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UN HIVER À YANJI de Anthony Chen [Critique Ciné]

Un Hiver À Yanji

Entre mélodrame et balade touristique, Un Hiver À Yanji séduira les amateurs de cinéma asiatique et de beaux paysages.

Malgré le dérèglement climatique, cette année l’hiver a un mois d’avance. Il a débuté en effet ce mercredi 22 novembre avec la sortie au cinéma du film chinois Un Hiver À Yanji, le nouveau long métrage d’Anthony Chen, vainqueur de la Caméra d’Or au Festival de Cannes en 2013 pour son film Ilo Ilo. De retour sur la Croisette en mai dernier, son nouveau film était présenté en sélection officielle dans la catégorie Un Certain Regard mais n’a cette fois ci pas été récompensé. Et pourtant nul doute que cette romance particulière aura de quoi toucher la corde sensible des passionnés de cinéma asiatique.

Il n’est déjà pas forcement évident pour le public occidental de distinguer chinois, coréen et japonais sans un bon sens de l’observation ou une oreille habituée au moins à distinguer les différentes langues à défaut de les comprendre. Un Hiver À Yanji brouille un peu plus les cartes en se déroulant à la frontière entre la Chine et la Corée Du Nord mélangeant les deux langues et les deux cultures. Ce cadre inhabituel sera surtout une réelle source de dépaysement et d’évasion pour les spectateurs comme si nous partions en voyage.

Un Hiver À Yanji

Un Hiver À Yanji suit d’ailleurs Nana, une guide touristique qui fait visiter cette région. En la voyant, Haofeng venu de Shanghai pour assister à un mariage, va se glisser dans le bus. Son aspect taciturne va séduire Nana qui fera tout pour le dérider durant la visite. Le soir venu, elle lui présentera son ami cuisinier Xiao avec qu’ils vont partir faire la fête. Le début d’une relation à trois entre trois personnes qui semblent en manque d’amitié et d’affection.

Présenté comme « le Jules et Jim de la nouvelle génération », Un Hiver À Yanji n’a pourtant que peu de rapport avec le film de François Truffaut que cette fameuse nouvelle génération n’aura d’ailleurs peut être jamais vu. S’il est bien connu que le cinéma asiatique s’inspire beaucoup de la Nouvelle Vague, le rapport entre ce grand classique du cinéma français et le nouveau film d’Anthony Chen est cependant  plutôt maigre. Il s’agit bien là également d’une relation à trois mais nous ne pourrons pas vraiment parler d’amour passionné entre ce trio lié plutôt par leurs blessures.

Un Hiver À Yanji

Comme une marque de fabrique de tout mélodrame asiatique qui se respecte, Un Hiver À Yanji prendra son temps pour dérouler son intrigue. En suivant avec plaisir les diverses pérégrinations souvent bien arrosées du trio, nous nous demanderons en même temps pendant longtemps ce que cherche à nous raconter Anthony Chen. Semant des indices au fil du temps, nous finirons par comprendre que c’est un peu le destin qui les a réuni Nana, Haofeng et Xiao que à Yanji car ils ont tous les trois atterris ici un peu par hasard en cherchant à fuir leurs problèmes. Il y a tellement de non-dits dans ce récit, qu’il faudra y réfléchir encore en sortant de projection pour analyser ce qu’on a vu et tirer notre propre conclusion.

Portant le titre original de The Breaking Ice, la glace et la neige seront en effet partout dans Un Hiver À Yanji que ce soit dans l’introduction sur un lac gelé, dans la photo de paysage dans la salle du banquet du mariage où est invité Haofeng, dans sa façon de croquer des glaçons, dans les rêves de Nana et dans la grande excursion au Mont Changbai dans la dernière partie du film. que s’offrira le duo. Des symboles dont chaque spectateurs pourra se faire là encore sa propre interprétation.

Un Hiver À Yanji

Plus qu’un simple triangle amoureux, Un Hiver À Yanji est avant tout le portrait d’une jeunesse désabusée qui se cherche un avenir et qui finiront au contact l’un de l’autre par trouver chacun sa voie. Un film tendre et sensible au rythme lancinant qui nécessitera un temps d’analyse pour saisir ce qu’Anthony Chen a voulu nous raconter. De par ses longs plans de paysages, le film nous donne aussi l’impression d’avoir fait un très beau voyage à Yanji.

MON AVIS :
3/5

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