THE FRENCH DISPATCH de Wes Anderson [Critique Ciné]

THE FRENCH DISPATCH de Wes Anderson [Critique Ciné]

The French Dispatch

Sept ans après The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson revient au film live avec The French Dispatch.

Figurant parmi les nombreux grands films dont la sortie a dû être décalée suite à la pandémie, c’est avec encore plus s’impatience que nous attendions le nouveau film de Wes Anderson car c’est en France que le cinéaste est venu cette fois poser sa caméra pour The French Dispatch. Il signe un véritable hommage rétro aux classiques du cinéma français qui porte indéniablement sa patte.

The French Dispatch c’est le nom d’un journal américain qui a choisi de s’installer en France pour plus de liberté. Ses journalistes sont tous de grands écrivains qui y vivent à l’année lorsqu’ils ne sont pas en reportage. C’est en mettant en image trois articles issus du dernier numéro du journal que Wes Anderson a choisi de nous présenter le travail de la rédaction dans trois segments différents reliés pat le fil rouge de la mort du rédacteur en chef.

The French Dispatch

Comme si il avait voulu donner le ton en baptisant sa ville fictive française Ennui sur Blasé, les trois sketches de The French Dispatch sont très inégaux. Le premier sur un prisonnier qui s’est découvert des talents de peintre  lors de son séjour derrière les barreaux est certainement le plus réussi d’entre tous par son humour très décalé. Nous aurons bien plus de mal à accrocher aux suivants. Le deuxième est une histoire d’amour très Nouvelle Vague sur fond de révolte étudiante façon Mai 68. La dernière histoire tourne autour kidnapping  du fils du commissaire d’Ennui Sur Blasé.

Toute la réussite de The French Dispatch ne repose pas sur ces histoires mais plutôt sur leur mise en forme. Dans la lignée de The Grand Budapest Hotel, chaque plan du film semble avoir été composé comme un tableau rempli de détails. Il passe subitement par différents formats d’image et de la couleur pour les scènes du présent au noir et blanc pour les flashbacks. On a plus l’impression que c’est pour son festival de bande dessinée que pour son cadre que Wes Anderson a choisi de tourner The French Dispatch.  La preuve en est cette  folle course poursuite  tout en dessin animé dans un style proche de la ligne claire de la BD franco belge. C’est plus souvent à Paris que nous fait penser cette ville d’Ennui sur blasé avec son métro, sa cathédrale et ses boxes de bouquiniste sur les quais.

The French Dispatch

La majorité des acteurs fétiches ont répondu présent à l’appel de Wes Anderson. Autour de Bill Murray en rédacteur en chef de The French Dispatch nous retrouverons entre autres Owen Wilson, Tilda Swinton, Adrien Brody, Willem Dafoe, Frances Mc Dormand. La liste est bien trop longue pour pouvoir tous les citer. En plus de Léa Seydoux et Mathieu Amalric déjà présents dans The Grand Budapest Hotel, de nombreux acteurs français se rajoutent logiquement au casting de The French Dispatch comme Cécile De France, Denis Ménochet ou Guillaume Gallienne. Timothée Chalamet fait lui aussi son arrivée dans le monde de Wes Anderson avec un nouveau rôle de Dandy qui lu va bien mieux que son rôle dans Dune. Nous retrouvons aussi avec plaisir Christophe Waltz dans une prestation toujours aussi excellente. 

Le plus incroyable est que la plupart de ces grands acteurs ne jouent presque que des figurants dans le film apparaissant si brièvement que l’on se demandera si c’est bien eux et n’ayant bien souvent très peu de lignes de dialogues. Il faut bien avouer que cela est parfois assez frustrant de ne pas profiter plus longtemps de certains d’entre eux. C’est le gros problème de ce film à sketches de ne pas pouvoir prendre le temps de développer correctement son intrigue et de pouvoir nous présenter un peu plus en détails les personnages pour vraiment s’attacher à eux et trouver un intérêt à suivre leur histoire.

The French Dispatch

Nous rappelant pourquoi le cinéma est aussi parfois appelé le septième art, The French Dispatch aurait presque plus sa place dans un musée d’art contemporain que dans les salles obscures tant chaque plan est un splendide tableau. Dommage que ce concept sous forme de sketches ne laissent pas le temps de développer suffisamment les intrigues. L’ennui nous guète parfois dans la bien nommée ville d’Ennui Sur Blasé mais les fans de Wes Anderson se régaleront certainement devant ce nouveau long métrage à l’incroyable mise en scène. 

MON AVIS :
3/5

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