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LA FILLE DU KONBINI de Yûho Ishibashi [Critique Ciné]

La Fille Du Konbini

Erika Karata revient en employée de superette dans le très touchant La Fille Du Konbini.

Héroïne du film Asako 1 & 2 revue en catcheuse dans The Queen Of The Villains sur Netflix et en chaperonne du groupe Happy Fanfare dans le tout récent Love On Trial, l’actrice Erika Karata revient déjà dans La Fille Du Konbini. Un nouveau mélodrame sorti il y a déjà trois ans au Japon que nous propose enfin de découvrir le distributeur Arthouse à partir du mercredi 17 avril 2026 dans toutes les bonnes salles de cinéma.

C’est probablement volontaire de la part du distributeur mais le titre français La Fille du Konbini peut porter à confusion avec le roman La Fille De La Superette de Sayaka Murata paru en 2016. D’un sujet assez similaire, le nouveau film de Yûho Ishibashi n’en est cependant pas l’adaptation mais il a peut être bien servi d’inspiration à la réalisatrice et scénariste. D’une femme de 36 ans dans le roman, le film suit l’histoire d’une jeune femme de 24 ans qui n’a pas encore tout à fait le même niveau de pression imposée par la Société japonaise qui oblige les femmes à se marier avant 30 ans. Le titre original  du film n’a rien à voir car il s’appelle en japonais Asa ga kuru to munashiku naru  (朝がくるとむなしくなる) qui signifie « Je me sens vide au lever du matin ».

La Fille Du Konbini

Le sujet du film de Yûho Ishibashi est plus universel que celui du roman car il illustre une tendance qui s’est développée après la crise du Covid de plaquer son  travail ennuyeux. C’est ce qu’a fait cette jeune Nozomi qui un matin n’a plus eu l’envie de retourner à son travail de commercial dans une agence de publicité où elle ne comptait plus les heures supplémentaires. Vivant seule, loin de sa famille, elle n’aura pas d’autre choix que de se trouver un travail dans un konbini, l’équivalent de nos superettes, sans avoir le courage d’avouer à sa mère qu’elle a plaqué son boulot. À voir cette jeune femme derrière son comptoir, nous ne pourrons nous empêcher de penser au film culte Clerks de Kevin Smith, présenté au Festival de Cannes qui se déroule dans une superette du New Jersey. Mais la jeune héroïne de La Fille Du Kombini n’a pas le culot et la verve d’un Randal. Le long métrage de Yûho Ishibashi peut parfois se montrer amusant mais nous ne sommes clairement pas ici dans le registre de la comédie.

La Fille Du Konbini pourra donner l’impression de ne pas raconter grand chose pour les spectateurs non habitués. Il suit pourtant la lente guérison du vide que ressentait Nozomi grâce à ce petit boulot routinier, sans aucune pression, ni responsabilité. Un job purement alimentaire qui semble être considéré par tous les japonais uniquement comme une étape transitoire avant de trouver mieux et en aucun cas un véritable travail. Forcement, il n’attire en général que ceux qui n’ont pas d’autre choix  pour vivre mais il semble suffire à la jeune femme.

La Fille Du Konbini

D’une durée d’à peine 1h15, la réalisatrice Yûho Ishibashi ne s’embarrassera pas de scènes de remplissage inutile pour allonger artificiellement la durée de son film. Même si elles n’en donnent pas forcement toujours l’air, chacune des scènes à son importance dans l’évolution de la jeune femme à travers les retrouvailles avec son amie de collége ou ce que nous pourront imaginer comme le début d’une potentielle  histoire d’amour avec son collègue. Une simple tranche de vie qui séduira les amateurs de ce genre de mélodrame japonais où il faut parfois s’imaginer ce que l’héroïne a en tête.

Une fois de plus, Erika Karata se montrera très attachante dans ce rôle sensible. Elle arrivera aussi à nous tirer une larme dans une scène particulièrement émouvante de confession auprès de son amie retrouvée. Celle ci est interprétée par  Haruka Imo déjà dans le premier film de la réalisatrice Yûho Ishibashi. C’est là que nous aurions pu aimer que le film soit un peu plus long pour suivre un peu plus ce personnage tant l’actrice ne démérite pas face à l’héroïne. Kazuma Ishibashi vu dans Alice In Borderland se montrera aussi touchant dans sa tentative de séduire Nozomi. Il y a aussi Oto Abe qui incarne une jeune collègue qui apportera une touche d’humour à l’histoire.

La Fille Du Konbini

La Fille Du Konbini s’inscrit dans la lignée actuelle de mélodrames japonais qui pourrait donner l’impression de ne pas raconter grand chose mais qui en réfléchissant bien pourra interroger le spectateur sur ce sujet très universel du mal être au travail. Forcement, il parlera plus à ceux qui ont déjà eu ce sentiment mais la prestation de cette brochette d’acteurs très attachants  nous fera presque regretter la courte durée du film.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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