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HIVER À SOKCHO de Koya Kamura [Critique Ciné]

Hiver À Sokcho

Découvrez les débuts prometteurs du réalisateur Koya Kamura et de l’actrice Bella Kim dans le très réussi Hiver à Sokcho.

Il y a un peu plus d’un an nous passions Un Hiver à Yanji avec le film sino-singapourien de Anthony Chen qui se déroulait a la frontière entre la Chine et la Corée du Nord. Cette année, c’est un Hiver À Sokcho à la frontière entre les deux Corées, que le distributeur Diaphana nous propose de découvrir au cinéma. Mais sous ses allures de film sud-coréen, celui-ci est pourtant bien un film français, bien plus dépaysant qu’un hiver à Sochaux, qui réussi sans peine à ressembler à un véritable mélodrame asiatique comme nous les aimons tant.

Adaptation du roman du même nom écrit par la romancière franco-Suisse Elisa Shua Dusapin, Hiver À Sokcho est le premier film du réalisateur franco-japonais Koya Kamura. Un choix qui pourrait paraitre étonnant mais dont le sujet avait certainement de quoi interpeller un cinéaste partageant deux nationalités. Soo-Ha, l’héroïne de cette histoire est en effet une franco-coréenne dont le père était un pécheur français rentré dans son pays bien avant sa naissance. Elle est interprétée par l’actrice et mannequin française Bella Kim dont il s’agit du premier rôle au cinéma. Une vraie révélation qui espérons-le arrivera à trouver d’autres rôles de ce niveau.

Hiver À Sokcho

Revenue de Séoul, où elle vivait aves son petit ami mannequin, pour rester près de sa mère poissonnière dans sa ville natale de Sokcho, Soo-Ha travaille dans une petite pension habituée à accueillir des clients en convalescence. Ils seront surpris de voir arriver un français souhaitant s’y installer. Visiblement rancunière envers ceux qui partagent la même nationalité que son père, Soo-Ha l’installera dans la plus petite chambre de l’annexe de la pension. Mais à force de le fréquenter, elle finira par vouloir se rapprocher de lui.

Incarné par Roschdy Zem, ce français est Yan Kerrand, un célèbre dessinateur de bandes dessinés plutôt rustre. De quoi se demander si les asiatiques ne perçoivent pas les français uniquement comme des êtres bourrus tant il nous fera penser à Gérard Depardieu dans le film Umami. Agissant un peu tous deux comme des éléphants dans un magasin de porcelaine au lieu de se plier aux coutumes locales.

Hiver À Sokcho

L’histoire d‘Hiver À Sokcho est avant tout une un quête d’identité. L’héroïne Soo-Ha est visiblement très affecté de n’avoir jamais connu son père. Tout ce qui touche aux liens familiaux parait ici vraiment problématique car que se soit la jeune femme,  sa mère, ou même le français Yann Kerrand, toutes questions un peu trop intime sur le sujet familial pousse les personnages à devenir totalement mutique. Soo-Ha est aussi troublée par des problèmes de perception d’elle-même, s’imaginant en surpoids alors qu’elle est en réalité filiforme. A sa défense tout son entourage semble l’inciter à passer sous le bistouri d’un chirurgien esthétique pour se faire retoucher alors qu’elle n’en a clairement pas besoin.

Si nous avons pu voir avec les films  Sidonie Au Japon ou Une Part Manquante qu’il ne suffit pas à des réalisateurs français de poser leur caméra en Asie pour réussir à faire un film purement asiatique, Le réalisateur Koya Kamura arrive lui parfaitement à reproduire l’ambiance d’un mélodrame asiatique. Peut être un peu plus bavard qu’à l’habitude,  il faudra tout de même par moment chercher à déceler ce qui traverse l’esprit des personnages. Avec son casting majoritairement coréen et des dialogues principalement dans leur langue, l’illusion est plus que parfaite. Le cinéaste nous offre aussi de belles images d’animation pour illustrer certaines pensées des personnages ainsi de très belles mises en scènes pour filmer le complexe de l’actrice.

Hiver À Sokcho

D’une sensibilité comme nous aimons voir dans un mélodrame asiatique, Hiver À Sokcho est une très belle histoire de personnages en quête d’identité qui tient toutes ses promesses. Il révèle Bella Kim, une jeune actrice très talentueuse et offre un nouveau beau rôle un peu diffèrent à Roshdy Zem. Il faudra aussi retenir le nom du réalisateur Koya Kamura qui fait des débuts prometteurs avec ce premier long métrage.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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