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DRACULA de Luc Besson [Critique Ciné]

Dracula de Luc Besson

Sans surprise, le Dracula de Luc Besson s’inscrit dans la longue liste des adaptations les plus ratées de l’oeuvre culte de Bram Stoker.

Sous prétexte qu’une œuvre tombe dans le domaine public, cela donne t-il pour autant le droit d’en faire n’importe quoi ? Si on ne compte plus les adaptations ratés, rien que de voir le nom de Dracula accolé à celui de Luc Besson fait déjà froid dans le dos. Ce n’est donc pas sans un certaine appréhension que nous pousserons la porte de la salle de cinéma pour découvrir quel massacre de l’œuvre de Bram Stoker le réalisateur de Lucy et Dogman allait encore commettre.

Il faudra  moins de deux minutes pour déjà regretter d’avoir mis les pieds dans un tel traquenard. Le célèbre Vlad L’Empaleur nous est présenté comme un gros « canard » batifolant toute la journée avec sa bien aimé dans sa chambre à coucher. Pendant qu’il sera trainé de force au combat, sa fiancée décidera de quitter sans raison l’abris de leur château pour s’enfuir non pas protégée dans un carrosse mais à cheval dans sa tenue de princesse à longue traine qui fait de belles images mais qui est totalement inappropriée pour prendre la fuite. Elle finira, comme les pauvres spectateurs que nous sommes, par tomber dans un guet-apens qui lui coûtera la vie. C’est la que le prince Vlad renoncera à Dieu et deviendra une créature immortelle.

Dracula de Luc Besson

Les choses se gâteront encore  plus par la suite en découvrant à quel point Luc Besson ne s’est vraiment qu’à peine inspiré du roman de Bram Stoker pour inventer sa propre variation de cette histoire déjà si souvent piétiner au sol. Le réalisateur et scénariste a décidé de resituer l’histoire à Paris en 1889 au milieu des célébrations du 100e anniversaire de la Révolution Française et en pleine exposition universelle. Allez bien savoir pourquoi puisque cela n’aura aucune incidence sur l’histoire. A vocation international, cela ne posera pas de problème que tout le monde à Paris soit obligé de parler en anglais avec un mauvais accent français et que l’on y parle curieusement plus de la Reine d’Angleterre que du Président français de l’époque. 

Le début de ce Dracula nous montrera que Luc Besson n’a que faire des personnages imaginés par Bram Stoker. Lucy la première victime du roman est ici remplacée immédiatement par une vampire de 130 ans nommée Maria découverte après un pétage de plomb durant son mariage. Pour lui venir en aide sera convié un prêtre chasseur de vampires faisant irrémédiablement songer à Van Helsing mais qui ne sera jamais nommé. Ce n’est que sur le tard que Jonathan Harker apparaitra dans l’histoire mais au lieu d’être invité par le Comte, c’est de lui même qu’il est venu le démarcher dans son château pour lui racheter une de ses propriété à Paris pour en faire un hôpital.

Dracula de Luc Besson

Apres une scène d’accueil au château fidèle au roman mais tout de même aussi très calquée sur l’adaptation de Francis Ford Coppola. Le film atteindra déjà le sommet du ridicule en faisant entrer en scène de petites gargouilles numériques qui servent de serviteurs à Dracula. Plus drôles que terrifiantes, elles donneront alors l’impression de se retrouver devant un live action de Disney. À mille lieux du film de Francis Ford Coppola et des classiques de la Hammer, c’est à se demander si ce Dracula n’a pas été conçu comme une comédie tellement le film est risible. Malheureusement nous n’aurons clairement pas le cœur à rire face à un tel ratage.

Comme un mauvais élève qui lorsqu’on lui demande de lire un livre préfère regarder l’adaptation cinématographique, Luc Besson est clairement grillé. Contrairement à ce qui est indiqué, ce n’est pas du roman de Bram Stoker que Luc Besson s’est inspiré mais bel et bien du scénario du film culte de Francis Ford Coppola. En bon gros Bisounours, le réalisateur n’a vu en Dracula qu’une tragique histoire d’amour, thème de la bonne majorité de ces plus grands navets. Le hic c’est que cette histoire de recherche de la réincarnation de sa bien aimée n’est absolument pas dans le roman mais a été inventé par Francis Ford Coppola qui n’est absolument pas crédité au générique. Curieusement Luc Besson a dépourvu son Dracula de son pouvoir naturel de séduction. Comme si l’œuvre de Bram Stoker n’était pas assez riche, il préfère aller chercher dans le célèbre roman de Patrick Suskind l’idée d’un parfum que le vampire doit utiliser pour rendre folle de lui toute les femmes. Un délire du réalisateur qui donnera lieu a une grande scène de ballet dépassant les sommets du ridicule.

Dracula de Luc Besson

Les problèmes de ce Dracula ne viennent pas que du scénario mais aussi de sa réalisation catastrophique. Le film souffre clairement d’une image numérique bien trop lisse qui lui ôte tout aspect cinématographique. Luc Besson a une manière de filmer qui se reconnait toujours et qui ne colle pas à cette histoire. Nous ne féliciterons clairement pas non plus le directeur photo incapable de donner une patine fantastique à ce long métrage là où chaque image du film de Francis Ford Coppola était un pur chef d’œuvre. Il fait aussi vraiment pale figure face au récent Nosferatu de Robert Eggers qui bien que décevant en terme d’histoire était visuellement magnifique Ce n’est malheureusement pas non plus la musique de Danny Elfman reproduisant toujours les mêmes effets qui viendra sauver le film car Luc Besson n’est clairement pas non plus au niveau d’un Tim Burton dont le Dark Shadows vaut bien mieux que ce Dracula. Seuls les maquillages du vampire seront à mettre dans les points positifs du film.

Il semblerait que Luc Besson a eu bien du mal pour boucler le casting de son Dracula. Né d’une discussion avec Caleb Landry Jones sur le plateau de Dogman, c’est en toute logique que l’acteur se retrouve à incarner le Prince Des Ténèbres. Loin d’être aussi charismatique qu’un Christopher Lee ou qu’un Gary Oldman, il est parfait pour incarner l’aspect monstrueux du vampire mais beaucoup son coté charmeur. Le rôle du Prêtre aux allures de Van Helsing a été confié à un Christoph Waltz disparu des écrans radars qui nous revient avec un personnage qui n’étonne plus autant que dans Ungloirious Bastards ou Django Unchained. L’inconnue Zoë Blue qui incarne Mina aura quand à elle bien du mal à nous faire oublier la beauté et la grâce de Winona Ryder héroïne de la version de Francis Ford Coppola. Le pire choix de casting est sans nul doute celui de Guillaume de Tonquédec qui n’a clairement rien à faire dans un Dracula. Et que dire de l’acteur Ewens Abid choisi pour incarner un Jonathan Harker qui ressemble ridiculement presque plus ici au Charlot de Chaplin alors qu’au naturel il a vraiment une tête à jouer les Dracula. Très jolie, Matilda De Angelis en fait trop des caisses pour rendre crédible son personnage du vampire Maria.

Dracula de Luc Besson

Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Cela permet à Luc Besson de continuer à saboter sans vergogne une carrière pourtant prometteuse jusqu’au Cinquième Élement.. Lui qui avait annoncé vouloir arrêter le cinéma après son dixième film en 2006 semble avoir tenu sa promesse car il s’est visiblement désormais tourner vers la culture de navets tous plus navrants les uns que les autres. Si on ne sait pas s’il a encore touché le fond, il s’enfonce encore avec ce plagiat éhonté du chef d’œuvre de Francis Ford Coppola. Digne des plus mauvais Live Action Disney, ce film est une vaste blague qui ne mérite clairement pas de perdre son temps à le regarder.

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