BLACK PANTHER : WAKANDA FOREVER de Ryan Coogler [Critique Ciné]

BLACK PANTHER : WAKANDA FOREVER de Ryan Coogler

Black Panther : Wakanda Forever

Attendu comme le messie capable de sauver les salles obscures, Black Panther : Wakanda Forever se montre t-il à la hauteur ?

Le 28 août 2020 nous apprenions avec stupeur la mort de l’acteur Chadwick Boseman qui était resté très discret sur la grave maladie qui l’affectait. Si cette disparition soudaine aurait dû par respect mettre un terme au moins provisoire à la saga Black Panther, c’était sans compter sur l’appât du gain de Disney qui n’allait certainement pas s’asseoir sur la manne financière que représente une suite au grand succès de 2018. Et si le studio aux grandes oreilles a joué la carte du bluff en laissant croire que ce deuxième épisode pourrait sortir en France directement sur la plateforme Disney+, c’est finalement bien au cinéma qu’il vient de sortir ce mercredi 9 novembre 2022 pour le plus grand bonheur des exploitants.

Forcément la mort de son interprète principal aura obligé le réalisateur et scénariste Ryan Coogler à réécrire une bonne partie de cette suite. Comme dans la vraie vie, c’est d’une maladie incurable cachée de tous qu’il a choisi de faire mourir le Roi T’Challa. Le film commencera directement par ses funérailles avant que l’animation du logo des Marvel Studios lui soit entièrement dédiée. L’histoire débutera réellement un an plus tard, sa mère a repris le trône vacant du Wakanda et se retrouve en conflit avec la France et les États-Unis qui cherchent à tout pris a s’emparer du précieux vibranium. Cette cupidité mettra en colère, un ennemi caché nommé Namor qui défend le précieux métal depuis les profondeurs de l’océan et qui est prêt a défier le monde entier pour en rester maitre.

Si Disney avait bien dit qu’il ne ferait pas jouer le rôle de T’ Challa par un autre acteur, ils n’ont pas pu cacher à des fins commerciales que le Black Panther reprendrait bien du service dans cette suite sur l’affiche et dans la seconde bande annonce. Il faudra cependant attendre une bonne heure et demi avant de voir apparaître cette nouvelle incarnation du Black Panther. Délaissant le plagiat de James Bond qu’était le premier film, Wakanda Forever compte désormais sur deux niches pour attirer les spectateurs, le public noir déjà venu en masse applaudir le premier super héros de leur couleur mais aussi également cette fois ci le public féminin en donnant les rôles principaux aux actrices du premier film.

Alors qu’il aurait certainement pu boucler son histoire en 1h30, Ryan Coogler laisse traîner son film au fil de scènes plus inutiles les unes que les autres. Beaucoup trop de dialogues, de scènes contemplatives ennuyeuses et quelque scènes d’action qui ressemblent bien trop à ce que l’on a déjà vu dans la trentaine de films du Marvel’s Cinematic Universe. Mais surtout le réalisateur confirme sa médiocrité en ayant choisi une image particulièrement sombre pour son film même dans les scènes en plein jour. Une défaut déjà présent dans le premier film d’autant plus gênant qu’il empêche bien souvent de distinguer les expressions sur les visages des acteurs dont on ne distinguera que les yeux et les dents. S’il n’était pas dirigé par un réalisateur noir, le film aurait largement pu être taxé de raciste avec les accents africains poussés tels une imitation de Michel Leeb pris par les acteurs et les cris de singe poussés par un des peuples Wakandais.

Propulsée en tête d’affiche, Letitia Wright n’a clairement pas les épaules pour endosser une telle responsabilité. Très amusante en second rôle dans le premier film, elle n’a pas le charisme ni la carrure d’une super héroïne. Cela donne une Black Panther qui parait totalement rachitique et ne fait clairement pas le poids face à ses adversaires. Quand à Namor, le grand méchant très attendu incarné ici par Tenoch Huerta, il ne se montrera carrément pas à la hauteur pour représenter une véritable menace. Le grand combat final entre ces deux personnages sera clairement une déception tant il enchaîne les incohérences et les facilités scénaristiques. Il sera aussi gênant de voir que le peuple dirigé par Namor ressemble beaucoup trop aux personnages d’Avatar. Quand aux différents second rôles, ils n’arriveront pas plus à sauver le film. Black Panther : Wakanda Forever marque la première apparition peu convaincante d’Ironheart, la prétendue héritière de Tony Stark dont l’armure ressemble à un Transformers ridicule et dont les relations avec le milliardaire disparu resteront floues.

Une fois de plus, il y aura de quoi se demander ce que font tous les autres Avengers durant ce temps. Les scénaristes écrivant à chaque fois leurs films sans prendre en compte ce qui se passe dans les autres films Marvel. Il sera bien difficile de placer Black Panther : Wakanda Forever dans la chronologie des événements de la Phase IV. Le Snap de Thanos qui a pourtant laissé le Wakanda sans dirigeant n’a finalement eu aucune conséquence et les événements du Multivers ne semble pas non plus avoir atteint la région. Nous pourrons aussi nous étonner de voir que Ryan Coogler a choisi de placer une information capitale dans la scène post générique que beaucoup de spectateurs ne verront pas. A l’image de ses prédécesseurs, ce dernier film de la Phase IV est le dernier clou sur le cercueil de cette phase la plus médiocre du Marvel’s Cinematic Universe qui n’aura définitivement servit strictement à rien. 

Si le premier Black Panther n’était déjà pas un grand film, cette suite sans son véritable héros ne pouvait être qu’une catastrophe. A l’image du reste de cette Phase IV, c’est une nouvelle déception de voir ainsi se succéder les films sans aucune inspiration qui nous donne une impression de déjà vu. Bien que très sympathique, Letitia Wright n’a carrément pas les épaules pour incarner Black Panther même face à un adversaire aussi peu inquiétant que ce décevant Namor guère charismatique. Wakanda Forever est un film totalement bâclé mais Disney n’en a rien à faire car juste le nom leur assurera un succès peu importe la qualité du film.

MON AVIS :
1/5

A Lire Aussi

Bones And All

BONES AND ALL de Luca Guadagnino [Critique Ciné]

Loin des amours de vacances de Call Me By Your Name, le réalisateur Luca Guadagnino retrouve Thimothée Chalamet dans le drame horrifique Bones And All.

Le Menu

LE MENU de Mark Mylod [Critique Ciné]

Anya Taylor-Joy joue les trouble-fêtes dans le thriller culinaire Le Menu

Inu-Oh

INU-OH de Masaaki Yuasa [Critique Ciné]

Le réalisateur Masaaki Yuasa nous replonge dans le japon féodal avec son nouveau chef d’œuvre Inu-Oh.

La Maison

LA MAISON de Anissa Bonnefont [Critique Ciné]

Ana Girardot se dévoile comme jamais pour entrer dans la course aux César avec son rôle dans La Maison.

Couleurs De L'Incendie

COULEURS DE L’INCENDIE de Clovis Cornillac [Critique Ciné]

Suite d’Au Revoir Là-Haut, le roman Les Couleurs De l’Incendie de Pierre Lemaitre est à son tour adapté au cinéma par Clovis Cornillac

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.