LE GRAND BAIN de Gilles Lellouche [Critique Ciné]

 

Le Grand Bain

 

Gilles Lellouche se jette à l’eau en passant pour la première fois en solo derrière la caméra pour réaliser Le Grand Bain, un The Full Monty à la française qui révèle un nouveau talent.

 

 

SYNOPSIS : En dépression depuis deux ans, Bertrand décide de rejoindre une équipe amateur de natation synchronisée masculine. Loin d’être de supers athlètes, ils sont là avant tout pour passer un bon moment tous ensemble. Face aux railleries de leur entourage, ils vont prouver qu’ils valent bien mieux que ce qu’ils pensent en allant tenter leur chance au championnat du monde.

 

Quatorze ans après son premier film Narco réalisé avec Tristan Arouet et six ans après le film à sketchs Les Infidèles avec qui il collaborait avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche a choisi d’écrire et réaliser tout seul Le Grand Bain. Une comédie dramatique qui lui tient à cœur depuis plus de cinq ans et qui voit enfin le jour cette année avec l’aide de Ahmed Hamidi l’ancien scénariste des Guignols de Canal+ et de Julien Lambroschini, co-scénariste des films de Mélanie LaurentPlonger et Respire. Ils signent ensemble une sorte de The Full Monty qui fait souffler un vent d’air frais sur la comédie française.

 

Le Grand Bain

 

Dès l’introduction de Le Grand Bain, on sent que Gilles Lellouche impose déjà sa patte. Cette première scène qui peut faire penser à Cédric Klapisch ou Danny Boyle fait preuve d’une réelle originalité qui laisse à penser que le film va se démarquer de ce que l’on a l’habitude de voir dans le cinéma français. Le film s’intéresse ensuite tout d’abord au personnage joué par Mathieu Amalric, colonne vertébral de ce film choral très bien peuplé. Il faudra cependant attendre une bonne dizaine de minutes avant de découvrir le reste de la bande. Mais alors que le casting est vraiment en béton armé, Gilles Lellouche ne cherche pas à les mettre du tout en valeur. Si on ne sait pas à l’avance qui joue dans le film avant d’assister à la séance, on sera presque surpris de reconnaître subitement de loin Guillaume Canet, Benoit Poelvoorde ou Jean-Hughes Anglade, des habitués des rôles en tête d’affiche, effacer leur égo pour former une véritable bande avec d’autres plus habitués aux seconds rôles comme Philippe Katerine ou Alban Ivanov.

Ce n’est que très progressivement que chacun de ces personnages sera mis en lumière dans des scènes en solo qui montrent leur cadre de vie.  On découvrira une brochette de personnages en souffrance tous mal dans leur peau ou submergés par les ennuis qui trouvent un certain réconfort à pouvoir se réunir ainsi une ou deux fois par semaine pour un entraînement calamiteux suivi d’un moment de cohésion et de confession souvent bienfaiteur autour d’un joint et de quelques verres.  Certains acteurs auraient pu faire des caprices mais cette joyeuse bande n’a visiblement peur de rien en acceptant d’être filmé avec leur bourrelets qui enlèveront des complexes à beaucoup d’hommes.

 

Le Grand Bain

 

Les occasions de rires seront nombreuses devant Le Grand Bain surtout grâce à Philippe Katerine et Benoit Poelvoorde vraiment là pour apporter la touche comique au film avec des performances proches de ce qu’ils ont l’habitude de nous offrir. Mathieu Amalric, Guillaume Canet et Jean-Hughes Anglade jouent eux sur une fine ligne entre la comédie et le drame. Il faut avouer que l’on sera parfois un peu gêné de rire de certaines situations qui paraissent drôle à voir mais qui ne serait vraiment pas marrantes à vivre. Tout cela se justifie cependant dans une grande scène finale qui devrait faire venir les larmes aux plus sensibles. On regrettera cependant de voir que certains membres de l’équipe ne sont malheureusement pas du tout mis en avant comme Félix Moati et Alban Ivanov qui ne font que de brèves apparitions et ne se verront pas développer de véritables background. Gilles Lellouche devrait s’inspirer un peu plus de Toledano et Nakache pour qui il a tourné dans Le Sens De La Fête où chacun des personnages avaient vraiment son moment pour briller.

Il ne faut pas oublier de parler des femmes qui si elles sont absentes de l’affiche jouent pourtant un rôle important dans Le Grand Bain. Elles sont un véritable soutien pour ces hommes en perdition qu’elles soient épouse comme Marina Fois, fille comme Noée Abita (révélation du film Ava) et surtout entraîneuse avec d’abord Virgine Efira qui applique une méthode douce et thérapeutique pour les entraîner avant d’être remplacée par une Leïla Bekhti comme on l’a jamais vue très autoritaire et en fauteuil roulant et pourtant très amusante. Il y a aussi quelques boulets pour les traîner vers le fond comme la mère du personnage de Guillaume Canet à moitié folle jouée comme toujours avec brio par une Claire Nadeau habitué à l’exercice, ou encore une Mélanie Doutey en belle-sœur bourgeoise.

 

Le Grand Bain

 

C’est une très bonne surprise que ce premier film en solo réalisé par Gilles Lellouche, on sent qu’il a apporté beaucoup de soins à l’écriture du film mais aussi à son aspect visuel. Il faut saluer le courage et l’humilité de cette belle brochette d’acteurs qui ont su s’effacer pour dépeindre ces personnages de losers qui tentent de reprendre leur vie en main. On se retrouve devant un film à la fois très drôle et quelque fois émouvant qui mérite vraiment d’être vu et révèle un réalisateur à suivre de près.
MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Gilles Lellouche
  • AVEC : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hughes Anglade, Philippe Katerine, Virgine Efira, Leïla Bekhti & Marina Foïs
  • SCENARISTES : Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi et Julien Lambroschini
  • COMPOSITEUR : John Brion
  • GENRE : Comédie Dramatique
  • DURÉE :  2h02
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : StudioCanal
  • DATE DE SORTIE : 24 octobre 2018

 

Critique rédigée le 4 octobre 2018