LAST NIGHT IN SOHO de Edgar Wright [Critique Ciné]

LAST NIGHT IN SOHO de Edgar Wright [Critique Ciné]

Last Night In Soho

Le mystérieux Last Night In Soho d’Edgar Wright se dévoile enfin ce mercredi au cinéma.

Après s’être déjà frotté à l’horreur avec son premier film Shaun Of The Dead qui l’a révélé, le réalisateur Edgar Wright réaborde le genre cette fois-ci avec beaucoup plus de sérieux pour son sixième long métrage Last Night In Soho. Attendu dans les salles depuis plus d’un an, le film arrive enfin sur grand écran ce mercredi 27 octobre 2021 dans une période où malheureusement les sorties se bousculent. Malgré une intense campagne d’affichage, il ne sera pas évident de trouver un cinéma qui diffuse le film alors qu’il serait vraiment dommage de passer a côté.

Gardé très mystérieux durant toute sa conception, on ne se douterait pas au début de Last Night In Soho qu’il s’agit d’un thriller psychologique. Le film commence en effet par nous présenter la jeune Eloïse Turner qui quitte la campagne anglaise et sa grand mère pour réaliser son souhait de devenir une grande styliste en intégrant une école de mode a Londres. Bercée depuis son enfance par la musique des sixties, la jeune femme vit un merveilleux rêve éveillé en arrivant à la capitale. La nuit venue elle va  découvrir dans ses songes Sandy, une envoutante jeune femme prête a tout pour devenir une vedette de la chanson dans le Swinging London des années 60. Totalement fascinée par elle, Eloïse aura hâte de se coucher chaque soir pour la retrouver et se mettra même à copier son look. Mais en découvrant ce qui a fini par arriver à la jeune femme, le rêve va se transformer en un cauchemar qui la poursuivra même lorsqu’elle est éveillée.

Last Night In Soho

Dans la ligné de son dernier film Baby Driver, la musique joue encore un grand rôle dans Last Night In Soho. Une bande son remplie de chanson des années 60 proche de celle du Once Upon A Time… In Hollywood de Quentin Tarantino qui sème le trouble sur l’époque où se passe le film. Même les premières images de Londres sont celles de rues et de monuments restées presque identiques comme le fameux quartier de Soho et sa rue emblématique de Carnaby Street lieu incontournable des férus de mode. C’est pour mieux pouvoir basculer de la vie d’Eloïse à celle de Sandy.

Si Edgar Wright dit s’être inspiré de thrillers anglais tels que Don’t Look Now pour Last Night In Soho, c’est indéniablement au Suspiria du réalisateur Dario Argento que l’on pensera le plus en découvrant le long métrage. Il débute en effet presque de la même manière avec une jeune ingénue livrée à elle même en intégrant une école où elle devra supporter le harcèlement de ses camarades avant que l’histoire ne devienne de plus en plus sombre et angoissante. Nous sommes clairement dans le même genre d’histoire que dans la plupart des giallo du maître de l’horreur italien dont il reprend aussi les codes couleurs.

Last Night In Soho

Nous connaissons le talent de mise en scène d’Edgar Wright depuis les plan séquences et le montage de son premier film Shaun Of The Dead mais le cinéaste s’est ici surpassé pour nous éblouir dès les premières scènes oniriques de plongée dans les années 60. Le jeu de miroir où se croisent les deux héroïnes, la danse qu’elles partagent avec le même homme nous en met plein la vue. Et lorsque le film tourne vraiment à l’horreur cela repose encore sur des plans et un montage qui nous ferons vivre le même cauchemar que la pauvre Eloïse. Le réalisateur est bien épaulé dans son travail par le directeur photo sud-coréen Chung Chung-hoon connu pour son travail sur les films de Park Chan-Wook et par des costumes et des décors somptueux.

Le choix des acteurs joue aussi un grand rôle dans la réussite de Last Night In Soho. Avoir sélectionné Thomasin McKenzie découverte dans Leave No Trace et revue dans Jojo Rabbit et Old semble être une évidence pour jouer l’ingénue Eloïse. Mais lorsqu’Anya Taylor-Joy apparaît à l’écran pour la première fois dans le rôle de Sandy, elle nous mettra dans le même état de fascination que celui ressenti par Eloïse. Elle retrouve ici un rôle proche de celui du Jeu De La Dame de jeune femme pleine de confiance en elle qui ne peut que nous subjuguer. Entre elle, Matt Smith, célèbre pour son rôle dans Dr Who, est parfait en séduisant et inquiétant manager. Edgar Wright rend aussi hommage au cinéma des années 60 en donnant leur derniers rôles aux deux ex-James Bond Girl Diana Rigg et Margaret Nolan et en ajoutant aussi au casting Rita Tushingan qui jouait dans Le Docteur Jivago et à Terrence Stamp.

Last Night In Soho

Que ce soit dans son histoire, sa réalisation et son interprétation, Last Night In Soho réalise un sans fautes. Edgar Wright n’aurait pas pu faire meilleur choix que de miser sur Anya Taylor-Joy et Thomasin McKenzie pour incarner les deux héroïnes du film. Cette relecture moderne du giallo aura de quoi séduire les nostalgiques des films de Dario Argento. Il donne aussi une folle envie de retourner à Londres et de se procurer au plus vite l’excellente bande originale du film.

MON AVIS :
5/5

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