GONE IS GONE : ECHOLOCATION (2017) [Chronique CD]

 

Six mois à peine après la sortie de leur premier E.P., Gone Is Gone est déja de retour dans les bacs en janvier avec un premier album baptisé Echolocation.

 

Gone Is Gone : Echolocation

 

Gone Is Gone est un nouveau groupe formé initialement par le compositeur Mike Zarin, spécialiste de la musique de bandes annonces de films, et le batteur Tony Hajjar qui officiait auparavant dans Sparta et qui vient de retrouver il y a peu ses anciens camarades de At The Drive In. Après avoir collaboré ensemble sur certaines bandes annonces ainsi que sur la musique de jeux vidéo, ils ont décidé de poursuivre leur travail en créant un véritable groupe. Ils ont alors choisi de faire appel à Troy Van Leeuwen, guitariste de Queens Of The Stone Age pour les aider à la composition et ont rapidement convaincu Troy Sanders, bassiste et chanteur de Mastodon, pour chanter dans le groupe et écrire les paroles des chansons. Malgré ce prestigieux line up, ils ne veulent pas se considérer comme un « supergroupe » éphémère mais comme un véritable groupe appelé à durer.

Ce qui est certain c’est que Gone Is Gone ne manque pas d’inspiration pour le moment car après un premier E.P. éponyme sorti en juillet 2016 qui comptai déjà huit titres, c’est avec onze nouvelles chansons que le quatuor est déjà de retour le 6 janvier 2016 avec leur premier album Echolocation. Un disque enregistré au Sencit Studios de Los Angeles et à la Casa De Leones Studios qu’ils ont eux même produit avant d’en laisser le mixage à  Ken Andrews du groupe Failure qui avait travaillé précédemment pour A Perfect Circle et Beck.

 

Gone Is Gone

 

Impossible de coller une étiquette à Gone Is Gone pour véritablement qualifier leur musique. Si il se considère eux même comme un groupe de métal expérimental,  le groupe profite en fait des univers musicaux très variés de ses musiciens pour mélanger les genre et proposer un style différent sur presque chaque chanson. Echolocation commence par un titre bien planant et éthéré intitulé Sentient qui commence à la Pink Floyd avant que la basse et les guitares saturés donnent un aspect plus métal faisant un peu penser à Deftones.

Sur le second titre Gift, on sent clairement l’apport du guitariste Troy Van Leeuwen  pour un coté stoner à la Queens Of The Stone Age. Il faut en profiter car il s’agira ici d’un des titres les plus dynamiques de cet album grâce à la basse de Troy Sanders et un Tony Hajjar qui s’en donne à cœur joie derrière les fûts.C’est la même combinaison basse batterie qui tient encore le morceau suivant Resurge qui fait un peu penser à du Tool en moins sombre.

 

 

Choisi pour faire l’objet d’un clip le titre Dublin fait lui vraiment dans l’expérimental avec des arrangements très surprenants où la rythmique est assurée par des bruits métalliques étranges et où la guitare joue sur les harmoniques. Tout en restant toujours sur le même effet d’apesanteur, Ornament est un titre un peu dynamique où la batterie reprend du service avec une basse saturée apportant un peu plus de violence à ce titre qui pourrait faire penser à du Porcupine Tree.

Les bruits de guitares sur Pawns rappelle les débuts d’un titre de Megadeth alors que le reste du titre n’a plus rien à voir. C’est encore la basse qui porte le morceau alors que Troy Sanders est pourtant déjà bien occupé sur ses parties de chant. la lourdeur de ce titre devrait séduire les plus « métalleux » des fans de Gone Is Gone et Mastodon. Le calme revient sur Colourfade, ballade aux sonorités étranges encore porté par une magnifique ligne de basse et où le chanteur combine trois ou quatre styles de voix se mélangeant entre elles.

 

 

C’est par les paroles que l’on reconnaîtra la reprise du titre Roads de Portishead car les arrangements choisis par Gone Is Gone revisitent complètement la chanson originale avec plus de guitares et que Troy Sanders n’a clairement pas la même voix que Beth Gibbons et ne cherche de toute manière pas à l’imiter. Les deux chansons suivantes Slow Awakening et Fast Awakening forment un exercice amusant puisqu’il s’agit en fait exactement de la même chanson joué à des rythmes différents. D’abord plus lente voir presque même doom dans sa manière de faire traîner les guitares, elle devient dans Fast Awakening un titre carrément Punk qui est du coup presque deux fois plus court. Cela montre à quel point on peut jouer avec les chansons pour leur donner la couleur que l’on veut.

Gone Is Gone nous surprend encore avec le titre Resolve, simple ballade à la guitare acoustique accompagnée malgré tout d’arrangements sonores électroniques qui apportent un peu de profondeur au titre. L’album se termine par le titre Echolocation qui lui donne justement son nom, un morceau qui a tout pour devenir un hit en radio qui reflete bien toute la palette de styles de ce premier album tout en restant très accessibles pour toutes les oreilles. Du tube en puissance !

 

 

Gone Is Gone offre un mélange au potentiel énorme entre différents styles très éloignés mais ce premier album manque parfois un peu d’originalité tant on y ressent encore trop les nombreuses influences du groupe. Si on lui laisse le temps, le groupe pourrait bien nous surprendre dans la richesse de ses arrangements. Ce premier disque sort peut être trop vite après un premier E.P. et aurait mérité d’être encore enrichi mais les débuts sont déjà plus que prometteur.

 

MON AVIS : 4/5

 

 

TRACKLISTING :

  • 01. Sentient
  • 02. Gift
  • 03. Resurge
  • 04. Dublin
  • 05. Ornament
  • 06. Pawns
  • 07. Colourfade
  • 08. Roads
  • 09. Slow Awakening
  • 10. Fast Awakening
  • 11. Resolve
  • 12. Echolocation

 

LINE UP :

  • Mike Zarin : Guitares / Claviers
  • Tony Hajjar : Batterie
  • Troy Sanders : Chant / Basse
  • Troy Van Leeuwen : Guitares

 

FICHE TECHNIQUE :

  • PRODUCTEUR : Gone Is Gone
  • MIXAGE : Ken Andrews 
  • GENRE : Metal Experimental
  • LABEL : Rise Records 
  • SITE OFFICIELhttp://goneisgoneofficial.com/
  • DATE DE SORTIE : 6 janvier 2017