SUBSTITUTION – BRING HER BACK de Danny & Michael Philippou [Critique Ciné]
A24 frappe à nouveau fort avec son nouveau film d’horreur sans compromis Substition – Bring Her Back réservé a un public très averti.
Probablement un peu trop survendu, La Main, le premier film des jumeaux Danny et Michael Philippou n’avait pas été vraiment la claque attendue. Malgré de bonnes intentions, il donnait l’impression d’un énième Teen Movie horrifique un peu trop commercial. Son succès dans le monde entier a au moins offert l’occasion aux réalisateurs australiens de se forger une sérieuse réputation qui leur permet aujourd’hui de passer aux choses sérieuses avec Substition – Bring Her Back. Un nouveau film d’horreur sans aucun compromis qui se hisse parmi les plus belles surprises de cette année cinématographique 2025.
Il faut bien avouer que ni son titre rallonge Substition – Bring Her Back, ni la promesse de l’affiche de voir l’un des meilleurs films d’horreur n’avaient de quoi vraiment nous attirer au premier abord à découvrir ce long métrage tant nous ne croyons plus à ce genre d’argument commercial. D’autant plus que l’été est souvent propice au vidage des fonds de tiroirs des distributeurs. Le seul argument encore capable de nous attirer en salles et qu’il s’agit d’une des dernières productions du célèbre studio A24 qui savent généralement y faire en terme d’horreur pure.

Substition – Bring Her Back commence par la vidéo d’un très étrange rituel morbide auquel nous ne comprendrons pas grand chose avant d’entrer dans le vif du sujet. Nous suivrons Piper, une jeune asiatique souffrant d’un gros déficit visuel qui a bien du mal à se trouver des amis au lycée. Face aux moqueries, elle peut compter sur le soutien de son demi-frère Andy un peu plus âgé. En rentrant chez eux, ils feront la funeste découverte du cadavre de leur père décédé accidentellement sous la douche. Désormais orphelins, ils vont être placé chez Laura, une femme en deuil de sa fille qui est très heureuse de pouvoir accueillir la jeune Piper mais qui se serait bien passé de devoir aussi prendre en charge son frère.
Si nous avions été à la place de ce frère et cette sœur, nous aurions certainement très vite cherché à s’enfuir de cette maison tant tout fait déjà froid dans le dos dans l’accueil pour le moins singulier que leur réserve cette Laura. Tout ne semble clairement pas tourner rond dans la tête de cette femme. Et ce n’est pas le jeune Oliver, aussi placé chez elle, qui sera plus rassurant tant le jeune garçon mutique a quelque chose d’effrayant en lui.

A mille lieux d’être un Feel-Good Movie, il se dégagera rapidement une ambiance totalement oppressante dans ce Substition – Bring Her Back. No seulement par le fait qu’il se déroule en grande partie en huis clos dans cette maison peu accueillante mais aussi par le comportement plus qu’étrange de leur hôte. L’effroi de ces lieux se mélange au mystère de l’histoire qui se dévoilera progressivement nous laissant frémir d’angoisse en attendant de découvrir quel sort attend nos deux jeunes héros.
Nous en viendrons presque à croiser les doigts pour que le scénario de Substition – Bring Her Back ne finisse pas par nous décevoir mais nous ne serons jamais au bout de nos surprises. Très éloigné d’une bonne majorité des films d’horreur bien trop consensuels et marketé qui sortent ces derniers temps en salles Substition – Bring Her Back est un vrai film d’horreur qui s’assume pleinement et ne fait aucune concession emplit de scènes chocs et sanguinolentes avec des effets spéciaux prosthétiques très réussis et des rebondissements permanents. Nous n’entrerons pas dans les détails pour ne rien spoiler car moins vous en saurez sur l’intrigue et plus vous serez happé par le film.

Α bonne école, Substition – Bring Her Back s’inscrit dans cette nouvelle veine d’horreur teinté de drame dans la lignée d’Hérédité et Midsommar d’Ari Aster également produits par A24. Au delà du malaise que le long métrage procure, son scénario traite de la manière que chacun peut avoir arriver à surmonter la perte d’un être proche évoqué d’une manière très particulière. C’est aussi une belle histoire de fraternité entre ces deux jeunes ados d’une famille recomposée qui ont su se serrer les coudes dans les nombreuses adversités qu’ils ont traversés. Rarement un film d’horreur nous aura offert une scène finale aussi émouvante que celle de Substition – Bring Her Back .
La réussite du film repose beaucoup sur le choix des acteurs. Le choix de l’actrice Sally Hawkins est particulièrement étonnant. Habituée aux rôles de gentille héroïne auquel il est très facile de s’attacher, l’actrice démontre ici qu’elle peut aussi parfaitement jouer le pire des monstres auquel nous aimerions régler nous même son compte. Récompensé d’un Emmy Awards à l’age de 13 ans pour son rôle dans le télefilm Responsible Child, le jeune Billy Barret tout comme la débutante Sora Wong qui joue sa sœur sont terriblement émouvants et bien plus crédibles que la plupart des acteurs de ce genre de films. Une vraie fibre artistique que nous trouvons aussi chez Jonah Wren Phillips qui incarne brillamment le flippant Oliver. À se demander ce qu’un rôle aussi perturbant laissera comme trace chez ce jeune acteur.

Baignant dans une ambiance oppressante permanente Substition – Bring Her Back est une surprenante réussite de la part des frères Danny & Michael Philippou partis sur de bonnes bases avec La Main et qui dépassent toutes attentes avec ce deuxième long métrage. Réservé aux vrais fans d’horreur, cette histoire cauchemardesque aura clairement de quoi faire prendre leur jambes à leur cou aux spectateurs les plus sensibles.
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