COMME UN LUNDI de Ryo Takebayashi [Critique Ciné]
Un Jour Sans Fin devient une semaine entière dans la délirante comédie japonaise Comme Un Lundi.
Cela fait déjà des mois que la comédie japonaise Comme Un Lundi circule dans les salles de cinéma françaises entre le Festival des Saisons Hanabi de son distributeur Art House et de multiples avant-premières. Mais ceux qui attendaient la sortie officielle en salles ont du prendre leur mal en patience. C’est enfin ce mercredi 8 mai 2024 que ce long métrage sort enfin officiellement en France malheureusement face aux poids lourds La Planète Des Singes : Le Nouveau Royaume et Blue Et Compagnie. Mais pour tous les spectateurs à la recherche d’un peu d’originalité, le choix sera vite fait.
Premier film de Ryo Takebayashi, dont il est également le scénariste, Comme Un Lundi est une nouvelle variation autour de la boucle temporelle. Avec pour modèle la comédie culte Un Jour Sans Fin, nous ne comptons désormais plus les films et séries à nous avoir raconté ce genre d’histoire. Comme Un Lundi diffère cependant un peu car ce n’est pas seulement la même journée qui reviendra en boucle ici mais carrément une semaine entière.
Dans Comme Un Lundi, nous suivrons Akemi Yoshikawa, une employée d’une petite agence publicitaire qui travaille avec ses collègues sur une campagne pour promouvoir une soupe miso effervescente. Sa dernière mission pour cette agence qui sera déterminante pour le nouveau poste qu’elle convoite depuis toujours. Avertie, non sans mal, par des collègues qu’ils sont coincés dans une boucle temporelle qui leur fait revivre cette même semaine encore et encore, ils vont tenter ensemble de le faire réaliser à leurs autres collègues pour tenter de trouver un moyen de briser cette boucle.
Forcement tous films et séries se déroulant dans un bureau fait irrémédiablement penser à la série The Office. Leur boss sans aucune autorité qui passe toutes ses journées à lire des mangas pendant que les autres travaillent d’arrache pied n’est en effet pas sans rappeler Michael Scott. Mais Comme Un Lundi permet de voir surtout les méthodes de travail à la japonaise que presque personne en France serait prêt à suivre. Ces employés n’hésitent pas à trimer tous les jours, week-end compris, sans compter les heures ni même rentrer chez eux pour dormir.
Là où la majorité des films japonais qui sortent en France reposent sur un rythme lent et beaucoup de non-dits, Comme Un Lundi propose un rythme bien plus trépident et une courte durée d’à peine 1h23 qui ne nous laissera pas voir le temps passer. Par son montage, le début du film pourrait rappeler Shaun Of The Dead ou Requiem For A Dream et promet un film particulièrement délirant. Malheureusement à se faire s’enchainer très vite de nombreuses semaines, le réalisateur ne nous laissera que trop peu de temps pour nous attacher réellement aux personnages et à leur sort.
Une fois que ces employés seront sur la bonne voie pour se sauver de cette situation, Comme Un Lundi perdra un peu trop l’aspect délirant de son début. Cette boucle temporelle semblera même devenir encombrante dans l’intrigue tant elle ne devient qu’un frein à l’exécution de leur plan tout en leur laissant pourtant une grande liberté d’action et de déplacements au cours de la semaine. C’est à se demander si ce procédé qui marche très bien pour une simple journée dans Un Jour Sans Fin ou même Happy Birthdead ne devenait pas trop ambitieux étendu à une semaine.
D’un point de départ prometteur, Comme Un Lundi n’est au final pas aussi délirant que ce que nous pouvions imaginer. Peut être en attendions nous un peu trop du premier film de Ryo Takebayashi, extrêmement divertissant mais pas assez abouti et innovant pour réellement marquer les esprits. Reste à voir ce que le jeune cinéaste nous réservera à l’avenir.
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