RENFIELD de Chris McKay [Critique Ciné]
RENFIELD de Chris McKay [Critique Ciné]
Renfield se rebelle contre son maître Dracula dans une comédie déjantée presque réussie.
Lorsqu’il a été annoncé qu’Universal travaillait sur un film centré sur Renfield, nous nous attendions clairement pas à ça ! Confiée à Chris McKay, le réalisateur de Lego Batman, le dévoué homme de main de Dracula devient le héros d’une comédie d’action très éloignée de ses précédentes apparitions au cinéma. Une relecture moderne dans l’ère du temps qui part d’une bonne idée de Robert Kirkman, créateur de The Walking Dead, mais qui aurait facilement pu être bien mieux exploitée
Renfield débute par une superbe parodie des premiers films de Dracula pour nous résumer la relation entre le célèbre vampire et son dévoué homme de main. Une mise en bouche épatante qui donne le ton pour cette comédie décalée comme nous n’avons plus beaucoup d’occasion d’en voir. Esthétiquement très réussies et débordant d’humour, les premières scènes nous feront rapidement oublier les aprioris négatifs sur ce projet que la bande annonce nous avait donné.
Après 90 ans de bons et loyaux services, le monde d’aujourd’hui fait comprendre au dévoué Renfield à quel point la relation qu’il entretient avec son maître Dracula est toxique. Chaque semaine, il se rend dans un groupe de parole pour y trouver des victimes pour le vampire mais en écoutant leurs confidences, Renfield va se reconnaître dans leur discours au point d’être incapable de leur faire du mal. Avec leur aide, il va reprendre sa vie en main en changeant de look et en déménageant, laissant son Maître en pleine convalescence se débrouiller seul.
Il ne se doutait pas alors qu’en se prenant au petit ami problématique de l’une des femmes de son groupe de parole, il se retrouverait mêlé bien malgré lui à un règlement de compte entre de petites frappes et le plus puissant trafiquant de drogues de la ville dont la famille à la main mise sur les autorités. Seule l’agent de police Rebecca Quincy qui a un compte personnel à régler avec cette famille est prête à leur tenir tête. Une alliance inattendue va alors se lier entre Reinfield et la policière.
Ce conflit avec les trafiquants de drogues donnera l’occasion au réalisateur Chris McKay de se lâcher dans de grandes scènes d’action totalement délirantes où il ne lésine pas sur les déluges de sang et les effets gores. En dehors de cela, si certaines scènes de dialogues peuvent parfois être amusantes, cette intrigue plus policière que ce à quoi nous nous attendions aura tendance parfois à ralentir le rythme en se prenant par moment un peu trop au sérieux. Une intrigue qui ne tient clairement pas la route dont nous attendons qu’une chose, la prochaine scène d’action !
Nous l’avons bien remarqué, c’est toujours lorsqu’il ne se prend pas au sérieux que Nicolas Cage est le meilleur. Les premières scènes le montrent en un Dracula clairement à la hauteur des illustres Béla Lugosi et Christopher Lee mais malheureusement, au lien de lui laisser toute la place pour briller, il n’est ici qu’un second rôle trop souvent éclipsé par la sous intrigue policière. D’habitude inquiétant et malsain, la version de Renfield interprété par Nicholas Hoult est un peu trop sage en dehors des mémorables scènes d’action. Ils sont tout de même bien épaulés par Awkwafina qui apporte tout son humour à son rôle de policière et Ben Schwartz en baron de la drogue pas très futé.

Renfield nous épatera par la qualité de sa mise en scène et ses scènes d’actions délirantes. Souvent amusant, le film déçoit cependant par un scénario qui s’écarte de son sujet principal pour une sous-intrigue qui ne tient pas la route. Impeccable en Dracula, Nicolas Cage aurait mérité une bien meilleure histoire tant il a clairement le potentiel pour briller dans ce rôle.
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