A GHOST STORY de David Lowery [Critique Ciné]

 

A Ghost Story

 

Les poches pleines après avoir réalisé le remake de Peter Et Elliott Le Dragon, le réalisateur David Lowery revient au cinéma indépendant avec A Ghost Story, un long métrage inclassable réservé à un public amateur de divagation intellectuelle.

 

 

SYNOPSIS : Tué dans un accident de la route, C va revenir sous le forme d’un fantôme invisible pour assister impuissant au deuil de son amoureuse M dans leur maison. Il regardera le temps qui passe sans quitter leur ancienne maison pendant des années et des siècles.

 

Longtemps resté sans distributeur tant il paraissait impossible à promouvoir, A Ghost Story a bien failli ne jamais sortir en France. Mais fort de trois récompenses lors de la dernière édition du Festival de Deauville, Universal Pictures s’est enfin décidé à sortir le nouveau long métrage de David Lowery dans les salles en cette fin d’année 2017. Produit par A24 a qui l’on doit déjà les surprenants The Witch et It Comes At Night, A Ghost Story est très loin de l’histoire de fantômes à laquelle on pouvait s’attendre. C’est en effet plutôt le genre de film que l’on va aimer ou détester dès les premières secondes et qui divisera sans aucun doute les spectateurs.

 

A Ghost Story

 

L’incursion de David Lowery dans le royaume de Mickey avec le remake de Peter Et Elliott Le Dragon, nous avait presque fait oublier  à quel point le réalisateur était inspiré par Terrence Malick. Déjà flagrante dans Les Amants Du Texas, cette influence se ressentira immédiatement dès les premières minutes de A Ghost Story par son rythme très lent et le soin apporté aux images. Pour donner un coté un peu rétro et original au long métrage, David Lowery voudrait nous faire croire à une projection en 1.33, format carré aux angles arrondis comme on peut le voir dans la bande annonce. Le début du film nous présentera le couple dans des plans séquences qui montrent leur amour et donnent des indices sur ce qu’il va se passer. Le réalisateur réunit ici Rooney Mara et Casey Affleck, les héros des Amants Du Texas auxquels il ne donnera même pas de nom ici. Elle s’appelle seulement M et lui C.

Victime d’un accident de la route juste devant leur maison assez incompréhensible sur une ligne droite, C va perdre la vie et le film va prendre une autre tournure. C’est sous la forme d’un Drap Blanc avec des trous pour les yeux digne du déguisement de fantôme le plus simple que l’on peut faire qu’il va faire son retour auprès de sa bien aimée sans être visible. Si on pensait alors se retrouver devant un film sur le deuil de la jeune femme, c’est en fait le fantôme qui reste le héros de l’histoire car une fois que M aura fini sa période de deuil, nous ne reverrons plus Rooney Mara pendant une bonne partie du film, nous laissant seul avec ce drap dont on n’est même pas sur qu’il s’agit bien de Casey Affleck puisqu’il ne dira pas un seul mot. La seule scène de dialogue avec le fantôme d’en face se fera étrangement juste avec les sous titres car les deux spectres ne sortiront pas un son.

 

A Ghost Story

 

Dans ce troisième acte, le fantôme va voir passer les années et les siècles tout en restant toujours dans la maison, terrorisant les nouveaux habitants et restant la même dans un futur lointain jusqu’à ce qu’une boucle temporelle nous ramènera à une sorte d’hommage à La Petite Maison Dans La Prairie. Quasiment sans dialogues, parfois même sans musique, on s’ennuiera ferme dans ce qui ressemble presque plus à une projection de photos tant chaque plan est soigné mais ne raconte aucune histoire. Comme dans les films de Terrence Malick, ceux qui encensent A Ghost Story sont encore ceux qui vont partir dans une masturbation intellectuelle qui dépasse probablement même les intentions du réalisateur comme c’est souvent le cas dans tous les films lents et creux de ce genre. Pour les spectateurs plus terre à terre, ils seront plus d’un a vouloir quitter la projection avant la fin du film.

A Ghost Story est vraiment un film inclassable car il n’a en fait absolument rien de fantastique en dehors du fait qu’il met en scène un fantôme. Rooney Mara est touchante dans la phase de deuil même si une scène en plan fixe de cinq bonnes minutes où elle dévore une tarte a tendance à déclencher de rires nerveux chez les spectateurs. Même si le drapé du fantôme semble lui donner parfois des expressions, le film ne sera émouvant qu’en nous rappelant nos propres deuils. Désolé pour les fans de Casey Affleck mais il sera bien difficile de juger sa prestation alors qu’il reste caché la plupart du temps sous un drap.

 

A Ghost Story

 

Difficile de comprendre en quoi A Ghost Story mérite-t-il un tel engouement de la part des média et comment il a pu recevoir tant de prix au Festival De Deauville. En digne descendant de Terrence Malik, le réalisateur David Lowery semble avoir la carte pour être ainsi encensé pour si peu. Certes si le film compte quelque beaux plans mais il manque cruellement d’une véritable histoire pour être plus qu’un simple diaporama de belles images. Les fans de Rooney Mara et Casey Affleck seront peut être aussi déçus de les voir si peu au final en 1h30. A Ghost Story séduira avant tous les adeptes de divagations intellectuelles plus que ceux en quête d’un véritable film fantastique ou dramatique.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : David Lowery
  • AVEC : Casey Affleck Rooney Mara
  • SCÉNARISTE : David Lowery
  • COMPOSITEUR : Daniel Hart
  • GENRE : Drame, Fantastique
  • DURÉE : 1h32
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Universal Pictures International France
  • SITE OFFICIELhttps://aghost.store/shop/welcome
  • DATE DE SORTIE : 20 décembre 2017