KNIVES AND SKIN de Jennifer Reeder [Critique Ciné]

 

Knives And Skin

 

Pour tous ceux à la recherche d’un cinéma original et différent, n’hésitez pas à aller découvrir au plus vite Knives And Skin au cinéma depuis mercredi dernier.

 

 

SYNOPSIS : La disparition de la lycéenne Carolyn Harper va secouer la vie de ses camarades de classe et avoir des repercussion jusqu’au sein de leurs familles et de leur entourage.

Qui mieux que le distributeur UFO Distribution aurait pu sortir en France un « Objet Filmé Non Identifié » comme Knives And Skin ? S’inscrivant dans la lignée des films It Follows et Under The Silver Skin de David Robert Mitchell, le film de Jennifer Reeder ne ressemble à rien de ce que vous pouvez voir généralement au cinéma. Ne cherchant clairement pas à faire un carton au Box Office ou à faire dans la facilité d’œuvres conventionnelles cherchant a tout prix les récompenses, on ressent dans ce long métrage une véritable envie d’une oeuvre d’auteur accomplie qui ne se soucie pas de plaire à tout prix. Le genre de film exigeant devant lequel cela ne sert a rien de rester devant si on adhère pas des les premières minutes.

 

Knives And Skin

 

Si Knives And Skin démarre comme un thriller avec la disparition de Carolyn Harper, le film ne cherche pas en réalité a percer le mystère autour de cette tragédie. Ce qui intéresse la réalisatrice est plutôt de filmer quelles conséquences peut bien avoir cet incident sur la vie de sa mère et de ses camarades de classes qui ne se souciaient plus guère d’elle. On ne saura jamais grand chose sur Carolyn qui ne semblait ne pas avoir de vrais amis au lycée et qui semblait se forcer a s’offrir au garçon qui l’a abandonné au bord du point d’eau où elle a disparu.

On aura presque plus l’impression de contempler une sorte d’oeuvre d’art moderne devant cette chronique de vie dramatique aux somptueuses images. On pense au film Donnie Darko, et aux oeuvres de David Lynch, Gregg Araki, Dario Argento ou encore Nicolas Winding Refn dans cet esthétique aux couleurs vives voir parfois fluo et sa galerie de personnages décalés mais toutes ces influences sont parfaitement digérées pour nous offrir un long métrage pas comme les autres. Soignant chacun de ses plans, Jennifer Reeder multiplie les détails dans des scènes que chacun pourra interpréter à sa manière. Un second visionnage ne sera certainement pas de trop pour décrypter toute la symbolique de ces images.

 

Knives And Skin

 

Il sera aussi quasiment impossible de résumer réellement l’intrigue de Knives And Skin tant le film mélange différentes histoires et multiplie les personnages sans que l’un se démarque réellement. Parce qu’ils ne sont pas clairement présenté, on aura parfois du mal à se souvenir qui sont certains de ces personnages et qu’est-ce qu’ils viennent faire dans cette histoire. Malgré tout on retiendra tout de même trois personnages principaux. Tout d’abord la mère de la victime professeur de chant au lycée qui a perdu totalement pied et culpabilise après avoir perdu sa fille. Il y a aussi son ancienne amie d’enfance qui avait fini par laisser tomber Carolyn et dont la mère est  aussi bien timbrée et dont le père au chômage s’imagine se reconvertir en clown magicien. C’est aussi l’histoire d’une famille recomposée qui ne fonctionne plus vraiment et celle de deux copines amoureuse du même garçon qui ne respecte pas les filles.

Ce qui est certain c’est que Knives And Skin est clairement un film féministe et militant plus qu’un thriller. Le scénario de Jennifer Reeder s’inscrit dans l’ère du temps des mouvements de libération de la parole des femmes et leur envie d’enfin pouvoir compter autant que les hommes au cinéma comme dans la vie. Il est ici beaucoup question de consentement et d’harcèlement avec un rôle peu flatteur pour les hommes souvent montrés comme lâches et pervers. Il est aussi question de liberté dans son orientation sexuelle avec l’histoire de deux lycéennes qui vont finir par s’avouer discrètement leur sentiments réciproques.

 

Knives And Skin

 

Il faut bien l’avouer, il ne sera pas facile de tout comprendre dans l’intrigue de Knives And Skin mais chacun pourra tenter de la décrypter à sa manière. On ne pourra pas s’empêcher en tout cas d’être subjugué par la beauté des images du film, sa réalisation originale, ses personnages décalés et sa musique hypnotisante qui en font peut être presque plus une sorte d’oeuvre digne d’un musée d’art moderne qu’un long métrage destiné au cinéma.  C’est en tout cas un film à voir et à revoir pour en saisir toutes les subtilités

 

MON AVIS : 4/5

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATRICE : Jennifer Reeder
  • AVEC : Marika Engelhardt, Raven Whitley, Audrey Francis, Grace Smith & Ty Olwin
  • SCÉNARISTE : Jennifer Reeder
  • COMPOSITEUR :
  • GENRE : Drame
  • DURÉE : 1h52
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : U.F.O. Distribution
  • SITE OFFICIEL :
  • DATE DE SORTIE : 20 novembre 2019