KURSK de Thomas Vinterberg [Critique Ciné]

 

Kursk

 

Plutôt habitué au film d’auteur, le réalisateur Thomas Vinterberg passe au blockbuster pour retracer la tragique histoire du Kursk.

 

 

SYNOPSIS : le 12 août 2000, le sous marin nucléaire russe K-141 Koursk partait en mer pour participer à d’importantes manœuvres militaires mais en cours de route, l’explosion d’une torpille à bord va provoquer l’immobilisation du sous marin au fond de l’eau. Le temps est désormais compté pour espérer pouvoir sauver les quelques survivants.

 

S’attaquer à l’histoire du Kursk n’est pas chose aisée car à l’époque il n’était pas question pour les russes de laisser les autres pays se mêler au sauvetage. Mais grâce au livre A Time To Die du journaliste Robert Moore, nous en savons désormais plus sur ce qui a bien pu se passer ce jour là. Réalisateur connu pour avoir fondé le Dogme 95 avec Lars Von Trier qui a donné naissance au film Festen qui jouait l’épure au maximum, Thomas Vinterberberg a accepté le challenge de passer à une méga-production portée par Luc Besson en réalisant l’adaptation de ce roman. De quoi enfin lever le voile sur cette tragédie ?

 

Kursk

 

Une surprise de taille nous attend dès le début du film. Alors qu’une histoire de ce genre mériterait d’être filmé en écran large, c’est avec déception que l’on découvrira de grosses bandes noires de chaque coté de l’écran. De quoi regretter presque de ne pas avoir attendu la diffusion à la télévision. Mais cela est en fait une mise en scène stratégiquement élaborée pour nous montrer la vie au quotidien assez misérables de ces marins et de leurs familles avant le départ en mission. Ce n’est que lorsque le Kursk s’enfoncera dans la mer pour le début de la mission que l’on verra l’image s’agrandir pour occuper tout l’écran, histoire de bien signaler que les choses sérieuses commencent enfin et que le drame familial va prendre une nouvelle dimension.

L’autre chose qui choque dans Kursk, c’est le choix d’un casting international avec le belge Matthias Schoenaerts dans le rôle principal, la française Léa Seydoux qui joue son épouse, l’anglais Colin Firth en Commodore anglais où le franco-suédois Max Von Sydow dans le rôle d’un général russe qui vont tous s’exprimer en anglais peut importe la nationalité de leurs personnages. Cela est vraiment perturbant pour tenter de comprendre à qui on a affaire. Entendre Léa Seydoux rouler les R n’en fait pas pour autant une russe. N’était il pas possible de leur demander d’apprendre leur texte en phonétique dans la bonne langue pour plus de réalisme ?

 

Kursk

 

Fort heureusement, il y a quand même quelques qualités à reconnaître à Kursk. Tout d’abord la qualité des décors et des effets spéciaux qui nous donne vraiment l’impression d’être coincé avec eux. C’est certainement un très gros travail pour nous faire croire que ces acteurs sont vraiment pris au piège dans un véritable sous marin sous la mer avec l’eau qui monte. Même si l’on connait leur sort, on ne pourra s’empêcher d’espérer qu’ils arrivent à s’en sortir. Mais la question qui se pose est quelle est la part de réalité dans les dialogues et les situations que les marins ont pu connaître lorsqu’ils espéraient encore être sauvés ?

Pour rajouter un aspect plus dramatique au film, on suivra également l’attente angoissante des femmes de ces marins qui n’auront le droit qu’aux rumeurs pour savoir ce qu’il peut bien se passer. Le film souligne bien l’incapacité de l’armée russe dans cette affaire mais n’a pas osé cependant directement attaquer Vladimir Poutine en ne le montrant pas du tout alors qu’il venait tout juste d’être élu président pour la première fois. Il faut espérer que le film fasse cependant son effet sur le public russe qui pourrait découvrir le film pour se réveiller enfin et faire changer les choses en Russie quand on voit comment ils sont traité comme des moins que rien par le gouvernement prêt à les laisser mourir pour un rien.

 

Kursk

 

Premier d’une série de trois films de sous marins avec Hunter Killer et Le Chant Du Loup qui ont eu l’idée  d’arriver dans les mois prochains, Kursk épate par sa reconstitution de la catastrophe mais déçoit par son manque d’ambition. Le film aurait largement gagné en qualité en engageant  de véritables acteurs russes plutôt que demander à des acteurs déjà bien trop connus de nous faire croire qu’ils le sont. Obligé  tant bien que mal à tenter de faire abstraction de ce mauvais choix artistique, on restera scotché par le calvaire des marins et effaré par la bêtise des autorités russes plus soucieuses de garder leurs secrets que de sauver la vie de leurs soldats

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Thomas Vinterberg
  • AVEC : Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth, Max Von Sydow & Magnus Millang
  • SCÉNARISTE : Robert Rodat d’après l’oeuvre de Robert Moore
  • COMPOSITEUR : Alexandre Desplat
  • GENRE : Drame, historique
  • DURÉE : 1h57
  • NATIONALITÉ : Belge, Luxembourgeois
  • DISTRIBUTEUR : EuropaCorp Distribution
  • SITE OFFICIELhttp://www.europacorp.com/fr/films/kursk
  • DATE DE SORTIE : 7 novembre 2018