LA FIN D’OAK STREET de David Robert Mitchell [Critique Ciné]

David Robert Mitchell s’inspire un peu trop de Steven Spielberg et Stephen King pour son grand retour avec La Fin D’Oak Street.
Mais où a bien pu passer David Robert Mitchell ? C’est la question que se posaient les fans du réalisateur de It Follows et Under The Silver Lake alors que huit ans se sont écoulés depuis la sortie de ce dernier long métrage. Connu pour ses films indépendants, c’est étonnamment avec une sorte de blockbuster estival que le cinéaste fait enfin son retour dans les salles de cinéma françaises ce mercredi 12 août 2026 avec La Fin D’Oak Street. Un surprenant divertissement familial, loin de ce à quoi il nous avait habitué jusque là.
Imaginé par David Robert Mitchell en personne, La Fin D’Oak Street a tout d’un hommage au romancier Stephen King et aux films de Steven Spielberg qui aurait trouvé là une bien meilleur idée de scénario que son décevant Disclosure Day. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ce nouveau film soit du coup produit par J.J. Abrams qui avait déjà rendu le même genre d’hommage avec son film Super 8. La Fin D’Oak Street est aussi distribué par Warner Bros qui détient les droits de nombreuses œuvres de Stephen King dont Ça et Shining. David Robert Mitchell a même réussi à s’adjoindre les services du compositeur Michael Giacchino qui a pris la succession de John Williams sur de nombreuses sagas depuis la semi-retraite du Maestro et notamment sur Jurassic World.

La Fin D’Oak Street se déroule aux Etats Unis dans les années 80 dans un quartier résidentiel typique. Nous y suivrons particulièrement l’histoire de Denise et Greg Platt, un couple qui bat de l’aile, parents de deux jeunes adolescents Audrey et Brian. Pendant plusieurs jours, ils vont être les témoins d’évènements étranges dans leur quartier comme l’apparition subite de plantes tropicales disparues depuis des siècles ou d’un gros tas d’excréments au milieu du jardin de leur voisin. Mais un soir de gros orage, l’ensemble du quartier va se retrouver mystérieusement projeter à l’époque des dinosaures.
David Robert Mitchell ne cherche clairement pas à cacher ses inspirations mais au contraire à les rendre plus que flagrantes. À commencer par Brian et ses amis dont les ballades à vélo rappellent forcement Ça et Stand By Me mais aussi Les Goonies ou même la série Stranger Things qui partage les mêmes influences. Mais cette histoire d’humains confrontés à des dinosaures fera surtout immanquablement penser à Jurassic Park avec des faces à face et des courses poursuites qui n’ont rien de bien nouveau si ce n’est qu’ils se déroulent dans un quartier résidentiel faisant aussi penser du coup au premier Jumanji. Les étranges lumières qui se montrent durant la nuit feront aussi penser à Rencontre Du Troisième Type. Le réalisateur abuse aussi de plans en double dioptre très utilisé par Steven Spielberg à ses débuts et notamment dans Les Dents De La Mer. De curieux gros plans du visage d’un acteur filmé de très près au premier plan sur le coté tout en laissant un arrière plan très net. Cela donne parfois un rendu vraiment bizarre et pas des plus réussi.

Mais en dehors de ces influences bien trop marquées, ce qui déçoit le plus dans La Fin De Oak Street est son scénario qui reste au niveau d’un simple divertissement familial durant lequel il ne faudra pas se poser trop de questions. Nous ne pourrons que nous étonner de voir que dans cette situation il n’y a aucune solidarité entre voisins. Jamais ils ne chercheront à se regrouper pour faire face où même s’entraider dans les situations de danger immédiat. C’est à se demander pourquoi David Robert Mitchell prend le temps d’introduire les amis de Brian car au final il n’aura pas même une pensée pour eux durant ces événements. S’il y a aura bien une scene choc et surprenante nous resterons un peu déçu de voir que le réalisateur opte pour une happy end sans prendre la peine de nous montrer l’origine du phénomène qui les a projeté au temps des dinosaures.
Le plus étonnant dans La Fin D’Oak Street est peut être au fond son casting. Le film est porté par Anne Hathaway et Ewan McGregor dans des rôles très éloignés de ce qu’ils ont l’habitude de jouer. Les voir en parents dans un quartier pavillonnaire à de quoi surprendre. C’est probablement pour la convaincre que David Robert Mitchell a étoffé le rôle de Denise en mère de famille prête à divorcer. Fidèle à lui même, Ewan McGregor utilise son cool naturel pour jouer un père attachant et amusant. Le fils ne nous est pas inconnu non plus puisqu’il est interprété par Christian Convery, héros de la série Sweet Tooth.

Très bon divertissement pour cette période estivale, La Fin D’Oak Street est tout de même décevant de la part de David Robert Mitchell qui nous avait habitué à des films plus originaux. Il nous prouve ici qu’il est capable de prendre la relève de Stephen King et Steven Spielberg mais se contente trop de les copier sans apporter cette fois ci sa patte à cette histoire. Grâce à Anne Hathaway et Ewan McGregor dans des rôles inhabituels nous passeront malgré tout un très bon moment devant ce film plein de suspense qui sait aussi se montrer drôle et émouvant.
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