SOUS LE CIEL DE KYOTO de Akiko Ohku [Critique Ciné]
Le nouveau mélodrame romantique japonais Sous Le Ciel de Kyoto va vous faire pleurer toutes les larmes de votre corps mais cela le mérite pleinement.
Cela fait des mois que nous voyons un peu partout l’affiche du film Sous Le Ciel De Kyoto en comptant presque les jours tellement nous étions impatients de découvrir ce nouveau mélodrame romantique japonais dont la bande annonce était largement diffusée sur les écrans à Japan Expo. À coté de cette campagne de promotion massive comme sait en orchestrer le distributeur Arthouse, c’est à nouveau dans un circuit de salles limité que sort enfin le long métrage ce mercredi 22 juillet 2026. Il serait pourtant franchement dommage de passer à coté de ce chef d’œuvre d’émotion.
Déjà que les films asiatiques n’intéressent généralement qu’une petite communauté de spectateurs, Dans Le ciel de Kyoto séduira avant tout ceux qui se sentent un peu en marge de la société. C’est le cas de Toru, un étudiant discret et presque invisible aux yeux de ses camarades et d’Hana, une jeune femme en cours avec lui qui attirera son attention. Contrairement à ses habitudes, le reservé Toru va alors tenter maladroitement de faire sa connaissance.
On dit souvent que les opposés s’attirent mais c’est tout le contraire qui va se passer dans Sous Le Ciel De Kyoto. Toru et Hana se découvriront plein de points communs dans leur manière d’aborder la vie. Tous les deux observent les autres en ne s’imaginant pas rejoindre cette masse à laquelle il n’arrive pas à s’identifier. Résultat Toru n’a qu’un seul ami tandis qu’Hana n’en a aucun. Pour se protéger des autres, le jeune homme ne sort jamais sans son parapluie qui lui sert d’ombrelle tandis que la jeune femme ne sort jamais sans son chignon. Sans que Toru le réalise, Sacchan sa collègue du bain public où il travaille le soir est clairement amoureuse de lui. L’entendre parler de cette nouvelle amie va lui déchirer le cœur et la pousser à avouer trop tard ses sentiments. Une des plus belle déclaration que nous aurons vu au cinéma ces derniers temps auquel l’étudiant ne saura quoi répondre.
Comme tout bon mélodrame japonais qui se respecte, la réalisatrice nous fera languir de voir Toru et Hana se rapprocher enfin au point de finir par bouillir d’impatience de les voir enfin se déclarer tant cela semble être une évidence qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Mais tout ne se passera pas comme prévu car Hana va subitement poser un lapin à Toru et disparaitre de sa vie tout comme sa collègue Sacchan qui avait pourtant promis qu’elle resterait près de lui. Comme si c’était trop beau pour être vrai d’avoir ainsi trouver deux personnes qui veulent partager sa vie, Toru va se résigner à cette double perte et va même trouver le moyen en plus de se facher avec son seul ami comme si la vie le forçait à rester seul.
C’est là qu’il va falloir préparer les mouchoirs car la dernière partie du film réserve un nouveau twist auquel nous nous nous attendions vraiment pas même si un court plan nous laissait imaginer des choses. Comme Toru, nous serons décontenancé au premier abord avant de comprendre la situation. Le final sera alors totalement bouleversant mais aussi absolument magnifique. Il nous laissera en larmes mais avec le sentiment d’avoir vu la plus belle histoire d’amour de l’année.
Sous Le Ciel de Kyoto est le nouveau long métrage de la réalisatrice Akiko Ohku qui avait sorti l’année dernière le très réussi Tempura sur la solitude d’une trentenaire face à l’injonction de se mettre en couple. Il s’agit là de l’adaptation du roman Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa de Shusuke Fukutoku publié en 2020. Le film est porté par Riku Hagiwara encore méconnu par chez nous mais surtout par la toujours aussi charmante Yuumi Kawaii l’héroïne de Desert Of Namibia qui porte définitivement bien son nom. Il ne faut pas oublier non plus Aoi Ito dans le rôle de Sacchan dont le monologue marquera cette année ciné.
Portée par une superbe histoire et de très belles images digne de photos d’art, Sous Le Ciel De Kyoto touchera en plein cœur tous ceux qui ont du mal à s’intégrer à la masse et connaissent bien la solitude. Un très beau mélodrame romantique comme seuls les japonais savent en faire ponctué de twists surprenants et terriblement émouvants. Il révèle de jeunes acteurs et actrices très prometteurs et confirme tout le talent de la réalisatrice Akiko Ohku à qui la solitude réussit définitivement bien.
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