ENGLOUTI de Brian Duffield [Critique Ciné]
Comme un improbable remake de 127 Heures dans le ventre d’une baleine, Englouti est l’un des films à fuir cette semaine.
Sale temps pour l’acteur Austin Abrams ! Après avoir déjà vécu le pire des cauchemars dans la dernière adaptation très réussie du jeu vidéo Resident Evil, le voici maintenant confronté à une baleine dans Englouti. Un nouveau survival précédé par un bouche à oreille très positif qui a su susciter notre curiosité mais qui est en réalité l’un des films les plus stupides de l’année.
Dans Englouti, Austin Abrams tient le rôle de Jay Gardiner qui avait une relation conflictuelle avec son père, capitaine d’un bateau de plongée sous-marine. Atteint d’une grave maladie, celui-ci a préféré se laisse couler dans l’océan plutôt que de mourir dans un lit d’hôpital. Pour aider sa famille à faire le deuil face à ce cercueil vide, Jay décide de partir à la recherche de la dépouille de son père au fond de l’océan mais rapidement il se fera engloutir vivant par une immense baleine.

Resté vivant dans le ventre de la bête, nous nous demanderons alors ce que cette improbable histoire va nous réserver. Englouti est en fait une espèce de croisement entre l’épisode de la baleine dans Pinocchio et les survival en milieu clos Buried et 127 Heures. Sauf qu’au lieu d’un cercueil ou de roches, c’est au milieu des entrailles de la baleine que Jay se retrouve coincé. Un décor assez dégoutant qui risque de vous couper l’envie de finir votre popcorn . Pour certains connaisseurs cet environnement leur rappellera aussi sans doute des anime porno japonais tel que Urotsukidoji sans aller tout de même dans les mêmes extrémités.
Probablement personne n’a vécu une telle expérience pour pouvoir la raconter mais il faudra vraiment être très conciliant pour gober cette improbable histoire. l’amusante question qui nous viendra à l’esprit est que ferions-nous dans pareille situation ? Devons-nous chercher à ressortir par la bouche ou risquer de passer par les intestins ? Alors que Jay semblera coincé dans les entrailles de la baleine, curieusement de grands passages lui seront parfois subitement ouverts pour tenter de s’en sortir. Il fallait bien cela pour créer un peu de rebondissements dans cette histoire mais dans l’ensemble nous aurons tout de même bien du mal à y croire.
Alors que l’ennui ne tardera pas à nous gagner, l’autre question qui nous viendra rapidement en tête est comment le réalisateur Brian Duffield et ses équipes ont réussi à reconstituer ainsi le système digestif de la baleine. C’est limite si le making-of ne serait pas plus intéressant que le film en lui même pour voir dans quoi a bien pu être enfermer l’acteur Austin Abrams. Une fois de plus il faut vraiment saluer cette prestation qui n’a pas du être évidente pour rendre crédible le calvaire vécu par son personnage.
Cette situation pour le moins improbable, laissera le héros d’Englouti se plonger en pleine introspection. Comme dans le 127 heures de Danny Boyle, des scènes de flashbacks viendront nous raconter sa relation compliqué avec un père autoritaire joué par Josh Brolin qui se prend un peu pour Popeye avec ses gros muscles et ses tatouages de marin. Adaptation du roman Whalefall de Daniel Kraus, nous sentirons bien que l’auteur s’est servi de cette histoire pour faire le deuil de son propre père. De quoi toucher certains spectateurs même si finir par identifier son paternel à la baleine est assez ridicule. Focalisé sur ces deux personnages, Brian Duffield ne semble même pas s’être rendu compte à quel point son héros semble curieusement ne rien avoir en commun avec ses sœurs et sa mère. Leur relation semble particulièrement froide et distante malgré le lien familial qui devrait les unir sans que le réalisateur nous donne de raisons à cela.
Nous avions bien fait de ne pas trop croire au buzz qui précédait la sortie d’Englouti. L’ennui nous gagnera rapidement devant cet improbable huis clos où les scènes de grand n’importe quoi rivaliseront de bétise les unes après les autres pour s’achever avec un pathos encore plus pénible dans sa dernière partie introspective. Dans ce ratage, Austin Abrams arrive encore à tirer son épingle du jeu en rendant crébile son enfermement dans les entrailles de la baleine tandis que Josh Brolin pourrait tout de même se trouver mieux que ce genre de rôle secondaire très cliché.
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