillera alors dans un espèce d’enfer où des âmes torturées vont tenter de la faire disparaûtre. Mais n’ayant pas dit son dernier mot, l’héroïne va être prête à traverser ces plaines arides pour retrouver son oncle qui selon une vielle sorcière sera aussi dans ce monde à la recherche d’une porte vers l’éternité. Dans cet enfer intemporelle, elle va faire la rencontre d’un infirmier du 21ème siècle qui va panser ses blessures et se sentir obligé de l’accompagner pour la protéger.

Contrairement à Hayao Miyazaki dont chaque film est une réussite incontestable, la filmographie de Mamoru Hosoda passe vraiment par des hauts et des bas. Après un Mirai Ma Petite Soeur plutôt moyen, son précédent film était vraiment une magnifique réussite. Nous ne pourrons pas dire la même chose de ce Scarlet Et L’Eternité qui déçoit à nouveau par un scénario ressemblant à du grand n’importe quoi. Ne prenant au final que le point de départ d’Hamlet, le film nous fera suivre suivre cette princesse dans une traversée du désert où elle croisera les bourreaux de son père. Impossible de comprendre pourquoi ils sont là et Mamoru Hosoda ne prendra jamais la peine de nous l’expliquer. Pas plus que nous comprendrons aussi quel est ce dragon dans les nuages qui n’arrêtera pas d’apparaitre pour foudroyer les gens. Scarlet et L’Eternité ne sera qu’une succession de combats parfois en un contre un ou parfois d’armée complète composée de soldats de toutes les époques et de toutes nationalité qui ne seront même pas vraiment spectaculaires.

En plus d’un scénario pour le moins incompréhensible, le plus décevant dans Scarlet Et L’Eternité sera dans sa réalisation. Après l’avoir utilisé jusque là avec parcimonie, Mamoru Hosoda a opté cette fois pour un film entièrement en image de synthése utilisant le procédé du cellshading pour faire croire à un film d’animation traditionnelle. Alors que les américains maitrisent aujourd’hui bien la technique sur les Spider-Man ou sur Le Robot Sauvage, il est incompréhensible de constater que les japonais ne semblent avoir fait aucun progrès en la matière depuis le film Appleseed qui fût l’un des premiers à l’utiliser.

Heureusement, certains gros plans utiliseront l’animation traditionnelle pour mieux faire passer les émotions. Ces plans là sont absolument sublimes et méritent à eux seuls de voir Scarlet Et L’Eternité sur grand écran.  Cet Scarlet est vraiment une très belle héroïne qui méritait bien cela pour la mettre en valeur. L’autre point fort du film est sa musique très originale composée par Taisei Iwasaki. Nous retiendrons surtout un morceau où un solo de batterie accompagne la colère de Scarlet. Malgrè ce scénario obscure, nous comprendront bien en revanche le message principal du film de profiter de la vie plutôt de mener une vie dictée par la vengeance

Scarlet et L'Eternité

Il faudrait aller lire des interviews de Mamoru Hosoda pour savoir  comment on peut passer d’une grande réussite comme Belle à un film globalement aussi vilain et obscure que Scarlet Et L’Eternité. Comment ne pas se rendre compte que ce cell-shading toujours aussi peu au point vient carrément gâcher tout l’esthétique du film ? Très vaguement inspiré d’Hamlet, le scénario nous laissera dubitatif pendant quasiment toute la durée du film. Mais pourtant, nous ne verrons pas vraiment le temps passer ni dire que Scarlet Et L’Eternité est un film vraiment raté rien que par la beauté de son héroïne sublimée dans certains plans et une bande son vraiment originale.

MON AVIS :
Noté 3 sur 5

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