CinémaCritique Ciné

MATERIALISTS de Celine Song [Critique Ciné]

Materialists

Pour son deuxième film Materialists, Celine Song plonge dans le plaisir coupable de la très conventionnelle comédie romantique

Mais quel est ce film réunissant Madame Web, Captain America et le nouveau Mr. Fantastic ? Impossible de ne pas y songer en découvrant l’affiche de Materialists. Très éloigné en réalité de l’univers Marvel, il s’agit en fait du nouveau film de Celine Song, la réalisatrice du très réussi Past Lives. Forte de ses deux nominations aux Oscars, elle fait déjà son retour avec une nouvelle comédie sentimentale qui pourrait bien démoraliser de nombreux romantiques qui croient encore au grand amour.

Apres son  premier film Past Lives qui puisait dans les origines sud-coréennes de la réalisatrice et scénariste Celine Song, nommé aux Oscars du meilleur film et du meilleur scénario. Il n’est pas étonnant de voir la cinéaste être aussi vite de retour sur grand écran. Si avec son casting plus occidental, nous pourrions imaginer que Materialits est un film de commande confié à la réalisatrice suite à son succès, il en est en fait rien. C’est bien elle qui est à  l’origine de cette nouvelle histoire qui derrière ces allures de comédie sentimentale basique cache tout de même une réflexion plus poussée. 

Materialists

La première scène de Materialists pourrait nous donner l’impression de s’être tromper de salle car le film débute à l’époque préhistorique pour nous montrer ce qui est peut être la  toute première demande en mariage de l’histoire de l’humanité. le contraste sera énorme lorsque la deuxième scène nous plongera dans les rues de Manhattan à notre époque avec ses immenses buildings soulignant comment notre monde est devenu matérialiste par rapport à ces néandertaliens et leur grotte qui suffisait pleinement à leur bonheur.

Materialists raconte l’histoire de Lucy, dont le prénom n’a certainement pas été choisi par hasard. Une jeune femme ambitieuse qui travaille dans une agence de rencontres réservée à une clientèle qui en a les moyens. La plupart de ses clientes sont des femmes dans la trentaine dont l’horloge biologique les poussent à trouver au plus vite l’homme idéal pour leur donner un enfant et leur permettre un certain train de vie. Une mission qui ne pose pas de problème à Lucy qui a déjà réussi à marier neuf de ses clientes. Mais un grave incident lors d’un rendez-vous d’une de ses clientes va remettre en question ses ambitions dans ce métier.

Materialists

Dans sa préparation pour aller travailler jusqu’à son cadre de travail où toutes ses collèges sont toute aussi séduisantes qu’elle, il se dégage de Materialists vraiment un style à la Le Diable S’Habille En Prada auquel nous nous attendions pas de la part de la réalisatrice Celine Song. Très girly, le film donne l’impression de se passer dans un monde où tout le monde est beau. Il y a aussi l’éternel dilemme propre à ce genre de film qui se présentera à l’héroïne Lucy qui va devoir choisir pour quel beau gosse ele va craquer entre l’ex fauché mais sexy ou l’homme parfait pour ses clientes beau riche et intelligent.

Si Materialists semble s’adresser avant tout au public féminin, il faut espérer qu’elles ne se reconnaitront pas toutes dans ce portrait peu glorieux. Donnant presque raison aux théories masculinistes et incel, le film nous ferait presque croire que toutes les femmes ne cherchent que des hommes beaux et riches laissant aucune chance aux autres. Une vision bien pessimiste qui laisse à penser que le véritable amour n’existe pas et que le couple n’est qu’un échange d’intérêts. Mais histoire d’assurer une happy end, le film change un peu de fusil d’épaule illustrant le fait que  l’argent ne fait pas le bonheur mais il peut tout de même y contribuer.

Materialists

Le choix de Dakota Johnson pour incarner cette Lucy semble être un contrepied au rôle qu’elle tenait dans  50 Nuances De Grey où elle était prête à tout pour vivre son histoire d’amour avec son riche playboy jusqu’aux pratiques SM. Désormais très pudique, Dakota Johnson ne dévoile plus ses charmes même dans les scènes d’amour. Elle se couvrant même la poitrine d’un drap quand elle se relève dans le lit de manière assez peu naturel comme si le personnage se savait filmer. Ce rôle rappelle tout de même beaucoup celui qu’elle tenait dans le film Célibataire Mode D’Emploi, autre comédie sentimentale sur le célibat utilisant les mêmes grosses ficelles.

Habitué aussi aux comédies romantiques voir dramatiques, Chris Evans est toujours meilleur dans les rôles plus sensibles comme dans Mary de Marc Webb que pour jouer les Captain America. Il le prouve encore ici dans le rôle de l’ex de Lucy avec qui elle entretient encore une relation ambiguë. Pedro Pascal est devenu tellement exaspérant par son omniprésence à l’écran que le rôle du Playboy millionnaire détestable lui va ici comme un gant. Une fois de plus, il ne fait qu’une brève apparition dans le film, ce qui explique pourquoi il a le temps de tourner autant.

Materialists

Si nous nous attendions à mieux qu’une simple comédie sentimentale de la part de Celine Song, c’est avec un plaisir assez coupable que nous nous laisserons prendre au jeu  par l’intrigue cousue de fil blanc de Materialists. Partant assez mal sur son portrait de femmes toutes présentées comme un peu vénales, le film se rattrape sur sa dernière partie pour nous laisser encore croire à l’amour. C’est tout ce que nous demandons d’une comédie romantique. Espérons tout de même que les espoirs placés en Celine Song avec son premier film Past Lives étaient fondés et que la réalisatrice saura nous revenir avec une histoire un peu moins conventionnelle la prochaine fois.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

A Lire Aussi

Her Private Hell

HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]

Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.

Resident Evil de Zach Cregger

RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]

Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.

Sham de Takashi Miike

SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]

Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.

Pressure

PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]

Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

The Dog Stars

THE DOG STARS de Ridley Scott [Critique Ciné]

Ridley Scott n’apporte rien de neuf au genre du Survival Post-Apocalyptique avec The Dog Stars.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.