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BABYGIRL de Halina Reijn [Critique Ciné]

BabyGirl

A viser un public féministe de niche, BabyGirl n’est clairement pas le film de l’année que l’on nous promettait.

Prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise pour Nicole Kidman et tellement bardé d’éloges sur ses affiches dans les transports qui le vendent déjà comme le film de l’année, nous ne pouvions être que très impatient de découvrir ce fameux BabyGirl. D’autant plus que le long métrage est produit par le studio A24 qui nous a rarement déçu. Grand mal nous aura pris car ce prétendu brulot érotico-féministe est en réalité déjà la plus grosse déception de ce début d’année 2025.

Apres sa teen murder party Bodies Bodies Bodies également produit par A24 qui ne tenait déjà pas ses promesses, la réalisatrice néerlandaise  Halina Reijn change de style pour son deuxième long métrage BabyGirl. Un pseudo thriller sulfureux dans lequel Nicole Kidman tient le rôle de Romy, une puissante C.E.O. d’une entreprise ressemblant à Amazon, modèle de réussite féminine dans un monde d’hommes. Mais dans sa vie privée, elle est une femme frustrée obligée de simuler l’orgasme avec son mari avant d’aller se terminer toute seule devant un porno. La rencontre avec un jeune homme stagiaire dans son entreprise va lui donner l’occasion de réaliser ses fantasmes inavoués.

BabyGirl

Si BabyGirl déçoit autant c’est sur l’image qu’il donne de cette femme. D’un simple regard, ce jeune homme semble l’avoir totalement possédé pour faire d’elle littéralement sa chienne. Après quelques réticences bien légitimes, elle obéira étonnamment à tous ses ordres sans jamais montrer la force de caractère dont elle a certainement su faire preuve pour atteindre la position qu’elle a atteinte dans son entreprise.

Que l’on soit un homme ou une femme, BabyGirl ne pourra certainement pas être perçu de la même manière. A l’image des Femmes Au Balcon de Noémie Merlant, la réalisatrice Halina Reijn donne l’impression de tendre le bâton pour se faire battre avec son film qui ne convaincra que les féministes les plus radicales. Difficile pour un homme qui respecte les femmes sans réussir vraiment à comprendre leur psychologie de voir que l’on peut encore raconter l’histoire d’une femme qui aime se faire humilier. Cela donne presque raison à Donald Trump dans ces propos sur les femmes « juste bonne a être attraper par la chatte » auquel beaucoup plus d’électrices américaines semblent donner aujourd’hui bien plus de crédits puisqu’elles l’ont réélu au lieu de choisir une femme comme nouvelle présidente.

BabyGirl

A l’image de Demi Moore dans The Substance, Nicole Kidman n’hésitera pas non plus à se dénuder pour montrer que son corps n’est certes plus celui de Eyes Wide Shut mais qu’il reste cependant encore très désirable. Véritable performance d’actrice, ce rôle n’a clairement pas dû être facile à interpréter. Le choix d’Antonio Banderas, longtemps connu comme l’incarnation absolu du Mâle macho chez Pedro Almodovar, pour tenir le rôle du mari castré par la révélation de l’infidélité de sa femme n’est certainement pas un hasard. Le voir remplacé dans le cœur de sa femme par Harris Dickinson qui correspond plus au genre de mâle déconstruit stéréotype de notre époque en dit long sur la volonté de la réalisatrice de casser l’image de l’homme hétero de base pré-#MeToo symbole du patriarcat confirmant le genre de public auquel le film s’adresse.

Certes bien mis en scène avec de belles images et parfaitement interprété, BabyGirl donne malgré tout l’impression de n’être que du « porno pour maman » comme une sorte de quatrième volet de  Cinquante Nuances De Grey. Sans cravache ni harnais en cuir, leur relation n’est cependant pas loin du sado-masochisme avec ses « safe words ». Le film voudrait aussi se donner bon conscience en parlant régulièrement de consentement mais l’aborde d’une manière si particulière que nous ne verrons rien d’autre dans leur relation qu’une sorte d’emprise malsaine. De manière bien maladroite, Halina Reijn n’hésite pas à reproduire quasiment à l’identique des scènes de thrillers érotique cultes des années 90 tels que Basic Instinct et La Secrétaire mais de manière tellement plus sage que cela ne sera que frustrant pour les fans qui espéraient un film du même genre avec BabyGirl.

BabyGirl

Difficile de comprendre l’engouement autour de BabyGirl tant ce portrait de femme assouvissant ses fantasmes ne donne clairement pas une image très post #MeToo et ne fera que conforter les hommes les plus obtus dans ce qu’ils pensent des femmes. Si les spectatrices les plus féministes verront peut être en BabyGirl, le film de l’ année, ce ne sera clairement pas l’avis de la majorité des spectateurs devant ce film bien trop lent et bavard et si faussement érotique.

MON AVIS :
Noté 1 sur 5

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